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"Comment les bactéries intestinales peuvent affecter l’anxiété. De minuscules molécules d’ARN pourraient être la clé de l’effet que les microbes exercent à longue distance sur le cerveau" par Maria Temming

Traduction et compléments de Jacques Hallard
jeudi 14 septembre 2017 par Temming Maria


ISIAS Santé Psychologie
Comment les bactéries intestinales peuvent affecter l’anxiété
De minuscules molécules d’ARN pourraient être la clé de l’effet que les microbes exercent à longue distance sur le cerveau

Ajout d’une annexe sur les micro-ARN
Accès à des articles postés sur ISIAS et traitant de la flore intestinale
L’article d’origine de Maria Temming a été publié 29 août 2017 par Science News Health, Mental Health sous le titre « How gut bacteria may affect anxiety  » ; il est accessible sur ce site : https://www.sciencenews.org/article/how-gut-bacteria-may-affect-anxiety

illustration of human gut

Illustration de l’intestin humain -
GUT REACTION – Réaction intestinale. Les scientifiques pourraient avoir identifié des opérateurs moléculaires dans le cerveau qui aident les bactéries intestinales à influencer à distance les niveaux d’anxiété. ChrisChrisW / iStockphoto.

[D’après Wikipédia, « L’anxiété est un état psychologique et physiologique caractérisé par des composants somatiques, émotionnels, cognitifs et comportementaux2. En l’absence ou en présence de stress psychologique, l’anxiété peut créer des sentiments de peur, d’inquiétude et de crainte3. L’anxiété est considérée comme une réaction « normale » dans une situation stressante. Lorsque l’anxiété devient excessive, elle peut être classifiée sous la dénomination de « trouble de l’anxiété4 ». L’intensité et le fonctionnement du sujet renseignent le praticien pour déterminer s’il s’agit d’une réaction naturelle ou pathologique5… » Article complet sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anxi%C3%A9t%C3%A9 ].

Des molécules minuscules sises dans le cerveau peuvent aider les bactéries intestinales à détourner les émotions des êtres humains.

[Accès à des articles postés sur le site ISIAS et portant sur laflore microbienne intestinale (microbiote)[].->http://www.isias.lautre.net/spip.ph...;;recherche=bact%C3%A9ries+intestinales]

Les bactéries vivant dans l’intestin humain ont une influence étrange sur l’humeur, la dépression et plus encore, mais on ne sait pas exactement comment des transporteurs d’informations exercent une maîtrise du phénomène à une grande distance du cerveau et à partir du ventre (See ! SN : 4/2/16, p.23).

[Voir l’article « Microbes can play games with the mind - The bacteria in our guts may help decide who gets anxiety and depression ». By Laura Sanders 9:30am, March 23, 2016.]

Dans des conditions expérimentales, les rongeurs suggèrent que les microbes intestinaux peuvent modifier l’inventaire des micro-ARN, des molécules qui aident à garder les cellules en état de fonctionnement en gérant la production de protéines, dans des régions du cerveau qui sont impliquées dans le contrôle de l’anxiété.

[Voir l’article « Microbial regulation of microRNA expression in the amygdala and prefrontal cortex”. Alan E. Hoban et al. Microbiome 20175:102. https://doi.org/10.1186/s40168-017-0321-3 - © The Author(s). 2017 - Received : 8 February 2017-Accepted : 1 August 2017 - Published : 25 August 2017 - Source : https://microbiomejournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40168-017-0321-3 ].

Les résultats, rapportés en ligne le 25 août 2017 dans la revue scientifique ‘Microbiome’, pouvaient aider les scientifiques à développer de nouveaux traitements pour soigner des patients atteints de certains problèmes de santé mentale.

Des éléments de preuves qui s’accumulent indiquant « que notre façon de penser et de ressentir pourrait être contrôlée par notre flore intestinale », explique le co-auteur de cette étude Gérard Clarke, un psychiatre de l’ ‘Université College Cork ‘en Irlande. Par exemple, la présence ou l’absence de bactéries intestinales peuvent influencer le comportement des souris, d’une façon qui ressemble à des comportements semblables à de l’anxiété, comme par exemple des lumières vives ou des espaces ouverts.

Gerard Clarke et ses collègues ont comparé des souris normales, dont les tractus gastro-intestinaux grouillent de bactéries, avec des souris élevées dans des milieux stériles, dont les intestins ne contiennent pas de microbes. Les chercheurs ont découvert que les régions du cerveau impliquées dans le contrôle de l’anxiété [ouhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Amygd...complexe amygdalien – l’amygdale et le cortex préfrontal – chez les souris ne portant pas de microbes intestinaux, avaient une surabondance de certains types de micro-ARN et un manque pour certains autres, en comparaison de ce que les chercheurs ont observé chez les souris normales avec beaucoup de bactéries intestinales.

Après avoir exposé des souris stériles du pont de vue bactériologique, les taux de micro-ARN des souris se rapprochent beaucoup de ceux qui sont observés chez des souris normales.

[Voir l’ajout d’une annexe sur les micro-ARN ]

Les chercheurs ont aussi examiné les micro-ARN issus de l’amygdale et du cortex préfrontal des rats dont les bactéries intestinales avaient été décimées par des antibiotiques. Ces rats ont surproduit ou sous-développé, selon les cas, certains des mêmes micro-ARN qui agissent chez les souris sans bactéries. Les chercheurs suspectent que les bactéries intestinales affectent les niveaux d’anxiété de leur hôte en modifiant les micro-ARN dans certaines parties du cerveau.

« J’ai été un peu surpris par les résultats d’une manière positive, car je pense que peu de gens ont réfléchi aux micro-ARN agissant dans ce contexte », affirme Peter Holzer, un neurogastro-entérologue à l’Institut für Experimentelle und Klinische Pharmakologie,‘Medizinische University’, l’Université médicale de Graz en Autriche, qui n’était pas impliqué dans l’étude. « On se dirige vers un nouveau secteur de la recherche sur la flore intestinale qui n’a pas été poursuivie jusqu’à maintenent ». {{}}

Les chercheurs ne sont toujours pas sûrs de la façon dont chaque bactérie opère la production de micro-ARN dans le cerveau. Peut-être que les microbes envoient des signaux le long du nerf vague, une sorte d’autoroute de l’information qui passe de l’intestin vers le cerveau. Ou bien que les bactéries produisent des sous-produits moléculaires qui amènent le système immunitaire à produire des substances chimiques qui font que le cerveau produit plus ou moins de microu²RNA particuliers. En soulignant le plan d’action mentale des microbes du début à la fin, « c’est encore un travail qui est en cours », explique Clarke.

[Selon Wikipédia, « Le nerf vague, également appelé nerf pneumogastrique, nerf cardio-pneumo-entérique, nerf parasympathique ou nerf cardiaque, est le dixième nerf crânien. C’est une voie très importante de la régulation végétative (digestion, fréquence cardiaque…) mais aussi du contrôle sensorimoteur du larynx et donc de la phonation. Le nerf vague est le nerf crânien dont le territoire est le plus étendu (d’où son nom). C’est un nerf mixte qui convoie des informations motrices, sensitives, sensorielles et surtout végétatives parasympathiques. Au sein du système parasympathique, il constitue la principale innervation efférente du cœur. En 1921, Otto Loewi a, le premier, mis en évidence la transmission synaptique en montrant que la stimulation du nerf vague entraînait une sécrétion d’acétylcholine qui induisait un ralentissement du rythme cardiaque1. Le nerf vague est plus généralement une voie importante de la viscéromotricité des appareils cardio-vasculaire, trachéo-broncho-pulmonaire et digestif ainsi que de la régulation des sécrétions des glandes surrénales, du pancréas, de la thyroïde, des glandes endocriniennes et du système digestif. Il transmet aussi des informations viscérosensitives (notamment la pression sanguine aortique).Sur le plan moteur, il innerve les muscles lévateurs du voile du palais et certains muscles constricteurs du pharynx et du larynx. Il assure aussi la transmission de la sensibilité somatique du pharynx, du larynx, et de l’épiglotte ainsi qu’une partie des informations gustatives… » Article comlet sur ce site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nerf_vague |.

Ensuite, l’équipe de recherche a voulu voir si les médicaments probiotiques pouvaient activer certains types de bactéries dans l’intestin et, par conséquent, affiner les niveaux de micro-ARN dans certaines parties du cerveau. Si les scientifiques peuvent ajuster les proliférations de micro-ARN d’une manière qui soulage l’anxiété, cela pourrait aider à conduire à la mise au point et au développement de nouveaux médicaments pour soigner des troubles psychiatriques et neurologiques.

[D’après Wikipédia, « Initialement, les probiotiques sont des micro-organismes vivants (bactéries ou levures) qui, ajoutés comme compléments à certains produits alimentaires comme les yaourts ou les céréales, auraient un effet bénéfique sur la santé de l’hôte. La notion de probiotique s’applique également en alimentation animale1. Elle a aussi été étendue à des traitements non-alimentaires, en vue de soigner ou prévenir des affections cutanées ou vaginales, en particulier2. Plus récemment, le concept a été étendu aux productions végétales3… » Article complet sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Probiotique ].

Cependant, les médicaments à base de micro-ARN peuvent être irréalistes à court terme, explique le gastro-entérologue Kirsten Tillisch de l’UCLA, l’Uiversité de Californie à LosAngeles. « Les gens ont tendance à extrapoler ces types de résultats chez les êtres humains et à se diriger vers les applications cliniques. « C’est tellement tentant », dit Kirsten Tillisch de l’UCLA, qui n’a pas été impliquée dans l’étude en question. « Mais nous savons historiquement que le passage de l’animal de laboratoire aux êtres humains est une chose qui demande pas mal d’expériences et de tâtonnements »,

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Citations

A. Hoban et al. Microbial regulation of microRNA expression in the amygdala and prefrontal cortex. Microbiome. Published online August 25, 2017. doi : 10.1186/s40168-017-0321-3.

Further Reading - Lectures somplémentaires

L. Sanders. Protein linked to Parkinson’s travels from gut to brain. Science News. Vol. 190, December 10, 2016, p. 10.

R. Ehrenberg. Post-stroke shifts in gut bacteria could cause additional brain injuryScience News. Vol. 190, August 6, 2016, p. 7.

L. Sanders. Microbes can play games with the mind. Science News. Vol. 189, April 2, 2016, p. 23.

T. Siegfried. Microbes at home in your gut may also be influencing your brain. Science News Online, May 28, 2013.

T.H. Saey. Cancer’s little helpers. Science News. Vol. 178, August 28, 2010, p. 18.

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Annexe sur les micro-ARN d’après Wikipédia

Les micro-ARN (ou miARN) sont de courts acides ribonucléiques (ARN) simple-brin propres aux cellules eucaryotes. Ils possèdent en moyenne 22 nucléotides (en général de 21 à 24), soit beaucoup moins que les autres ARN.

Les miARN sont des régulateurs traductionnels capables d’extinction de l’expression d’un gène1,2 : leur appariement à une séquence complémentaire de l’ARN messager du gène cible conduit à la répression traductionnelle ou à la dégradation de cet ARNm. Le génome humain comprendrait environ 1 000 gènes à l’origine de la transcription de miARN3,4, lesquels sont abondants dans un grand nombre de types cellulaires et cibleraient environ 60 % des gènes5,6. Ils sont abondants dans plusieurs types cellulaires chez l’homme7.

Il existe de grandes différences entre les miARN des plantes et des métazoaires. Chez les végétaux, la répression transcriptionnelle requiert généralement une hybridation parfaite ou quasi parfaite entre le miARN et son ARNm cible8 ; une hybridation imparfaite conduit plutôt à une répression au niveau traductionnel. Chez les métazoaires au contraire, l’hybridation des miARN à leur cible concerne typiquement une région plus restreinte du miARN s’étendant sur les bases 2 à 7. Un miARN peut alors cibler de nombreux sites différents sur un seul ou plusieurs ARNm. Une autre différence entre plantes et métazoaires concerne la position du site cible sur l’ARNm. Chez les métazoaires, le site d’hybridation se trouve dans la région 3’ non traduite (3’UTR) ; ceci explique pourquoi un même miARN peut cibler plusieurs ARNm. Chez les plantes, le site d’hybridation peut se trouver dans la région 3’UTR, mais se situe plus souvent dans la séquence codante. Les miARN sont bien conservés chez les organismes eucaryotes et seraient une composante ancestrale et indispensable de la régulation de l’expression des gènes.

Les premiers miARN ont été caractérisés au début des années 1990. Toutefois, il a fallu attendre le début des années 2000 pour que les miARN soient reconnus comme une classe distincte de régulateurs biologiques possédant des fonctions conservées. Depuis lors, les travaux de recherche menés sur les miARN ont mis en évidence leurs multiples rôles dans la régulation négative (dégradation et séquestration des transcrits, suppression traductionnelle) et leur implication possible dans une régulation positive (activation transcriptionnelle et traductionnelle). Parce qu’ils affectent la régulation de l’expression des gènes, on peut penser que les miARN interviennent dans la plupart des processus biologiques. On a déjà décrit que les miARN peuvent être exprimés différemment d’un tissu ou d’un type cellulaire à l’autre.

L’expression aberrante de miARN serait également impliquée dans de nombreuses pathologies, et des thérapies fondées sur les miARN sont actuellement à l’étude. On sait également que les miARN obtenus d’autres organismes par l’alimentation peuvent influencer le métabolisme, si bien qu’ils pourraient être considérés comme une nouvelle classe de micronutriments, au même titre que les vitamines, les phytohormones et les autres phytonutriments9,10. Ce point de vue est cependant remis en cause, une étude américaine remettant en cause la reproductibilité des résultats de la publication chinoise sur laquelle est fondée cette théorie11… » Article complet sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Micro-ARN ].

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Annexe 2


Accès à des articles posrés sur ISIAS et traitant de la flore intestinale

’Des bactéries intestinales datées du Miocène (12 millions d’années) ont co-évolué avec les Hominidés et les transplantations fécales sont maintenant utilisées comme bactériothérapie’, par Jacques Hallard, lundi 1er août 2016 par Hallard Jacques - français

’La flore microbienne intestinale (microbiote) influence la prédisposition et les traitements des cancers’ par la Dr Eva Sirinathsinghji, jeudi 13 août 2015. Traduction par Jacques Hallard - français

’Comment les microbes influencent notre esprit, notre humeur et notre comportement’ par le Dr Eva Sirinathsinghji., dimanche 7 juin 2015. Traduction par Jacques Hallard - français

’Notre monde intestinal méconnu : le microbiote humain’ par la Dr Eva Sirinathsinghji, jeudi 30 juillet 2015. Traduction par Jacques Hallard - français

’Défis toujours actuels et conjoints : la malnutrition, l’obésité et le surpoids’ par Jacques Hallard, lundi 5 juin 2017 par Hallard Jacques - français

’L’étonnante biodiversité des écosystèmes microbiens et leurs effets sur la santé’ par Jacques Hallard, samedi 1er août 2015 - français

’Selon une nouvelle étude, le maïs MON810 Bt de Monsanto endommage les intestins des rats’ par Claire Robinson, dimanche 1er janvier 2017. Traduction par Jacques Hallard - français

’Un ensemble de microbes intestinaux peut déclencher la maladie de Parkinson’ par Laurel Hamers, dimanche 11 décembre 2016. Traduction par Jacques Hallard - français

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Traduction, compléments entre […] et liens hypertextes de Jacques Hallard, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 12/09/2017

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