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"(Re) penser la paix pour panser l’Europe : Partie 1 : Etat des lieux depuis le milieu du XXème siècle. L’Union Européenne entre guerre et paix" par Jacques Hallard

mardi 15 août 2017 par Hallard Jacques



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(Re) penser la paix pour panser l’Europe
Partie 1 : Etat des lieux depuis le milieu du XXème siècle. L’Union Européenne entre guerre et paix
Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Site ISIAS – 15/08/2017.

PLAN : Introduction Sommaire Auteur

Panser l’Europe : au sens de secourir, apaiser, pacifier.


Introduction

Ce dossier a été inspiré par le deuxième tour des élections présidentielles er France en 207, en particulier par la très grande différence des positions des deux candidats en lice, pour ce qui concerne L’Europe et l’euro. Voir par exemple « Présidentielle : Macron et Le Pen s’opposent sur l’Europe et l’euro » ; article mis à jour le 03/05/2017 à 23:10. Un regard rétrospectif a donc été jeté pour comprendre cet aspect de notre histoire contemporaine.

Nous avons alors recherché à discerner ce qu’il en a été des politiques nationales et européennes, ayant le vision de construire un grand territoire pacifié en Europe et nous approfondirons par la suite le rôle qu’ont joué un certain nombre de personnalités, en faveur de la paix et pour y réduire les risques de conflits et de guerres en Europe.

Figurent à la suite dans le sommaire ci-dessous, une sélection d’études et de dossiers, dont des informations concernant l’Union Européenne et son histoire au cours du 20ème siècle. Pour achever ce dossier, nous reprenons le contenu d’une émission récente de France Culture qui porte sur les perspectives européennes vues à travers la politique annoncée par le nouveau président français Emmanuel Macron.

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Sommaire

1. Construction européenne : une volonté de paix en Europe - ASP Collèges 28/03/2017

2. Après la seconde guerre mondiale : guerre froide et construction européenne

3. L’Union européenne, prix Nobel de la paix en 2012 - Union Européenne

4. De la guerre à la paix : une histoire européenne par José Manuel 10/12/2012

5. « L’Europe de la paix », cette grande illusion par Philippe Marlière 22/10/2012

6. L’Union européenne est-elle à l’origine de la paix en Europe ? Par C. Vaugirard

7. De « l’Europe de la paix » à l’Union européenne de la guerre ? ParB. Chokrane- Document FIGARO VOX 01/03/2016

8. L’Union européenne sacrée prix Nobel de la Paix - ‘Le HuffPost’ 2012-2017

9. Europe : la paix ne peut plus être l’absence de guerre, mais le fruit d’une volontéPar Aymeric Bourdin / Président de l’Atelier Europe. Le 24/03/2017

10. « L’Europe, c’est la paix ? L’Europe, c’est la guerre ! C’est la guerre des prix » Par Pierre-Henri Allain, (à Brest) - 30 mars 2017 à 20:26

11. L’UE n’a pas apporté la paix – Par Jean-Baptiste Noé

12. L’Europe, l’avenir, la paix – Par François Régis HUTIN - Modifié le 25/03/2017

13. L’Union européenne est-elle à l’origine de la paix en Europe ? Par Charles Vaugirard, 22 mai 2014 – Document ‘Cahiers libres’

14. Coopération régionale : l’Union européenne acteur majeur du maintien de la paix – Multimedia Nations Unies - 09/05/2017

15. Adoption du budget des opérations de maintien de la paix (OMP) – 12/06/ 2016

16. Sommet de Bruxelles : à quoi sert l’OTAN aujourd’hui ? Par Laurent Gayard -2017/05/26

17. Une Europe en paix – Les débuts d’une coopération 1945-1959 Union Européenne

18. Qu’est-ce que l’Union européenne ? - 31 03 2017

19. Union européenne – L’Encyclopédie Vikidia des 8-13 ans

20. Sur l’euro, les projets d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen sont radicalement opposés - Par Marie Charrel

21. Emmanuel Macron veut « refonder l’Europe » et « construire la paix » Par François d’Alançon, 03/07/20

22. Les jeunes et l’avenir de l’Europe Bruno Maguire ‘Euractiv’ 14/07/2017

23. Juifs et musulmans d’Europe, montrons l’exemple et arrêtons de nous prendre pour des Israéliens ou des Palestiniens – 24/07/2017

24. Accès à des modèles de dissertations sur l’Europe

25. Emmanuel Macron a-t-il vraiment un projet pour l’Europe ? Vidéo 42 minutes France Culture 14.08.2017

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1.
La construction européenne : une volonté de paix en Europe – Assistance scolaire personnalisée Collèges - Dimanche 28 mai 2017

L’Europe est sortie ruinée de la Seconde Guerre mondiale. Comment a-t-elle retrouvé sa place dans le monde ? En quoi l’union a-t-elle fait sa force ?

I. Les besoins de l’Europe

• Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe doit être reconstruite : de très nombreuses villes, comme Berlin, Coventry ou Caen, sont en ruines ; les infrastructures de communications sont désorganisées : les ponts coupés, les voies de chemin de fer détruites. L’endettement favorise l’inflation. La pénurie de produits alimentaires se prolonge : en France comme en Allemagne, les tickets de rationnement restent en place jusqu’à la fin des années 40.

L’Europe n’est déjà plus le centre du monde : pour se reconstruire, elle a besoin de l’aide des États-Unis. En 1946, Winston Churchill relance l’idée, proposée dans les années 20 par Richard Coudenhove-Kalergi, homme politique français, de construire les « États-Unis d’Europe ». Dans le contexte de la guerre froide naissante, les Américains soutiennent le projet, qui ne peut que renforcer leurs alliés européens face au bloc soviétique.

II. L’aide américaine

• En 1947, le plan Marshall accorde une aide matérielle et financière aux États qui en font la demande. Pour répartir l’argent entre les pays européens est fondée l’OECE (Organisation économique de coopération européenne). En 1949, le Conseil de l’Europe est créé avec pour mission de travailler au rapprochement politique, social et culturel des pays d’Europe de l’Ouest.

• En France, Jean Monnet et Robert Schuman, les « pères de l’Europe », proposent une union économique avec l’Allemagne. Le couple franco-allemand devient le moteur de la construction européenne.

III. Le traité de Rome (1957)

• La construction européenne concerne d’abord l’économie, domaine dans lequel les obstacles sont moins nombreux, les réticences moins puissantes. En 1951, la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) permet de coordonner les productions de six pays (France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Le succès de cette expérience conduit les Six à étendre leur coopération à l’énergie nucléaire civile (Euratom).

• Un traité plus général est signé le 25 mars 1957 : le traité de Rome. Il fonde la Communauté économique européenne (CEE), avec pour objectif l’établissement d’un marché commun (libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes) et l’instauration de politiques communes, notamment en matière agricole. Une Cour de justice européenne doit trancher les différends entre les États membres.

• En revanche, le projet d’une Communauté européenne de défense (1954) avorte, rejeté par les Parlements français (opposition des gaullistes et des communistes) et italien.

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2.
Après la seconde guerre mondiale ; guerre froide et construction européenne

Extrait du site dédié sur Wikipédia – Autres articles plus détaillés : Guerre froide et construction européenne.

La grande conséquence politique du second conflit mondial est la partition de l’Europe par le « rideau de fer » : dans toute l’Europe de l’Est occupée par l’Armée rouge les communistes imposent leur dictature (appelée « démocratie populaire »). Symbole de cette division, l’Allemagne elle-même est coupée en deux (naissance de la RFA et de la RDA en 1949). Les démocraties pluralistes occidentales s’allient aux États-Unis (OTAN, 1949), face à la menace soviétique (Pacte de Varsovie, 1955). Mais paradoxalement, si l’Europe a vécu dans la peur d’un troisième conflit mondial, sous la menace des fusées à tête nucléaire, l’« équilibre de la terreur » entre les deux blocs a duré pendant presque un demi-siècle de stabilité, avant l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est en 1989-1991.

La Seconde Guerre mondiale a ruiné l’Europe, qui a subi des destructions considérables. Mais rapidement l’Europe de l’Ouest se reconstruit grâce à son potentiel industriel et à l’aide économique américaine (plan Marshall, 1947) et connaît durant les « Trente Glorieuses » un essor économique marqué par la hausse du niveau de vie et l’entrée des classes moyennes dans la « société de consommation ». Mais ces trois décennies de prospérité et de social-démocratie, durant lesquelles les acquis sociaux furent nombreux, ne concernèrent ni l’Europe du Sud (Italie exceptée), ni surtout celle de l’Est : la première n’accède à la croissance du niveau de vie et à la démocratie qu’à partir de 1970, la seconde qu’à partir de 1990.

L’Europe a beaucoup perdu de son prestige auprès des peuples colonisés (qui ont participé au côté des britanniques et des français aux deux guerres mondiales, mais n’en ont guère retiré plus de droits au sein du système colonial). Entre 1945 et 1965 principalement, la décolonisation, fortement soutenue par les États-Unis et l’URSS, est surtout politique : sur le plan économique, les anciennes colonies, minées par leurs divisions internes, restent très inféodées à leurs anciennes métropoles, qui continuent à capter l’essentiel des ressources notamment minières et pétrolières35.

À l’Ouest, l’Union européenne commence à se construire par l’union économique de six États : création de la CECA en 1951 et surtout création de la CEE par le traité de Rome en 1957.

L’Europe d’aujourd’hui

Photo - En 2008, l’ancien Musée des Colonies à Paris est devenu la ’Cité de l’Immigration’

Après l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle (1958), l’entente franco-allemande se manifesta lors de rencontres entre le chancelier Konrad Adenauer et le président Charles de Gaulle (juillet 1962). Le 8 juillet 1962, François Marty, archevêque de Reims, célébra une messe de réconciliation dans la cathédrale de Reims, qui avait été mutilée pendant la Première Guerre mondiale.

Mais bien avant cette réconciliation franco-allemande, trois autres pays (Belgique, Pays-Bas et Grand-Duché du Luxembourg) avaient déjà élaboré un projet d’association, et ce dès 1946. Le Benelux est la toute première association de pays sur le Vieux Continent. Il a été suivi ensuite par la CECA (1951), avec pour objectif de créer des solidarités de fait, puis par l’intégration économique (CEE, 1957) à la suite de l’échec de l’intégration politique (CED, 1954). La CEE s’élargit par adhésions successives en 1973, 1981, 1986 et 1995.

Le mur (de Berlin) tombe en 1989, l’Europe se réunifie. L’Allemagne se réunifie le 3 octobre 1990. La démocratie s’étend à l’est, touchant jusqu’à l’Ukraine où elle s’enracine en 2004.

La Yougoslavie se fragmente dans la violence à partir de 1991 : les guerres marquées par l’épuration ethnique voient s’affronter pour leur indépendance et/ou leur unité les peuples qui la composaient, instrumentalisés par des politiciens ex-communistes devenus nationalistes (tels Slobodan Milošević), et parfois par les intérêts divergents des pays occidentaux et de la Russie. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo sont les plus lourdement touchés.

En 1992, le traité de Maastricht crée l’Union européenne, institue la citoyenneté européenne et décide de l’introduction d’une monnaie unique dans la plupart des États à l’horizon du changement de millénaire, après une longue politique de convergence (serpent monétaire européen (SME)).

L’Union s’élargit en 1995 (Autriche, Suède, Finlande), puis une nouvelle fois en 2004 et 2007 dans une grande vague d’élargissement qui double quasiment le nombre d’États membres. La Turquie entame également en 2004 les négociations d’entrée dans l’Union européenne, gelées en décembre 2006.

Parallèlement, le processus de réforme de l’Union, qui visait à simplifier son fonctionnement et à l’orienter vers un mode de gouvernance plus démocratique se heurte à la méfiance des citoyens quant à l’orientation des décisions européennes, jugées soit trop politiques (souverainisme au Royaume-Uni, en République tchèque, au Danemark ; attachement au libéralisme et à la neutralité militaire en Irlande) soit pas assez (demande d’Europe sociale en France) : le projet de constitution européenne est rejeté en 2005 par référendum en France puis aux Pays-Bas, et le traité de Lisbonne, pourtant moins ambitieux, est bloqué par un pays, la République tchèque.

Blason Union européenne.svg

En ce début de millénaire, les souverainismes locaux reprennent de l’ampleur et conduisent à des tensions dans les États les plus fragiles : en Serbie, le Monténégro se détache en 2006 et le Kosovo déclare son indépendance en 2008 ; en Belgique les partis politiques flamands se radicalisent et les élections de 2007 provoquent une crise politique grave ; en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni les partis régionalistes (Pays basque, Catalogne, Padanie, Écosse) obtiennent des scores importants aux élections et des concessions de la part du pouvoir central.

L’Europe a créé une bibliothèque numérique sur sa propre histoire36. Son cœur European NAvigator (ENA) est produit par le Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe (CVCE).

Article à lire en totalité sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Europe#L.27Europe_d.27aujourd.27hui

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3.
L’Union européenne, prix Nobel de la paix en 2012 – Union Européenne

En 2012, l’UE s’est vue récompensée pour avoir fait avancer la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe. L’UE a décidé d’allouer l’argent du prix Nobel de la paix aux enfants qui n’ont pas la chance de grandir dans un pays en paix. En outre, elle a doublé le montant du prix (930 000 euros) pour atteindre un total de 2 millions d’euros. Plus de 28 000 enfants ont ainsi bénéficié à ce jour des quatre projets éducatifs d’urgence retenus l’an passé.

L’UE entend poursuivre cette initiative dans les années à venir : elle constituera un héritage politique durable du prix Nobel de la paix et un instrument ciblé en faveur de l’éducation dans les zones de conflit. Pour 2013, l’UE a encore doublé les fonds et alloué 4 millions d’euros supplémentaires pour financer les projets existants et nouveaux.

Le comité Nobel norvégien a déclaré avoir voulu honorer le rôle stabilisateur joué par l’UE, qui a contribué à transformer la plus grande partie du continent européen, marqué par la guerre, en un continent de paix.

« Le combat réussi pour la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme » constitue, aux yeux du comité, l’accomplissement majeur de l’UE.

L’UE a œuvré pour la « fraternité entre les nations » et constitue en quelque sorte un « congrès pour la paix », selon la formule employée par Albert Nobel dans son testament de 1895, qui en fait un des critères d’attribution du prix.

L’Union européenne est la 21e organisation internationale à remporter le prix Nobel depuis 1901.

Le prix a été remis à Oslo le 10 décembre. À l’instar des autres lauréats, l’UE l’a reçu des mains du président du comité Nobel. Elle était représentée par le président du Conseil, le président de la Commission et le président du Parlement européen. Le discours traditionnel du Nobel a été prononcé, au nom de l’UE, par les présidents Van Rompuy et Barroso. Quatre jeunes Européens lauréats du concours en ligne organisé par l’UE (voir ci-après) ont accompagné la délégation de l’UE à Oslo pour y recevoir le prix.

Le concours

À l’occasion du prix, les institutions de l’UE et le Forum européen de la jeunesse ont organisé un concours afin de demander aux jeunes Européens ce que signifie pour eux la paix en Europe. Les jeunes de 8 à 12 ans ont été invités à envoyer un dessin, et les 13-24 ans à rédiger un texte court. Près de 5 400 jeunes ont participé au concours. Les lauréats ont été choisis par un jury, présidé par l’auteur de bandes dessinées Jean Van Hamme, et par le grand public, qui a pu voter sur Facebook.

Les gagnants

« Le prix Nobel de la paix 2012 ne fait pas que reconnaître les accomplissements passés de l’UE, il est également tourné vers l’avenir », ont déclaré les dirigeants des institutions européennes. « C’est pourquoi nous voulons que la jeunesse de l’Europe, héritière d’un continent de paix et responsable de l’Europe de demain, soit à nos côtés à Oslo ».

Enquête sur l’attribution du prix Nobel de la paix à l’UE – Illustration du document - Infographie montrant les résultats de l’enquête sur l’attribution du prix Nobel de la paix à l’UE © UE

Principales constatations :

  • 75 % des personnes interrogées estiment que la paix et la démocratie sont les acquis les plus importants de l’UE ;
  • 2/3 sont fières de l’attribution du prix Nobel de la paix à l’UE ;
  • 6 sur 10 estiment que l’UE mérite ce prix et que celui-ci va améliorer son image ;
  • en Grèce, en Autriche, en Slovénie, aux Pays-Bas et en Suède, une majorité ne pense pas que l’UE mérite ce prix et que celui-ci va améliorer son image.
    Toute l’enquête

Voir aussi :

Droits de l’homme

’Enfants de laPaix de l’UE’ – projets d’éducation pour les enfants dans les conflits’

L’histoire de l’Union européenne > Dix ans d’opportunités et de défis >

Union Européenne - AccueilÀ propos de l’UEL’UE par thèmeLégislation de l’UEVivre et faire des affairesContact- Source : https://europa.eu/european-union/contact_fr

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4.
De la guerre à la paix : une histoire européenne par José Manuel - 10/12/2012 18:15 CET | Actualisé 06/10/2016 00:48 CEST - Les Blogs - Auteur : José ManuelPresident of the European Commission - Photo - AFP

La guerre est aussi ancienne que l’Europe. Notre continent porte les stigmates des lances et des fers, des canons et des fusils, des tranchées et des chars. Pourtant, après que deux guerres terribles se sont abattues sur le continent et sur le reste du monde, la paix s’est installée en Europe.

Pendant la sombre période de l’après-guerre, le deuil et le ressentiment emplissaient encore les cœurs. Dès lors, quel pari audacieux, que celui des pères fondateurs de l’Europe, qui ont affirmé : oui, nous pouvons briser ce cycle sans fin de la violence, nous pouvons mettre un terme à la logique de vengeance et construire un avenir meilleur, ensemble.

Bien sûr, la paix aurait peut-être pu s’installer en Europe sans l’Union. Mais cela n’est pas certain. En tout état de cause, elle n’aurait jamais pu être de cette qualité. Une paix durable et non un froid cessez-le-feu.

Lire aussi

Cependant, les gestes symboliques ne suffisent pas à garantir une paix durable. C’est là qu’intervient l’’arme secrète’ de l’Union européenne : cette manière incomparable de lier nos intérêts si étroitement - par des négociations constantes, sur un nombre toujours plus grand de sujets et entre des pays toujours plus nombreux - que la guerre en devient matériellement impossible.

Il est vrai que certains aspects peuvent être déconcertants : des ministres de pays sans littoral débattant ardemment des quotas de pêche ou des députés européens de Scandinavie discutant le prix de l’huile d’olive. L’Union a su parfaire l’art du compromis. Il n’est pas question de victoire ou de défaite, mais il s’agit de faire en sorte que tous les pays sortent gagnants des négociations.

Cela a fonctionné. Aujourd’hui, la paix va de soi. La guerre est impensable. Pourtant, ’impensable’ ne signifie pas ’impossible’. C’est la raison pour laquelle nous sommes aujourd’hui réunis ici à Oslo. L’Europe doit tenir sa promesse de paix, mais elle ne peut plus compter sur cette seule promesse pour rallier ses citoyens.

Cela est d’autant plus vrai aujourd’hui, alors que la pire crise que l’on ait connue en deux générations frappe nos économies, causant de grandes difficultés à nos concitoyens, et mettant à l’épreuve les liens politiques de notre Union.

Ces parents qui ont du mal à joindre les deux bouts, ces travailleurs qu’on vient de licencier, ces étudiants qui redoutent de ne pas décrocher ce premier emploi malgré tous leurs efforts : lorsqu’ils pensent à l’Europe, la paix n’est sans doute pas la première chose qui leur vient à l’esprit...

Nous déployons des efforts considérables pour surmonter les difficultés, pour relancer la croissance et l’emploi. Nous sommes confiants dans le fait que nous réussirons.

L’Union européenne, ce n’est pas que la paix entre les nations. En tant que projet politique, elle incarne - pour reprendre la définition de la paix de Spinoza - ’un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice’.

D’autres moments historiques en ont été l’illustration : les peuples célébrant la révolution démocratique et la liberté au Portugal, en Espagne et en Grèce. Cette même joie a été ressentie plus tard en Europe centrale et orientale et dans les pays baltes.

La quête de liberté et de démocratie a rendu possible la réunification du continent. L’Union européenne est devenue notre maison commune. ’La patrie de nos patries’ comme l’a appelée Vaclav Havel.

Les pères fondateurs ont compris que pour garantir la paix au 20e siècle, les nations devaient aller au-delà de la notion d’État nation. Ce que le projet européen a d’unique, c’est d’avoir concilié la légitimité d’États démocratiques et la légitimité d’institutions supranationales qui protègent l’intérêt général européen.

Notre quête d’unité européenne n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’atteindre des finalités supérieures. Elle atteste la quête d’un ordre cosmopolitique. Malgré ses imperfections, l’Union européenne est une puissante source d’inspiration pour tant d’autres à travers le monde. Au‑delà de notre nation, au-delà de notre continent, nous faisons tous partie d’une même Humanité.

L’engagement concret de l’Union européenne dans le monde est marqué par la tragique expérience que notre continent a faite du nationalisme extrême, des guerres et du mal absolu qu’a été la Shoah. Il est inspiré par notre désir d’éviter la répétition de ces erreurs.

C’est le fondement de notre approche multilatérale et de nos relations avec nos partenaires internationaux ; ce qui définit notre position contre la peine de mort et notre soutien à la justice internationale ; notre rôle de premier plan dans la lutte contre le changement climatique et en faveur de la sécurité alimentaire et énergétique, et nos politiques sur le désarmement et contre la prolifération nucléaire.

En tant que continent qui, après avoir été dévasté, est devenu l’une des économies les plus puissantes au monde, nous avons une responsabilité particulière à l’égard de millions de personnes dans le besoin. En tant que communauté de nations ayant combattu le totalitarisme, nous nous tiendrons toujours aux côtés de ceux qui aspirent à la paix et à la justice, à la démocratie et à la dignité humaine. Nos pensées vont aux défenseurs des droits de l’homme qui, dans le monde entier, risquent leur vie pour défendre les valeurs qui nous sont chères. Aucune prison ne parviendra à les réduire au silence.

En tant qu’Union construite sur la valeur fondatrice de l’égalité entre hommes et femmes, nous nous engageons à protéger les droits des femmes dans le monde entier. Nous chérissons les droits fondamentaux des plus vulnérables : les enfants de ce monde.

La ’pacification de l’Europe’ était au centre des préoccupations d’Alfred Nobel. Dans une des premières versions de son testament, il l’assimilait même à la paix internationale. Au cours des six dernières décennies, l’Union européenne a montré qu’il était possible aux peuples et aux nations de se rassembler à travers les frontières.

Notre continent, qui s’est relevé de ses cendres après 1945 et s’est unifié en 1989, possède une extraordinaire capacité à se réinventer. Il appartient ainsi aux générations futures de poursuivre cette aventure commune. Nous espérons qu’elles assumeront cette responsabilité avec fierté. Et qu’elles pourront dire, comme nous ici à Oslo : je suis fier d’être Européen.

Ce texte a été lu par Van Rompuy lors de la remise du prix Nobel lundi 10 décembre 2012.

© 2017 Le Huffington Post SAS. Tous droits réservés. Une partie de HPMG News – Source : http://www.huffingtonpost.fr/jose-manuel-barroso/prix-nobel-union-europeenne_b_2271306.html 7

Qui est José Manuel Durão Barroso ? D’après Wikipédia, « José Manuel Durão Barroso né le 23 mars 1956 à Lisbonne (Portugal), est un homme politique portugais, président de la Commission européenne entre le 22 novembre 2004 et le 3 novembre 2014… » Article complet est à lire ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Manuel_Dur%C3%A3o_Barroso

Lire également le Billet publié par ‘Libération’ :

Barroso chez Goldman Sachs, un bras d’honneur à l’Europe - Par Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles (UE) — 09 juillet 2016 à 09:04 - José Manuel Barroso en octobre 2014 à Bruxelles. Photo Emmanuel Dunand. AFP

« L’ancien président de la Commission qui a gravement affaibli l’Europe communautaire et ses institutions se recycle dans une des banques d’affaires les plus controversées de son époque ». A ire la totalité ici : http://www.liberation.fr/planete/2016/07/09/barroso-chez-goldman-sachs-un-bras-d-honneur-a-l-europe_1465127

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5.
« L’Europe de la paix », cette grande illusion - Par Philippe Marlière Blog : Le blog de Philippe Marlière 22 octobre 2012 – Diffusé par ‘Médiapart’ Le Journal Le Studio Le Club.

L’attribution du prix Nobel de la paix à « l’Europe » a offert aux européistes idolâtres un répit inattendu. Les défenseurs patentés de l’Europe de Maastricht, de Lisbonne et du Traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance (TSCG) ont eu le triomphe immodeste dans les jours qui ont suivi l’annonce de la décision norvégienne.

L’attribution du prix Nobel de la paix à « l’Europe » a offert aux européistes idolâtres un répit inattendu. Les défenseurs patentés de l’Europe de Maastricht, de Lisbonne et du Traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance (TSCG) ont eu le triomphe immodeste dans les jours qui ont suivi l’annonce de la décision norvégienne. Dans un concert surréaliste, des universitaires, des journalistes et des hommes politiques ont entonné ad nauseam le même refrain : la situation actuelle n’est certes pas brillante, mais n’oublions pas que l’Europe, c’est la paix, et que rien que pour cela, cette Europe-là fait oublier les déconvenues actuelles.

Sur les ondes des radios et des télévisions, à longueur d’articles, ce fut la même ritournelle. Des historiens vinrent nous confirmer que ce prix Nobel était amplement mérité puisque l’Europe, c’était avant tout un projet visant à ancrer la paix sur le continent européen. Les propagandistes zélés en profitèrent pour vilipender une jeunesse « ingrate », « ignorante de son histoire », prête à rejeter ce « beau projet ».

L’Europe des intérêts économiques

L’Europe, un projet de paix ? Allons donc ! Au sortir de la Deuxième guerre mondiale, la méfiance règne entre les pays européens. Le Royaume-Uni regarde de l’autre côté de l’Atlantique et la France veut éviter que l’Allemagne redevienne un pays influent sur le continent. Ce sont six pays défaits ou occupés pendant la guerre qui lancent la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1951 (France, Allemagne, Italie et le Bénélux). Il n’est nul dessein politique et fédéraliste dans ce projet avant tout économique qui ambitionne de reconstruire les économies sinistrées de ces pays. Maurice Schuman et Jean Monnet (la véritable cheville ouvrière de la CECA) ne cachent pas que c’est là leur ambition première. Cette thèse « utilitariste » est, entre autres, défendue par Tony Judt. Les cercles européistes qui d’ordinaire célèbrent le défunt historien ont-il lu l’ouvrage de Judt qui réduit en miettes le mythe de « l’Europe de la paix » ? (A Grand Illusion ? An Essay on Europe, Hill and Wang, 1996)

Jean Monnet privilégie la méthode « fonctionnaliste », dite des « petits pas ». Il se réfère même à l’action d’une « cercle de conjurés », c’est-à-dire d’un groupe de technocrates qui prend dans le secret des décisions qui engagent les peuples européens. Monnet se penche sur des politiques anodines et consensuelles (low politics) qui évitent les sujets qui fâchent, telle la défense ou la politique sociale (high politics). En se concentrant sur le charbon et l’acier - industries vitales pour les économies européennes - Monnet espère amener les Etats-membres à coopérer entre eux. L’objectif est clair : il faut relancer des économies terrassées par la guerre. Une union économique et la constitution d’un marché entre six pays est la condition d’un tel renouveau.

La France y trouve un avantage politique au moment même où son empire se disloque. Pendant que l’Allemagne et l’Italie sont à genoux sur le plan militaire et diplomatique, la France espère assoir sa domination sur la Communauté économique européenne (CEE) qui se crée en 1957, et qui n’est rien d’autre que la prolongation de la CECA. La CEE n’a aucune ambition fédéraliste. C’est une construction économique qui fonctionne selon des accords inter-gouvernementalistes. Le préambule du Traité de Rome fait certes référence à une « union sans cesse plus étroite », mais celle-ci est essentiellement à concevoir dans un sens économique.

De la Yougoslavie à l’Irak

Qu’en est-il de la consolidation de la paix ? L’Europe des six est très discrète sur le sujet. La question de la « réconciliation » entre la France et de l’Allemagne est abordée de manière bilatérale, en marge de la CEE, avec le Traité de l’Elysée signée en 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Ce sont donc les intérêts économiques, les préférences « égoïstes » des Etats-membres, et les considérations politico-stratégiques de la France, qui ont dicté l’aventure européenne. Cette approche comptable et nationaliste vers la construction européenne n’était bien sûr pas incompatible avec la volonté d’établir une paix durable entre partenaires européens. Celle-ci était bien présente, mais elle s’est exprimée en annexe ou en arrière-plan d’un projet européen qui fut avant tout de nature économique. On peut d’ailleurs estimer que sans la CEE et l’Union Européenne (UE), la paix aurait prévalu au cœur même de la vieille Europe.

Les différents élargissements de l’union se sont déroulés au compte-gouttes, preuve s’il en est que l’Europe a pu vivre en paix avec une union communautaire réduite : 16 ans pour le premier élargissement (1973) ; 8 ans pour le second (1981) ; 5 ans pour le troisième (1986) ; 9 ans pour le quatrième (1995) ; neuf ans pour le cinquième (2004) ! Pendant ces décennies, les pays qui sont restés en dehors de la CEE/UE n’ont pas remis en cause la paix en Europe, loin s’en faut. Par conséquent, rien ne prouve que l’intégration européenne ait garanti la paix. En réalité, de nombreux facteurs géopolitiques et économiques indépendants de l’UE ont contribué à la préservation de la paix.

Au début des années 90, l’UE s’est déchirée lors de la guerre des Balkans. L’Allemagne a poussé la Slovénie et la Croatie à proclamer leur indépendance vis-à-vis de la confédération yougoslave. La France a encouragé la Serbie à mener une contre-offensive aux conséquences catastrophiques pour la région. L’UE a proposé la partition ethnique de la Bosnie-Herzégovine (plan Vance-Owen de 1994) et a laissé se perpétrer le massacre de la population bosniaque de Srebrenica. Plus récemment, l’UE s’est pathétiquement divisée lors de la deuxième guerre du Golfe. Une partie des Etats-membres, dont la Grande-Bretagne, s’est rangée auprès de George W. Bush pour mener une guerre illégale en Irak. José Manuel Durão Barroso, le président de la Commission, pourrait d’ailleurs prochainement recevoir à Oslo le prix Nobel. Sinistre ironie de l’histoire. Alors qu’il était premier ministre du Portugal en 2003, Barroso avait organisé un sommet des chefs de gouvernements pro-guerre aux Açores, aux côtés de George W. Bush, Tony Blair et José Maria Aznar.

Au moment où le prix Nobel de la paix était attribué à l’UE, on apprenait que des manifestants en Grèce avaient été séquestrés par la police et soumis à des traitements violents et humiliants inspirés d’Abou Graib, l’infâme prison militaire étatsunienne en Irak.

Une chose paraît acquise. En créant un marché unique reposant sur la libre concurrence, les Etats-membres ont fait de l’UE une zone de guerre économique perpétuelle. Après avoir orchestré et encouragé la compétition économique entre les Etats-membres pendant quatre décennies, cette Union européenne-là a accouché d’une monnaie unique qui appauvrit les peuples et exacerbe la concurrence entre Etats-membres.

Laissons donc cette opération de marketing politique aux européistes impavides et regardons les faits en face. L’UE n’est pas l’enfant de la paix, mais de la défaite et de deux guerres mondiales. Sur ses décombres, les Etats-membres ont tenté d’enrayer leur déclin économique et politique. Les Etats-sociaux européens délaissés par les gouvernements nationaux étant aujourd’hui à bout de souffle, le masque a fini par tomber. Le visage hideux d’une UE affairiste et antipopulaire est apparu au grand jour.

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6.
L’Union européenne est-elle à l’origine de la paix en Europe ? Par Charles Vaugirard, 22 mai 2014 – Diffus par Cahiers libres - Dans le monde sans en être’.

Photo - Le Président François Mitterrand et le Chancelier Helmut Kohl à Verdun, en 1984.

Les défenseurs de l’Union européenne, et nos gouvernements successifs, répètent tous que la Communauté, puis l’Union, européenne est la cause de la paix qui règne en Europe depuis 1945. 

Il est vrai que depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la France et l’Allemagne, ainsi que les anciens alliés européens de ces Etats ne se sont plus fait la guerre. Soixante-neuf ans sans guerre ! Du jamais vu dans l’histoire de l’Europe ! Certes, la paix ne règne pas encore dans le monde, ni même sur tout le continent européen (nous pensons à la guerre en ex-yougoslavie). Mais à l’intérieur de l’espace de l’actuelle Union européenne la paix semble installée durablement. 

Mais la construction européenne est-elle la cause de cette paix ? 

Les eurosceptiques soutiennent que non, que la paix en Europe est avant tout une absence de guerre due à la guerre froide et à la dissuasion nucléaire de la France et de la Grande Bretagne. C’est ce que soutient par exemple Coralie Delaume 1 dans cette interview au magazine La Vie : Peut-on lui donner raison ? Personnellement je ne suis pas d’accord avec ses arguments, du moins pas avec la totalité. 

Nous verrons en premier lieu que Coralie Delaume a raison en ce qui concerne le rôle de la guerre froide et des Etats-unis dans ce que nous pouvons appeler la “Pax americana” 2. Mais ensuite, nous verrons que l’Europe n’est plus dans cette logique et qu’elle est passée d’une absence de guerre à une paix durable (nous l’espérons) construite sur une transformation des mentalités. C’est la “Pax europeana”. 

Pax americana 

1945 a vu le Reich nazi être anéanti sous le coup des alliés anglo-américains et soviétiques. L’Europe était délivrée de la botte nazie grâce, essentiellement, à ces trois puissances. Mais immédiatement, l’Europe a été divisée en deux blocs : l’un “capitaliste” 3, libéré et occupé par les Anglais et les Américains, et l’autre communiste libéré et occupé par l’URSS. 

Ces deux blocs se sont très vite opposés. Les alliés d’hier sont devenus des ennemis et la guerre froide a commencé. Dans ce contexte, les blocs étaient chacun sous l’influence 4 de superpuissances étrangères. Le bloc occidental était dominé par les USA et la Grande Bretagne. Ils veillaient à ce que le bloc occidental soit uni, stable, face à la menace soviétique. La menace était bien réelle : en 1945, l’URSS est dirigée par Staline et l’empire communiste est au fait de sa puissance et de son prestige. 

L’Allemagne était divisée en deux. Occupée par les alliés, elle se reconstruisait sous étroite surveillance et elle n’était pas encore autorisée à lever une armée. Sa reconstruction fut lente, elle resta occupée jusque dans les années 1990 et elle ne put constituer une armée 5 qu’en 1955. 

Les Etats-unis ont organisé ce bloc d’Europe occidental. L’OTAN a été conçue pour avoir une alliance militaire efficace, sous commandement américain, contre l’URSS. 

Dans un tel cadre, dans un tel contexte, la guerre à l’intérieur de l’Europe était impensable. Mais peut-on parler de paix ? La “pax americana” est une paix guerrière, en vue de faire face à un ennemi. Elle se rapproche de la pax romana, une paix imposée par les armes par un empire. 

Mais est-elle juste et durable ? Non, car une fois sa raison d’être disparue, l’URSS, tout peut repartir “comme en 40”… si bien sûr les conditions des précédentes guerres sont réunies : montée du nationalisme, haine des pays voisins. 

Or le nationalisme à grande échelle, c’est-à-dire un nationalisme enseigné dans les écoles à coup de chants patriotiques et de manuels scolaires inculquant la défiance, n’existent plus. Ca fait longtemps qu’on ne parle plus de “boches” ni de “Schleux”. L’époque est bien loin où on représentait le Germain comme un barbare tapie derrière le Rhin. L’heure est plutôt à l’amitié, à la réconciliation. Quant aux nationalismes ils sont rejetés et enterrés dans le cimetière du politiquement incorrect… nous ne nous en plaindrons pas. 

Mais alors, comment dans un contexte de “pax americana”, somme nous parvenu à tordre le cou aux nationalismes qui ont mis l’Europe à feu et à sang ? 

Parce que parallèlement à l’Alliance de la guerre froide, s’est constitué une Europe unie voulant une paix juste et durable que nous nommerons “pax europeana”, la paix européenne.

Pax europeana 

Parallèlement à la mise en place de l’Alliance Atlantique, s’est constitué une politique européenne visant à créer une union forte entre les Etats européens. Le 9 mai 1950, Robert Schuman a lancé le processus de construction d’une “Fédération européenne”. “Nous n’avons pas fait l’Europe, nous avons eu la guerre” 6 disait-il. Cette Fédération n’est pas une alliance tactique contre un ennemi commun. Il s’agit de tisser des liens entre les nations d’Europe. Des liens économiques, politiques mais aussi culturels. 

Pour Robert Schuman et les autres fondateurs de l’Union, la paix ne pourra se maintenir que par une constante coopération entre les nations. Coopération entrainant une mise en commun d’intérêts rendant ainsi impossible la guerre. Pourquoi impossible ? Parce qu’une guerre interne à l’Union serait une catastrophe : les intérêts mis en commun seraient réduits à néant. C’est cette logique qui a prévalu à la création de la CECA en 1951, de l’Euratom et de la CEE en 1957. Ces trois communautés ont respectivement mis en commun 7 la production de charbon et d’acier, l’énergie atomique à des fins civiles et les règles économiques pour construire un vaste marché commun.

Autrement dit, l’Union européenne a créé une interdépendance des Etats européens : 

“Cette interdépendance a pour conséquence que le sort heureux ou malheureux d’un peuple ne peut laisser les autres indifférents. Pour un Européen qui réfléchit, il n’est plus possible de se réjouir avec une malice machiavélique de l’infortune du voisin ; tous sont unis pour le meilleur et pour le pire dans une commune destinée. 8 

Mais l’Europe unie ne se limite pas à cet édifice. Elle se fait aussi, et surtout, dans les mentalités. L’Europe est une fraternité des nations et donc elle se construit aussi dans les mentalités. Autrement dit, l’Europe unie doit reposer sur une culture commune. La civilisation européenne existe déjà, il y a déjà un soubassement culturel commun. L’Europe est de culture chrétienne, qu’on le veuille ou non. Mais au-delà de ça, une culture de la fraternité doit être mise en place, afin de tordre définitivement le cou aux nationalismes qui ont plusieurs fois entraînés des guerres terrifiantes. 

L’évolution des mentalités des Européens n’est pas le fait des institutions européennes, mais celui des Etats membres qui désiraient construire une Europe unie et fraternelle. Les gouvernements de ces Etats ont mis en place toute une politique de réconciliation, d’amitiés afin de sortir des nationalismes et de la défiance mutuelle. Jumelages de villes d’Europe, échanges entre écoles des différentes nations, politique de commémoration des anciennes guerres, gestes symboliques… mais aussi, et surtout, mise en place d’une politique scolaire enseignant aux enfants la fraternité entre les peuples. C’est à l’école que se construisent les mentalités et donc l’école ne doit plus présenter des Etats d’Europe comme des ennemis héréditaires. Dans Pour l’Europe, Robert Schuman soulève ce point absolument essentiel : 

“La désintoxication des manuels d’histoire est une des premières nécessités. Elle n’est en contradiction ni avec la liberté de pensée et d’expression des adultes, ni avec le véritable patriotisme qui doit être enseigné à la jeunesse. 9 

“Sous prétexte de servir le sentiment national et le culte d’un passé glorieux, on méconnait souvent le devoir d’impartialité et de vérité : on croit devoir faire systématiquement l’apologie de ce qui a été perfidie, exploitation cynique de la force et de la terreur ; on impute trop souvent les torts à la nation rivale. 10 

Le renouveau de l’éducation dans le sens proposé par Schuman a été fait. Les écoles européennes n’enseignent plus le nationalisme, mais l’histoire dans un sens scientifique. 

L’unité européenne est avant tout une affaire d’éducation. Mais elle est aussi une affaire d’échanges et de coopération. Beaucoup d’étudiants vont faire une année dans une université européenne grâce à Erasmus, un grand nombre de scientifiques travaillent avec des collègues européens. Tout cela crée des liens très forts et fait évoluer les mentalités. 

De l’absence de guerre à la paix véritable 

La “pax americana” créée par les circonstances de la guerre froide a donné un cadre pacifique et démocratique propice à la construction européenne. Mais c’est la construction européenne qui a permis de transformer une “absence de guerre” en une vraie paix : en bâtissant une fraternité européenne sur la base d’un renouvellement des mentalités. Fini les nationalismes belliqueux, place à une société démocratique ouverte sur l’extérieur. 

Vous en doutez ? Regardez autour de vous : connaissez-vous encore des germanophobes ? Certes, il existe encore des ultra-nationalistes, mais ils sont peu nombreux, regroupés dans des groupuscules. La majorité de la population est guérie de la haine contre nos Etats voisins. Interrogez vos grands-parents, ils vous diront que pendant leur jeunesse on parlait encore des “boches”… Les esprits ont donc bien changé. 

Bien sûr il ne faut pas tomber dans l’angélisme. L’unité de l’Europe est un chantier de longue haleine, et il est très loin d’être terminé. Même si le nationalisme a connu un profond recul, il peut revenir à tout moment 11. Quant au sentiment européen, il n’est pas encore pleinement installé. 

Mais que de chemin parcouru depuis 1945 ! Les pères de l’Europe ont permis de transformer ce qui était un pacte de non-agression en une interdépendance fraternelle : c’est beau et il ne faut pas l’oublier.

De Charles Vaugirard - Lisez aussi :

Pour plus de démocratie dans l’Union européenne

“Schuman a été cet homme prophétique, qui, à l’écoute du Christ, n’a pas eu peur d’aller à contre-courant” Interview du Père Cédric Burgun

Retour sur le vote Grec : Goebbels ou la genèse d’un désastre

Eurojam 2014 : vivre la fraternité européenne

Gaullisme et Démocratie-chrétienne

Notes :

1.Essayiste et blogueuse.
2. “Pax americana” renvoie à Pax romana, la paix romaine qui était en fait une hégémonie.
3. Majoritairement démocrate, et même pour beaucoup d’Etats démocrates-chrétiens.
4. Et même l’emprise.
5. Limitée et défensive.
6. Déclaration du 9 mai 1950.
7. D’où le terme de communauté.
8. Pour l’Europe. Ed Nagel. 5eme édition. 2000. P 41
9. Idem, p46
10. Idem, p 46.
11. Soyons vigilants avec des partis comme le Front national…

Source : http://cahierslibres.fr/2014/05/lunion-europeenne-lorigine-paix-en-europe/

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7.
De « l’Europe de la paix » à l’Union européenne de la guerre  ? Par Bertrand Chokrane - Document FIGARO VOX- Vox Politique- Publié le 01/03/2016 à 13:26 – Illustration humoristique.

Bertrand Chokrane - Diplômé de l’Ecole normale supérieure et titulaire d’un post-doctorat au MIT, Bertrand Chokrane a été responsable du planning stratégique chez Renault-Nissan puis chez Dassault-Systèmes. Il est actuellement PDG d’une société d’analyse financière spécialisée dans le domaine de l’audit, du conseil et de la prévision de marché. Plus d’informations sur ce site.

FIGAROVOX/CHRONIQUE – « Jacques Attali déclarait récemment qu’une guerre franco-allemande pourrait se produire avant la fin de ce siècle si nous continuons le « détricotage » actuel de l’Europe. Bertrand Chokrane juge que la construction européenne se trouve dans une situation extrêmement critique. Chaque journée égrène son flot de « micro-événements » qui ne font pas forcément la une des journaux mais qui sont le signe que l’Europe est déjà en voie de balkanisation et que son effondrement n’est plus de l’ordre de l’impensable… »

Chaque journée égrène son flot de « micro-événements » qui ne font pas forcément la une des journaux mais qui sont le signe que l’Europe est déjà en voie de balkanisation et que son effondrement n’est plus de l’ordre de l’impensable.

La Belgique a rétabli le contrôle aux frontières avec la France parce qu’elle ne veut pas d’un « Calais » sur son territoire. Il en est de même dans toute l’Europe où les frontières sont reconstruites pour barrer la route aux migrants, si bien que de facto, les accords de Schengen ne sont plus appliqués. La répartition des réfugiés éveille, elle aussi, des oppositions farouches chez bon nombre d’Etats-membres et ceux qui se sont engagés à des quotas ne les respectent même pas. C’est le cas de la France qui n’accueille que le tiers du nombre prévu. Et lorsque le Premier Ministre Français déclare qu’elle ne peut pas en accueillir davantage, c’est à la fois un aveu d’impuissance et un recul de la solidarité intra-européenne.

Le principe de cette solidarité entre les Etats-membres qui était la base de la construction de l’Union est en pleine débâcle. Tant que le moteur franco-allemand fonctionnait, les réclamations du Royaume-Uni, le fameux slogan thatchérien « I want my money back ! » ne posaient qu’un problème mineur. Chaque année, depuis 1984 le Royaume-Uni obtient une ristourne par rapport à sa contribution au budget européen. En compensation, d’autres pays doivent augmenter leur propre contribution. Mais à partir de 1985, l’Allemagne fit une demande similaire. Puis en 2002, ce fut le tour des Pays-Bas, de l’Autriche et de la Suède... La France ayant refusé par principe d’en faire autant, se voit contrainte de payer pour des pays plus riches qu’elle. Ce qui a pour conséquences que sa contribution nette augmente chaque année.

Mais dans une perspective plus large, on peut saluer cet effort politique visant au maintien de la cohésion européenne. Les marchandages ayant toujours eu cours au sein de l’Union, il n’y aurait pas de quoi s’alarmer, si le climat n’avait pas changé. Car malheureusement le temps où les opinions publiques accueillaient le projet européen avec bienveillance, est révolu. Et la défiance britannique en est un des exemples les plus visibles, même s’il est hautement probable que le oui l’emporte au prochain référendum, eu égard à la pression exercée par le secteur financier. Les dirigeants politiques tiennent compte du mécontentement et des populismes qui prospèrent avec la crise économique et migratoire et qui, profitant des malfaçons et des imperfections de l’édifice, en ont fait un bouc-émissaire idéal.

A cela s’ajoute une situation gravissime à l’extérieur des frontières européennes. En Afrique du Nord, la gangrène terroriste fait des ravages et la baisse des cours du pétrole menace de déstabiliser toute l’Algérie, ce qui représente un risque plus grand encore que la guerre qui sévit en Syrie. La situation de l’Europe est comparable à celle d’un pavillon entouré de maisons mitoyennes qui seraient toutes en feu.

La peur s’empare des esprits, ce qui est bien compréhensible. Mais la raison nous incite, au contraire, à être solidaires les uns avec les autres, entre Européens. Au lieu de cela, c’est le chacun pour soi qui prévaut, faute d’un leadership puissant. Les Allemands maintiennent une position cohérente, face aux défis de la monnaie unique et ont accueilli plus d’un million de réfugiés. Ils ont pris leur part. Suite à la fermeture des frontières avec les Balkans, les réfugiés seront bloqués en Grèce, donnant lieu à une situation chaotique à laquelle les autorités grecques ne pourront faire face. On ne peut que saluer la prise de position solidaire de la chancelière allemande en faveur de la Grèce. Mais la France est le grand absent. Son silence n’est-il pas assourdissant ?

Il est clair que l’Europe ne peut rester en l’état, dans ce statu quo institutionnel paralysant. La seule manière d’éviter le détricotage en cours serait de former un bloc économiquement plus intégré et convergent avec un nombre restreint de pays, qui reste à définir. Cela constituerait en quelque sorte un noyau dur auquel pourraient s’agréger ultérieurement d’autres pays.

L’Union européenne a été bâtie en vue de garantir la paix et dans l’idée que si les économies étaient imbriquées les unes dans les autres, plus aucun pays européen n’aurait intérêt à faire la guerre à son voisin. C’était une belle idée. Et depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’Europe avait su transformer son passé douloureux et honteux en une énergie constructive et positive. Elle avait su passer outre les haines et les préjugés.

Aujourd’hui nous faisons face à un défi important. Si nous abandonnons la Grèce, si nous la laissons sombrer dans le chaos, c’est toute l’Europe qui sera en état de régression, tant au niveau géographique qu’au niveau institutionnel. L’Europe ne sera capable de conserver ses forces que si elle reste solidaire.

Lorsqu’Angela Merkel demande à l’Union européenne de ne pas laisser la Grèce sombrer dans le chaos, elle est visionnaire. Car l’Europe sera solidaire ou ne sera pas !

La rédaction vous conseille de Bertrand Chokrane

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8.
L’Union européenne sacrée prix Nobel de la Paix - Document ‘Le HuffPost’ 2012-2017

12/10/2012 10:16 CEST | Actualisé 04/10/2016 23:06 CEST - Photo. AFP

PRIX NOBEL DE LA PAIX - Le prix Nobel de la Paix a été attribué ce vendredi 12 octobre 2012 à l’Union européenne (UE). L’Union ’est au beau milieu d’une de ses pires crises, mais peut-être est-ce précisément à un tel moment que ce projet de paix et de stabilité a besoin d’une main tendue de la part de la Norvège eurosceptique’, a souligné la radio publique norvégienne NRK qui a révélé l’information quelques minutes avant le comité Nobel.

’L’UE et ses ancêtres contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’Homme en Europe’, a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien Thorbjoern Jagland. Un paradoxe alors que la Norvège, pays des Nobel, a refusé à deux reprises d’intégrer la communauté européenne.

La chancelière Angela Merkel a de son côté qualifié cette décision de ’formidable’. ’Je dis souvent que l’euro est plus qu’une monnaie et nous devrions ne pas oublier cela justement durant ces semaines et ces mois où nous travaillons au renforcement de l’euro. L’euro est plus qu’une monnaie car il s’agit de l’idée de l’Europe en tant que communauté de paix et de valeurs’, a-t-elle expliqué devant la presse à Berlin.

Réparer un oubli ?

Une telle récompense ne manquera pas d’être interprétée comme un signal politique à un moment où l’unité européenne est mise à rude épreuve par la crise dans la zone euro. Une situation mentionnée par le comité Nobel qui a toutefois précisé qu’il avait avant tout retenu les efforts de l’UE en faveur de la paix sur le continent européen et à travers le monde. Théâtre de deux guerres mondiales au XXe siècle opposant, notamment, la France et l’Allemagne, aujourd’hui couple moteur de la construction européenne, l’Europe n’a plus connu de conflit majeur sur son sol depuis.

L’UE est aussi championne dans l’aide humanitaire et l’aide au développement, et en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elle tente aussi de jouer un rôle de conciliateur sur le plan diplomatique, notamment dans le cadre des négociations sur le nucléaire iranien.

’C’est une œuvre de paix dont on a beaucoup douté mais qui continue au travers de crise. Ce n’est pas un long fleuve tranquille mais l’œuvre se consolide’, a salué sur BFMTV Jacques Delors, un des pères de l’Europe contemporaine.

Plus de cinquante ans après la naissance de la CEE, ce Nobel répare donc un oubli historique. De nombreux commentateurs et spécialistes des Nobel ont souvent regretté que la construction européenne soit restée le ’grand absent’ des Nobel, au même titre que Gandhi, jamais récompensé. Thorbjørn Jagland, le président du comité Nobel, est d’ailleurs un europhile convaincu et s’était déjà prononcé en faveur de l’UE. ’Je suis favorable à l’UE’, déclarait-il l’an dernier dans un entretien avec l’AFP. ’Les difficultés actuelles montrent qu’on a besoin d’une UE plus forte. Je ne vois pas comment les Etats auraient géré la crise financière de manière plus efficace individuellement, hors du cadre de l’UE’, estimait-il alors.

En récompensant un projet politique inédite dans l’histoire de l’humanité, le comité Nobel crée en tout cas l’évènement, même si ses décisions ont déjà pris les observateurs par surprise, récompensant aussi bien la Croix-Rouge (à deux reprises) que Barack Obama (2009). Généralement remis à des humanitaires ou à des défenseurs des droits de l’homme, le prix Nobel de la Paix a également été décerné par le passé à des personnes et des organismes tout à fait inattendus, comme en 2007, où l’ancien vice-président américain Al Gore et le GIEC s’étaient vu couronnés pour leurs travaux sur le changement climatique.

Qui va aller chercher la médaille et le chèque ?

Rester désormais à déterminer qui représentera l’Union européenne pour aller chercher la médaille, le diplôme et le chèque de 8 millions de couronnes suédoises (soit quelque 922.000 euros), qui sera remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l’industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel. Martin Schulz, le président du Parlement européen, s’est empressé de réagir à l’annonce de l’attribution du prix Nobel de la Paix à l’Union européenne, se déclarant ’touché’ et ’honoré’ depuis son compte Twitter.

© 2017 Le Huffington Post SAS. Tous droits réservés. Une partie de HPMG News - Source  : http://www.huffingtonpost.fr/2012/10/12/union-europeenne-sacree-prix-nobel-paix_n_1960410.html

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9.
Europe : la paix ne peut plus être l’absence de guerre, mais le fruit d’une volonté - Par Aymeric Bourdin, Président de l’Atelier Europe Le 24/03/2017 à 14:43 – Extraits d’un document ‘Les Ecos.fr’ Accueil - Idées - Débats - LE CERCLE/HUMEUR - 60 ans après la signature du traité de Rome instituant la Communauté économique européenne, ses principes fondateurs semblent plus fragiles que jamais, mais ce n’est pas une fatalité.

« Ce 25 mars 2017, les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent à Rome pour une célébration très politique, à un carrefour de la vie de l’Union, entre Brexit , crises multiples et élections clé. S’il fallait se concentrer sur un seul aspect du bilan, quoi qu’en disent certains, c’est sans doute la paix qu’il faudrait citer ».

Lire aussi :
> A 60 ans, l’Union européenne à l’heure des bilans ... et des décisions
> Une Europe désenchantée qui doit reconquérir les peuples

« Les plus dubitatifs mentionneront les guerres des Balkans dans les années 1990. D’autres rechigneront à attribuer à l’Europe l’absence de guerre sur son sol depuis 1945. Mais force est de constater que sur le ’petit cap du continent asiatique’ cher à Paul Valéry, les soixante années passées ont été bien plus pacifiques que les soixante précédentes, avec leurs millions de morts ».

Sous-titres de l’article :

Le succès du début

La paix n’est plus une évidence

Une structure ébranlée

La paix positive

Lire aussi :
> Vladimir Poutine a reçu Marine Le Pen
> Recommencer l’Europe par la culture

Assumer une vocation européenne

Une diplomatie et une défense commune

Le charbon et l’acier d’aujourd’hui

Lire la totalité à la source - Tous droits réservés - Les Echos 2017 – Source : En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-167951-pour-une-certaine-idee-europeenne-de-la-mondialisation-2074986.php#kPCJQyv5jEFetmCv.99

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10.
« L’Europe, c’est la paix ? L’Europe, c’est la guerre ! C’est la guerre des prix » Par Pierre-Henri Allain, (à Brest) - 30 mars 2017 à 20:26 – Document ‘liberation.fr’.

Lors du 71e congrès de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) à Brest, Marine Le Pen s’est concentrée sur une cible : l’Europe, accusée de tous les maux (agricoles et autres). Avec l’Italie, qui ferait massivement appel au travail clandestin, l’Allemagne, qui aurait recours à des « centaines de milliers de ressortissants de l’Europe centrale » pour travailler dans ses champs, voilà l’ennemi.

A une question sur la Politique agricole commune et une Europe synonyme de paix, la candidate frontiste a répondu par une diatribe : « Mais l’Europe, c’est la guerre des prix […], l’Europe, c’est les salariés contre les salariés, c’est le dumping social, c’est la concurrence déloyale, c’est l’injustice la plus profonde, qui fait que les produits agricoles français de qualité infiniment supérieure à d’autres se retrouvent en concurrence déloyale avec des produits qui ne respectent aucune norme ! »Sur fond de cagettes remplies de radis et autres salades, Marine Le Pen n’en a pas moins exhorté son auditoire à ne pas craindre une sortie de l’Union européenne.

Pour le reste, baisse des charges, défiscalisation des heures supplémentaires, renationalisation des aides de la PAC dont les filières disposeraient à leur guise, rien de nouveau sous le soleil. On a un peu de mal à se retrouver sur les positions d’une candidate qui, à la fois, appelle de ses vœux les produits phytosanitaires les plus inoffensifs possible mais s’interdit d’interdire un pesticide qui « n’aurait pas de remplaçant » et serait utilisé par des pays concurrents. Ou qui se dit favorable à la « rénovation » des abattoirs pour le bien-être animal mais condamne l’action de l’association de protection des animaux L214. Il est vrai qu’il n’était pas facile, pour cette tenante d’une agriculture paysanne, de s’exprimer devant les promoteurs d’un modèle beaucoup plus productiviste et industriel.

Source : http://www.liberation.fr/france/2017/03/30/l-europe-c-est-la-paix-l-europe-c-est-la-guerre-c-est-la-guerre-des-prix_1559560

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11.
L’UE n’a pas apporté la paix – Par Jean-Baptiste Noé - Le site web d’un historien - Accueil > Articles > Photos à visionner à la source

Il est navrant que les admirateurs de l’Union européenne utilisent de mauvais arguments pour la défendre. Il est navrant aussi d’assimiler l’Union européenne, une structure politique, à l’Europe, qui est une expression géographique, une construction culturelle, et une donnée historique. Dire que l’Europe a apporté la paix est donc un non-sens. C’est l’Union européenne qui aurait pu apporter la paix au continent européen. Mais cela aussi n’est pas vrai.

L’Europe n’a pas connu 70 ans de paix

Alors que nous commémorons en 2014 les 70 ans du débarquement en Normandie, il est commun de dire que l’Europe a apporté la paix au continent. Rien n’est plus faux. C’est oublier que l’Europe ne s’arrête pas à la frontière du Rhin et que tous les pays d’Europe centrale ont connu 46 ans de guerre, celle de l’oppression du communisme. Pour les Polonais, les Hongrois ou les Tchèques, la guerre ne s’est pas arrêtée un matin du 8 mai 1945 à Berlin, elle s’est achevée avec l’effondrement du système soviétique et la liberté retrouvée au cours de l’année 1991.

Force est de constater ici l’échec flagrant et grandissime de la construction européenne, qui a été incapable de mettre un terme à l’oppression communiste sur la moitié du continent. Ces peuples qui veulent aujourd’hui rejoindre l’UE ont la mémoire courte et ne sont guère rancuniers. Ils ne semblent guère gêner de vouloir rejoindre une structure politique qui fut incapable naguère de les protéger et de les libérer.

L’Europe est toujours en guerre

Quand on parle de 70 ans de paix, on évacue souvent d’un revers de manche le conflit yougoslave, comme un fait négligeable. C’est oublier que Belgrade se trouve à 2 heures d’avion de Paris, que l’amitié franco-serbe est une des plus anciennes du continent, et que les Slaves sont tout aussi Européens que les autres peuples d’Europe. C’est oublier aussi que ce conflit, débuté en 1992, dure encore aujourd’hui, et qu’il est réactivé par le fait que les Albanais du Kosovo ont proclamé, de façon unilatérale, la sécession de cette province serbe en 2008.

Là aussi, l’UE fut incapable d’arrêter la guerre et les massacres. L’UE a même été à la remorque de l’OTAN et elle s’est faite complice des crimes et des massacres commis par cette alliance, notamment à l’égard du peuple serbe. Dans les Balkans, l’Europe c’est la guerre. Pour les chrétiens oppressés du Kosovo, la réalité de la paix est encore loin.

Mais il n’y a pas que dans les Balkans que l’Europe connaît des tensions et des conflits armés. Dans de nombreux endroits de son territoire le terrorisme est une réalité douloureuse. En Irlande, où l’UE fut incapable de faire progresser le processus de paix. Au Pays Basque ; où ce sont l’Espagne et la France qui luttent seules contre les attaques, en Italie, où la mafia s’infiltre sans que l’UE ne puisse y mettre un terme. L’incapacité de l’Europe politique d’établir la paix est une réalité quotidienne. Ce sont les États, munis de leur souveraineté, qui assurent seuls la protection de leur peuple.

Que dire aussi de l’incapacité de l’UE de juguler et de contrôler les flux d’immigration illégale ? Par la Grèce, par Lampedusa, par la France et par l’Espagne, ce sont des milliers de migrants qui viennent déstabiliser les pays d’Europe, sans que l’UE ne puisse rien faire. Cette guerre culturelle et démographique est une réalité qui échappe complètement aux hommes politiques de l’UE.

En fait, le premier mensonge est de dire que l’Europe est en paix depuis 70 ans. L’Europe est en guerre, et ce n’est pas l’UE qui nous en protège.

Le Rhin n’est pas l’Europe

Quand on pense à la paix en Europe, on la réduit trop souvent à la paix entre la France et l’Allemagne. Il y a bien là, depuis 1945, 70 ans de paix. C’est une première dans l’histoire de ces deux pays. S’il y a paix, c’est qu’il y a eu réconciliation. Celle-ci n’est pas le fait de l’UE mais des États, et surtout de chefs d’Etat qui ont eu le courage de la paix et du pardon.

De Gaulle et Adenauer, réunis à Reims le 8 juillet 1962 pour une messe solennelle. Mitterrand et Kohl à Verdun, le 22 septembre 1984. La paix franco-allemande est le fruit de la volonté de ses dirigeants et de la compréhension de ses peuples, non d’une intervention de l’UE.

Avant cela il y avait eu la réconciliation avec l’Angleterre, les deux pays étant en paix depuis 1815, la réconciliation avec l’Espagne, avec l’Autriche et avec la Russie. Que nous n’ayons pas connu de guerre avec l’Allemagne est tout à fait louable, mais le Rhin n’est pas l’Europe. Le sang de la guerre a coulé sous les ponts du Danube, de la Volga, de la Liffey et de la Moskova.

L’UE risque de provoquer une nouvelle guerre

Dans les rapports de puissance, de la Serbie à l’Ukraine, on se rend bien compte que l’UE est incapable d’imposer un style, une vision, un point de vue. Les États-Unis et la Russie utilisent notre continent comme un terrain de jeu et de combats, sans que les Européens puissent affirmer leur souveraineté. Pire même, l’UE risque de provoquer des guerres en Europe.

Des guerres économiques d’abord, en imposant aux peuples du sud une monnaie qui ne convient pas à leur économie, qui les étouffe, qui brise leur développement, qui provoque inflation et endettement.

Des guerres culturelles. En se faisant le défenseur d’une immigration non contrôlée, en favorisant la venue de populations difficilement assimilables et potentiellement hostiles, l’UE sème les graines d’une guerre culturelle et ethnique à venir.

En affaiblissant les États, en niant le statut d’intangibilité des frontières étatiques et en privilégiant l’émergence des mouvements régionaux, l’UE sème des germes de discordes. Que se passera-t-il en Espagne si la Catalogne demande son indépendance ? Que se passera-t-il quand les peuples en auront assez d’être bafoués et oppressés par des structures administratives anti-démocratiques ? La révolte des peuples risque d’être assez terrible, si ceux-ci en ont le courage.

C’est la paix qui a bâti l’Union européenne, et c’est cette Union qui risque de remettre la guerre sur les rives du Rhin.

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12.
L’Europe, l’avenir, la paix – Par François Régis HUTIN - Modifié le 25/03/2017 à 08:18 | Publié le 25/03/2017 à 07:07 – Document ‘ouest-france.fr’ Écouter

« Une Europe désunie, c’est une Europe faible ; et une Europe faible, c’est, non pas seulement pour notre civilisation occidentale, mais pour l’avenir même de l’humanité, le signe de la décadence et de la ruine. » Ainsi écrivait, en septembre 1931, Emmanuel Desgrées du Lou à la une de L’Ouest-Éclair. C’est dire que déjà la nécessité d’une Union européenne se faisait sentir avec force.

Notre continent fut donc ravagé. Mais, après l’épreuve, la paix revenue, quelques hommes lucides et courageux entreprirent de réfuter enfin tout esprit de vengeance. Ils se rassemblèrent pour construire cette Europe espérée par beaucoup et qu’Hitler avait essayé de créer sous le nom d’« Europe nouvelle » qui n’était autre que soumission à sa dictature…

« Les principaux pays d’Europe occidentale vont mettre en commun leurs ressources et leurs efforts au service des œuvres de paix, de l’expansion économique et du progrès social… C’est en définitive toute notre civilisation occidentale fondée sur le respect de l’homme et de sa dignité sur nos libertés essentielles… L’Europe unie incarne une grande espérance. Il serait impardonnable de la décevoir », écrivait, dans Ouest-France, le 25 mars 1957, Robert Schuman, l’un des principaux artisans de cette Europe dont nous fêtons le soixantième anniversaire aujourd’hui.

On le voit, l’engagement européen de Ouest-France est ancien. Ouest-France y est resté fidèle depuis près d’un siècle. L’Union européenne a grandi, prospéré, quoi qu’on en dise et ce n’est pas parce que la Grande-Bretagne est en train de la quitter que l’Union aurait failli. Contrairement à ce que croient certains, ce n’est pas seulement une Union économique, c’est cela bien sûr, mais aussi beaucoup plus.

Ouverture, dialogue, paix

C’est sur un idéal clair, précis qu’elle est fondée, un idéal fait d’espérance de paix, une paix consolidée par une solidarité entre les pays, un refus des égoïsmes nationaux car ils divisent par la rivalité qui prévaut alors ; un idéal de générosité envers les autres peuples moins favorisés. La générosité, le partage sont indispensables pour abaisser les tensions, diminuer ou stopper les migrations, ce qui évite les déséquilibres sur notre continent.

Plus profonds encore, ces attitudes et ces choix européens créent une nouvelle relation entre les hommes et entre les pays. Il s’agit de bâtir autant que faire se peut une communauté, c’est-à-dire un ensemble où chacun apporte au tout, où le tout apporte à chacun. Pour y parvenir, il faut une adhésion sans arrière-pensée, sans petit calcul. Ce type de relation est l’avenir même de l’humanité. Ainsi seront dépassés les fermetures et replis sur soi. Ainsi la fraternité pourra grandir et s’épanouir dans notre pays, en Europe, dans le monde. Une révolution.

En outre, notre puissance est ainsi renforcée (510 millions d’habitants, 1er rang mondial en PIB). Ceci nous rend comparables aux grands empires face auxquels se trouvent nos pays.Notre indépendance, notre souveraineté, nos libertés passent par là et ne pourraient subsister longtemps derrière les « frontières barricades » qu’on nous propose et qui nous isoleront et, finalement, nous affaibliront car elles nous asphyxieront.

Ne bradons pas cet idéal, ne méconnaissons pas ces réalités, ne défaisons pas ce que nous avons déjà construit en 60 ans. Soyons Européens clairement, fermement, pour aller de l’avant, pour consolider une paix chaque jour plus menacée par ces réarmements mondiaux qui pourraient conduire à l’explosion générale. L’Union européenne, c’est la grandeur du dialogue, de la générosité. C’est l’avenir de nos pays et de chacun de nous. L’Europe, c’est la paix.

Lire notre dossier spécial ‘60 ans du Traité de Rome’ :

-  Il y a 60 ans, six pays posaient la première pierre de l’Union européenne

-  édito : L’Europe, l’avenir, la paix

-  Traité de Rome. Retour en images sur 60 ans de construction européenne

-  Le traité de Rome de 1957  : lancement de la CEE

-  Les Unes de Ouest France sur la construction européenne

-  Et maintenant, quelle Europe voulons-nous ? Par Jean-Claude Juncker

-  Incroyable mais vrai : cet homme parle 47 langues !

-  Union européenne. « L’euro protège le pouvoir d’achat des Français »

-  Romano Prodi : « L’Europe risque d’être marginalisée »

-  [Quiz] Êtes-vous incollable sur l’Europe ?

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Quelles sont les étapes de la construction de l’Union européenne ?

C’est la principale raison qui a motivé la construction européenne.

Cet objectif est mis en avant par Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, dans sa déclaration du 9 mai 1950 qui lance le processus de construction d’une Europe communautaire : ’La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. [...] L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre.’

Les pays européens sortent dévastés et ruinés du second conflit mondial et ne peuvent espérer se relever sans une aide extérieure. De plus, avec le début de la guerre froide, il est important pour les États-Unis d’endiguer la progression du communisme et d’éviter que la misère ne pousse les pays d’Europe occidentale à faire le choix de ce système. En 1947, les États-Unis proposent une aide financière, le plan Marshall, à tous les pays européens intéressés, à condition qu’ils s’unissent pour faire valoir leurs besoins. La construction d’une Europe unie, encouragée par les Américains, apparaît donc comme un moyen pour les Européens de se reconstruire et de maintenir entre eux des relations pacifiques.

Mais l’idée de construire une Europe unie pour favoriser le développement de la paix était apparue avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, Victor Hugo en 1849, dans un discours prononcé au Congrès de la paix, plaide pour ’les États-Unis d’Europe’. Après la Première Guerre mondiale, la nécessité d’une solidarité européenne devient plus évidente. Le 5 septembre 1929, Aristide Briand, président du Conseil en France, présente à Genève, à la tribune de la Société des Nations, ancêtre de l’ONU, un projet d’organisation européenne, mais sans succès. Enfin, pendant la guerre de 1939-1945, certains résistants se prononcent en faveur d’une Europe unie (ex : Henri Frenay en France, Altiero Spinelli et Ernesto Rossi en Italie). En 1944, un ’Projet de déclaration des résistances européennes’ est d’ailleurs élaboré à Genève.

En octobre 2012, l’Union européenne a reçu le prix Nobel de la paix pour son œuvre de pacification des relations entre les pays du Vieux continent réalisée depuis 1950. Ce choix vient couronner plus de 60 ans d’une entreprise inédite visant à développer un autre mode de relations interétatiques fondé sur le dialogue et l’intégration au sein d’un ensemble largement supranational. Après des siècles de guerres dévastatrices, l’Europe est porteuse, depuis la déclaration Schuman, d’un idéal de paix qui a permis de modifier en profondeur le destin d’un continent, d’apaiser les tensions relatives aux frontières et aux minorités entre les pays de l’Est dans les années quatre-vingt-dix et susceptible de servir de modèle pour d’autres régions en conflit. La construction européenne a réussi à montrer qu’il n’y a pas d’ennemis héréditaires et que les guerres ne sont pas une fatalité.

Pour remédier au morcellement économique et politique de l’Europe afin de peser encore dans le monde

Après les destructions de la Première Guerre mondiale et les nouvelles frontières issues des traités de 1919, la thématique du déclin de l’Europe et des problèmes économiques engendrés par un nombre trop important de frontières, et donc de taxes douanières, préoccupe de plus en plus les milieux européistes (Coudenhove-Kalergi, Briand...) et les économistes (Keynes, Les conséquences économiques de la paix, 1919).

Après le second conflit mondial, cet impératif d’union devient encore plus flagrant face à l’émergence de deux grands ensembles à l’Est et à l’Ouest de l’Europe dans le contexte de la Guerre froide. La création du Marché commun répond ainsi à cette nécessité de mettre un terme au morcellement de l’Europe pour créer un grand espace économique intégré de nature à survivre face à la concurrence des grands pays.

Ceci apparaît aujourd’hui encore d’actualité face à la montée en puissance de la Chine, de l’Inde ou du Brésil.

Mots clés : Union européenne Voir tous les onglets - vie-publique.fr est un site réalisé par la Direction de l’Information Légale et Administrative

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On peut aussi consulter « Europe : la paix, le marché et après ?  » par Thierry Chopin - 25 mars 2017 - Ce texte reprend et complète des remarques introductives présentées avec Jean-Francois Jamet a l’occasion d’une audition conjointe devant la commission des Affaires européennes de l’Assemblée Nationale le 14 décembre 2016 - © Telos. Reproduction strictement interdite.

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13.
L’Union européenne est-elle à l’origine de la paix en Europe ? Par Charles Vaugirard, 22 mai 2014 – Document ‘Cahiers libres’ - Photo - Le Président François Mitterrand et le Chancelier Helmut Kohl à Verdun, en 1984.

Les défenseurs de l’Union européenne, et nos gouvernements successifs, répètent tous que la Communauté, puis l’Union, européenne est la cause de la paix qui règne en Europe depuis 1945. 

Il est vrai que depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la France et l’Allemagne, ainsi que les anciens alliés européens de ces Etats ne se sont plus fait la guerre. Soixante-neuf ans sans guerre ! Du jamais vu dans l’histoire de l’Europe ! Certes, la paix ne règne pas encore dans le monde, ni même sur tout le continent européen (nous pensons à la guerre en ex-yougoslavie). Mais à l’intérieur de l’espace de l’actuelle Union européenne la paix semble installée durablement. 

Mais la construction européenne est-elle la cause de cette paix ? 

Les eurosceptiques soutiennent que non, que la paix en Europe est avant tout une absence de guerre due à la guerre froide et à la dissuasion nucléaire de la France et de la Grande Bretagne. C’est ce que soutient par exemple Coralie Delaume 1 dans cette interview au magazine La Vie :

Peut-on lui donner raison ? Vidéo à consulter à la source

Personnellement je ne suis pas d’accord avec ses arguments, du moins pas avec la totalité. Nous verrons en premier lieu que Coralie Delaume a raison en ce qui concerne le rôle de la guerre froide et des Etats-unis dans ce que nous pouvons appeler la “Pax americana” 2 . Mais ensuite, nous verrons que l’Europe n’est plus dans cette logique et qu’elle est passée d’une absence de guerre à une paix durable (nous l’espérons) construite sur une transformation des mentalités. C’est la “Pax europeana”. 

Pax americana 

1945 a vu le Reich nazi être anéanti sous le coup des alliés anglo-américains et soviétiques. L’Europe était délivrée de la botte nazie grâce, essentiellement, à ces trois puissances. Mais immédiatement, l’Europe a été divisée en deux blocs : l’un “capitaliste” 3, libéré et occupé par les Anglais et les Américains, et l’autre communiste libéré et occupé par l’URSS. 

Ces deux blocs se sont très vite opposés. Les alliés d’hier sont devenus des ennemis et la guerre froide a commencé. Dans ce contexte, les blocs étaient chacun sous l’influence 4 de superpuissances étrangères. Le bloc occidental était dominé par les USA et la Grande Bretagne. Ils veillaient à ce que le bloc occidental soit uni, stable, face à la menace soviétique. La menace était bien réelle : en 1945, l’URSS est dirigée par Staline et l’empire communiste est au fait de sa puissance et de son prestige. 

L’Allemagne était divisée en deux. Occupée par les alliés, elle se reconstruisait sous étroite surveillance et elle n’était pas encore autorisée à lever une armée. Sa reconstruction fut lente, elle resta occupée jusque dans les années 1990 et elle ne put constituer une armée 5 qu’en 1955. 

Les Etats-unis ont organisé ce bloc d’Europe occidental. L’OTAN a été conçue pour avoir une alliance militaire efficace, sous commandement américain, contre l’URSS. 

Dans un tel cadre, dans un tel contexte, la guerre à l’intérieur de l’Europe était impensable. Mais peut-on parler de paix ? La “pax americana” est une paix guerrière, en vue de faire face à un ennemi. Elle se rapproche de la pax romana, une paix imposée par les armes par un empire. 

Mais est-elle juste et durable ? Non, car une fois sa raison d’être disparue, l’URSS, tout peut repartir “comme en 40”… si bien sûr les conditions des précédentes guerres sont réunies : montée du nationalisme, haine des pays voisins. 

Or le nationalisme à grande échelle, c’est-à-dire un nationalisme enseigné dans les écoles à coup de chants patriotiques et de manuels scolaires inculquant la défiance, n’existent plus. Ca fait longtemps qu’on ne parle plus de “boches” ni de “Schleux”. L’époque est bien loin où on représentait le Germain comme un barbare tapie derrière le Rhin. L’heure est plutôt à l’amitié, à la réconciliation. Quant aux nationalismes ils sont rejetés et enterrés dans le cimetière du politiquement incorrect… nous ne nous en plaindrons pas. 

Mais alors, comment dans un contexte de “pax americana”, somme nous parvenu à tordre le cou aux nationalismes qui ont mis l’Europe à feu et à sang ? 

Parce que parallèlement à l’Alliance de la guerre froide, s’est constitué une Europe unie voulant une paix juste et durable que nous nommerons “pax europeana”, la paix européenne.

 Pax europeana 

Parallèlement à la mise en place de l’Alliance Atlantique, s’est constitué une politique européenne visant à créer une union forte entre les Etats européens. Le 9 mai 1950, Robert Schuman a lancé le processus de construction d’une “Fédération européenne”. “Nous n’avons pas fait l’Europe, nous avons eu la guerre” 6 disait-il. Cette Fédération n’est pas une alliance tactique contre un ennemi commun. Il s’agit de tisser des liens entre les nations d’Europe. Des liens économiques, politiques mais aussi culturels. 

Pour Robert Schuman et les autres fondateurs de l’Union, la paix ne pourra se maintenir que par une constante coopération entre les nations. Coopération entrainant une mise en commun d’intérêts rendant ainsi impossible la guerre. Pourquoi impossible ? Parce qu’une guerre interne à l’Union serait une catastrophe : les intérêts mis en commun seraient réduits à néant. C’est cette logique qui a prévalu à la création de la CECA en 1951, de l’Euratom et de la CEE en 1957. Ces trois communautés ont respectivement mis en commun 7 la production de charbon et d’acier, l’énergie atomique à des fins civiles et les règles économiques pour construire un vaste marché commun.

Autrement dit, l’Union européenne a créé une interdépendance des Etats européens : 

“Cette interdépendance a pour conséquence que le sort heureux ou malheureux d’un peuple ne peut laisser les autres indifférents. Pour un Européen qui réfléchit, il n’est plus possible de se réjouir avec une malice machiavélique de l’infortune du voisin ; tous sont unis pour le meilleur et pour le pire dans une commune destinée. 8 

Mais l’Europe unie ne se limite pas à cet édifice. Elle se fait aussi, et surtout, dans les mentalités. L’Europe est une fraternité des nations et donc elle se construit aussi dans les mentalités. Autrement dit, l’Europe unie doit reposer sur une culture commune. La civilisation européenne existe déjà, il y a déjà un soubassement culturel commun. L’Europe est de culture chrétienne, qu’on le veuille ou non. Mais au-delà de ça, une culture de la fraternité doit être mise en place, afin de tordre définitivement le cou aux nationalismes qui ont plusieurs fois entraînés des guerres terrifiantes. 

L’évolution des mentalités des Européens n’est pas le fait des institutions européennes, mais celui des Etats membres qui désiraient construire une Europe unie et fraternelle. Les gouvernements de ces Etats ont mis en place toute une politique de réconciliation, d’amitiés afin de sortir des nationalismes et de la défiance mutuelle. Jumelages de villes d’Europe, échanges entre écoles des différentes nations, politique de commémoration des anciennes guerres, gestes symboliques… mais aussi, et surtout, mise en place d’une politique scolaire enseignant aux enfants la fraternité entre les peuples. C’est à l’école que se construisent les mentalités et donc l’école ne doit plus présenter des Etats d’Europe comme des ennemis héréditaires. Dans Pour l’Europe, Robert Schuman soulève ce point absolument essentiel : 

“La désintoxication des manuels d’histoire est une des premières nécessités. Elle n’est en contradiction ni avec la liberté de pensée et d’expression des adultes, ni avec le véritable patriotisme qui doit être enseigné à la jeunesse. 9 

“Sous prétexte de servir le sentiment national et le culte d’un passé glorieux, on méconnait souvent le devoir d’impartialité et de vérité : on croit devoir faire systématiquement l’apologie de ce qui a été perfidie, exploitation cynique de la force et de la terreur ; on impute trop souvent les torts à la nation rivale. 10 

Le renouveau de l’éducation dans le sens proposé par Schuman a été fait. Les écoles européennes n’enseignent plus le nationalisme, mais l’histoire dans un sens scientifique. 

L’unité européenne est avant tout une affaire d’éducation. Mais elle est aussi une affaire d’échanges et de coopération. Beaucoup d’étudiants vont faire une année dans une université européenne grâce à Erasmus, un grand nombre de scientifiques travaillent avec des collègues européens. Tout cela crée des liens très forts et fait évoluer les mentalités. 

De l’absence de guerre à la paix véritable 

La “pax americana” créée par les circonstances de la guerre froide a donné un cadre pacifique et démocratique propice à la construction européenne. Mais c’est la construction européenne qui a permis de transformer une “absence de guerre” en une vraie paix : en bâtissant une fraternité européenne sur la base d’un renouvellement des mentalités. Fini les nationalismes belliqueux, place à une société démocratique ouverte sur l’extérieur. 

Vous en doutez ? Regardez autour de vous : connaissez-vous encore des germanophobes ? Certes, il existe encore des ultra-nationalistes, mais ils sont peu nombreux, regroupés dans des groupuscules. La majorité de la population est guérie de la haine contre nos Etats voisins. Interrogez vos grands-parents, ils vous diront que pendant leur jeunesse on parlait encore des “boches”… Les esprits ont donc bien changé. 

Bien sûr il ne faut pas tomber dans l’angélisme. L’unité de l’Europe est un chantier de longue haleine, et il est très loin d’être terminé. Même si le nationalisme a connu un profond recul, il peut revenir à tout moment 11. Quant au sentiment européen, il n’est pas encore pleinement installé. 

Mais que de chemin parcouru depuis 1945 ! Les pères de l’Europe ont permis de transformer ce qui était un pacte de non-agression en une interdépendance fraternelle : c’est beau et il ne faut pas l’oublier.

Charles Vaugirard

Lisez aussi :

1.Essayiste et blogueuse.
2. “Pax americana” renvoie à Pax romana, la paix romaine qui était en fait une hégémonie.
3. Majoritairement démocrate, et même pour beaucoup d’Etats démocrates-chrétiens.
4. Et même l’emprise.
5. Limitée et défensive.
6. Déclaration du 9 mai 1950.
7. D’où le terme de communauté.
8. Pour l’Europe. Ed Nagel. 5eme édition. 2000. P 41
9. Idem, p46
10. Idem, p 46.
11. Soyons vigilants avec des partis comme le Front national…

Chapitre : Le Politique

“De toutes nos forces”, aimons notre Dieu…

Cadre de vie, architecture et lien-social

4 réponses à consulter à la source - Watson theme by The Theme Foundry – Source : http://cahierslibres.fr/2014/05/lunion-europeenne-lorigine-paix-en-europe/ - Source : http://cahierslibres.fr/2014/05/lunion-europeenne-lorigine-paix-en-europe/

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14.
Coopération régionale : l’Union européenne acteur majeur du maintien de la paix Multimedia Nations Unies - 09/05/2017 - Photo - François Delattre, Représentant permanent de la France aurprès des Nations Unies (Crédit : ONU/Photo/Rick Bajornas)

Le Conseil de sécurité a débattu ce matin de la coopération entre l’ONU et l’Union européenne. Les quinze ont d’abord entendu l’intervention de Federica Mogherini, Haute Représentante pour les affaires étrangères et la politique et de sécurité de l’Union européenne.

Lors du débat, le Représentant permanent de la France, François Delattre, a souligné, en ce 9 mai, Journée de l’Europe, le triple niveau de coopération entre les deux organisations en particulier dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Il fait valoir que l’Union européenne constitue aujourd’hui un acteur majeur du maintien de la paix et un partenaire de tout premier plan des Nations Unies dans ce domaine. A l’instar d’autres organisations régionales, a-t-il fait valoir, son rôle devient de plus en plus central dans la mise en oeuvre des opérations de maintien de la paix, qu’il s’agisse de leur financement, des contributions militaires ou encore de leur accompagnement politique.

« Les nombreuses missions déployées par l’Union européenne, militaires comme civiles, dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune, contribuent à la mise en oeuvre des décisions de ce Conseil dans diverses régions du monde. C’est notamment le cas sur le continent européen, où l’Union contribue par exemple à la stabilité de la Bosnie-Herzégovine et au renforcement de l’état de droit au Kosovo ; en Afrique, notamment au Mali, au Niger, en République centrafricaine et en Somalie, où l’Union soutient le renforcement structurel des capacités africaines », a déclaré le diplomate français.

François Delattre a également rappelé la contribution des pays européens aux différentes opérations de maintien de la paix sur le plan financier – avec la prise en charge de près d’un tiers du budget général du maintien de la paix – mais également sur le plan humain, comme par exemple au Mali où plus de 1.000 casques bleus européens sont engagés au sein de la MINUSMA avec des moyens inédits.

Le Représentant permanent a fait valoir que plus largement encore, que l’Union européenne intervient en faveur de la paix et de la sécurité en utilisant tous ses instruments. Elle le fait dans le cadre d’une approche globale qui vise à favoriser des solutions politiques ainsi qu’à traiter en profondeur les racines des conflits. Elle s’inscrit en cela en pleine cohérence avec la vision du Secrétaire général en faveur d’une action de la communauté internationale tout au long du cycle des conflits, allant de la prévention de ces derniers jusqu’à la consolidation de la paix.

Par ailleurs, l’Union européenne est également un partenaire central du Conseil de sécurité dans la recherche de solutions durables aux grandes crises qui occupent son agenda, notamment le dossier syrien, la situation en Libye ou encore la crise en Ukraine.

Enfin, l’Union européenne est un acteur de premier plan dans la réponse à la crise globale des migrants. Les opérations menées par l’Union, au premier rang desquelles figurent EUNAVFOR Sophia, ont permis de sauver plusieurs dizaines de milliers de personnes en situation de détresse dans les eaux de la Méditerranée et de lutter contre les réseaux de trafiquants de migrants en Méditerranée.

En conclusion, François Delattre a insisté sur un point de convergence fondamentale entre les Nations Unies et l’Union européenne, à savoir l’engagement partagé en faveur de la promotion d’un monde multilatéral, au sein duquel le droit prévaut sur la force.

(Extrait sonore : François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies)

Écouter / Télécharg - Classé sous Actualités du Siège, Conflits, Conseil de sécurité, Culture et éducation, Développement économique, Droit et crime, Droits de l’homme, Femmes et enfants, Justice et droits de l’homme, L’info, Le Journal, Maintien de la paix, MIGRATION, Questions autochtones, Santé, Terrorisme.

© 2017 Radio des Nations Unies. Source : http://www.unmultimedia.org/radio/french/2017/05/cooperation-regionale-lunion-europeenne-acteur-majeur-du-maintien-de-la-paix/#.WSvH59ykLm4

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15.
Adoption du budget des opérations de maintien de la paix (OMP) – 12/06/ 2016

L´Assemblée générale vient d´adopter en 5ème commission le budget des 15 opérations de maintien de la paix (OMP) pour un montant de 7,87 milliards d´USD, et dote ainsi les Nations unies des moyens à la hauteur des objectifs ambitieux qui sont les siens. Ce budget, en diminution de 5 % par rapport à l´exercice précédent, reflète l´évolution des mandats des OMP et permet à l´organisation de poursuivre sa transformation vers un maintien de la paix à la fois plus moderne et plus efficace.

Pour la période allant du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017, l´investissement en faveur de la paix et de la sécurité permettra le déploiement de nouvelles technologies sur le terrain (drones, moyens de projection) et ainsi d´adapter les OMP aux enjeux du 21ème siècle.

L´Assemblée générale s´est également prononcée sur une série de mesures visant à améliorer l´efficacité du maintien de la paix. Notamment, les 193 Etats Membres de l´ONU ont convenu de réaffirmer la politique de tolérance zéro vis-à-vis des abus sexuels et de donner au Secrétariat Général de l´ONU les outils nécessaires pour lutter contre ces abus.

La France est le 5ème contributeur au budget des opérations de maintien de la paix. Avec près de 900 casques bleus déployés dans le monde, elle est le deuxième pourvoyeur de troupes parmi les membres permanents du conseil de sécurité. Par ailleurs, plusieurs milliers de soldats français sont déployés à titre national et apportent un appui quotidien aux opérations de maintien de la paix.

Les OMP aujourd’hui : 15 opérations, près de 140 000 personnels en uniforme, 7,87 milliards de dollars, des mandats complexes.

Retrouver le tableau des 15 opérations de maintien de la paix ici.

Les opérations de maintien de la paix de l’ONU se sont considérablement développées ces dernières années.

Développement des opérations de maintien de la paix sur le plan quantitatif

Le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et le Département d’appui aux missions (DAM) soutiennent 16 opérations de maintien de la paix et une mission politique spéciale (Afghanistan). Il existe également 12 autres missions politiques et de consolidation de la paix gérées par le département des Affaires politiques, dont fait partie la mission déployée en Irak. Le DAM a été créé en 2007 (par une résolution de l’Assemblée générale 61/279) à la suite de la proposition du Secrétaire général de restructurer le DOMP et d’établir un département distinct pour renforcer la capacité de l’organisation à assurer le soutien logistique pour un nombre croissant d’opérations de maintien de la paix.

S’agissant des effectifs des opérations, alors que les Casques bleus étaient 12 000 en 1996, et 20 000 en 2000, ils sont au nombre de 125 000 aujourd’hui : au 30 juin 2015, plus de 104 668 personnes en uniforme et plus de 17 092 civils étaient déployés.

Les plus importantes missions sont la MONUSCO (République démocratique du Congo) avec environ 19 784 personnels en uniforme, la MINUAD (mission hybride Nations unies - Union africaine au Darfour) avec plus de 17 754, la FINUL (Liban) avec environ 10 410, l’ONUCI (Côte d’Ivoire) avec près de 6 913, la MINUSTAH (Haïti) avec environ 4 577, la MINUL (Liberia) avec 5 934, la MINUSS (Soudan du Sud) avec 12 523, la MINUSMA (Mali) avec 10 207 et la MINUSCA (République Centrafricaine) avec 9 285.

Au 30 septembre 2015, 122 États membres contribuaient aux effectifs des OMP. 15 Etats fournissent chacun plus de 2 000 hommes. Parmi eux, le sous-continent indien, qui fournit plus de 30 000 casques bleus, soit le tiers du total, constitue de loin le premier contributeur de troupes. Le Bangladesh, le Pakistan, l’Inde et l’Ethiopie sont les quatre premiers contributeurs. Au 30 septembre 2015, la France se plaçait au 30ème rang des pays contributeurs de contingents (deuxième contributeur européen et deuxième contributeur parmi les membres permanents du Conseil de sécurité derrière la Chine) avec un total de 912 hommes déployés dans huit missions (essentiellement au Liban, FINUL). Six Etats francophones, la France, le Sénégal, le Maroc, le Burkina Faso, le Niger et le Bénin, figurent parmi les grands contributeurs. (Consultez sur le site de l’ONU le tableau des contributions des Etats membres aux OMP).

Développement des opérations de maintien de la paix sur le plan qualitatif

Parallèlement à ce développement quantitatif, on constate une complexité et une diversité croissantes des missions. La fin de la guerre froide a accéléré un changement considérable dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies. Le Conseil de sécurité a mis en place des missions de maintien de la paix plus importantes et plus complexes, souvent en vue de faciliter la mise en œuvre d’accords de paix globaux entre des protagonistes intra-étatiques.

La plupart de ces missions sont multidimensionnelles, englobant la construction d’un Etat de droit, la protection des droits de l’Homme, le soutien au processus politique, l’assistance économique et humanitaire, les processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), la réforme des secteurs de la sécurité (RSS). Les missions dépassent donc bien souvent le strict cadre sécuritaire du maintien de la paix, et s’avancent sur le terrain de la consolidation de la paix, ce qui nécessite une synergie entre les deux processus. Les missions doivent également souvent s’articuler avec des organisations régionales intervenant avec l’ONU (c’est le cas de la plus grosse d’entre elles, la mission hybride Nations unies – Union africaine au Darfour).

Les conséquences financières des opérations de maintien de la paix

Cette double évolution a de lourdes implications financières, le budget total de l’ensemble des OMP passant de 2,55 Md USD exécutés pour l’année budgétaire 2001-2002 (1er juillet au 30 juin) à 7,10 Md USD pour l’année budgétaire 2008-2009, 7,58 Md USD pour 2009-2010, 7,59 Md USD pour 2010-2011, 7,56 Md USD pour 2011-2012, 7,29 Md USD pour 2012-2013, 7,58 Md USD pour 2013-2014 et 8,29 Md USD pour 2014-2015. En 2015-2016, le budget alloué s’élevait à 8.30 Md USD. Le budget alloué pour la période 2016-2017 s’élève pour sa part à 7,87 Md USD.

La France contribue de manière significative au budget des opérations de maintien de la paix. En qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, sa quote-part au budget des opérations de maintien de la paix est supérieure à sa quote-part au budget régulier. Elle s’établit à 6.31% en 2016 (contre 4.86% pour le budget régulier pour la période 2016-2018). La contribution des pays de l’Union européenne au budget des opérations de maintien de la paix s’élève à 32.03% en 2016.



La revue des opérations de maintien de la paix

La réflexion sur les opérations de maintien de la paix est ancienne à l’ONU. Un rapport, devenu célèbre, avait été commandité par le Secrétaire général Kofi Annan en 2000, le rapport Brahimi, à l’époque où les OMP représentaient 20.000 personnels (contre le quintuple aujourd’hui).

Lakhdar Brahimi, invité à l’Assemblée générale le 22 juin 2010 lors d’une réunion de réflexion sur les OMP (lors de laquelle la France a fait une déclaration), a rappelé combien la plupart des recommandations de son rapport restaient valables : les mandats devaient être clairs ; les OMP devaient bénéficier des moyens suffisants pour exécuter les tâches qui leur étaient confiées ; les OMP ne pouvaient pas tout faire et être déployées n’importe où ; elles ne devaient pas se substituer aux processus politiques ; les capacités d’analyse politique de secrétariat devaient être améliorées ; il fallait renforcer la qualité des troupes plutôt que leur quantité ; le Liban avait montré avec quelle rapidité des troupes pouvaient être déployées, cette pratique devait être généralisée ; le dialogue avec les principaux pays contributeurs de troupes, dont les hommes risquaient leur vie sur le terrain, devait être amélioré, de même que la collaboration avec les acteurs en dehors des Nations unies.

Quinze ans après la publication du rapport Brahimi, le Secrétaire général Ban Ki-moon a mandaté un panel d’experts dirigé par l’ancien président du Temor-Leste et prix Nobel de la paix, M. José Ramos-Horta, pour mener une réflexion sur ’le futur dans les opérations de paix’. Le rapport du groupe d’experts indépendants de haut niveau a été publié le 16 juin 2015. Il clarifie la doctrine du maintien de la paix onusien et correspond à une série de recommandations pratiques pour en améliorer l’efficacité.

Sur la doctrine, le rapport Ramos-Horta prévoit de replacer la recherche de solutions politiques au cœur du maintien de la paix ; la protection des civils est aussi reconnue comme une tâche prioritaire pouvant justifier le déploiement de casques bleus. L’emploi de la force, y compris armée, doit s’inscrire en appui de la recherche d’une solution politique de long terme et de l’impératif de protection des civils ; les opérations maintien de la paix des Nations unies ne devraient pas mener d’opérations anti-terroristes, même si elles peuvent être déployées dans les environnements hostiles. La coopération renforcée avec les organisations régionales, notamment l’Union africaine et l’Union européenne, est aussi un axe central du rapport.

Sur le plan pratique, le panel d’experts recommande de procéder à une ’montée en gamme’ du maintien de la paix onusien, des mandats plus clairs et séquencés par priorités, des troupes mieux formées et mieux équipées, une planification militaire renforcée par la création d’une cellule spécialisée auprès du secrétaire général des Nations unies, une responsabilité renforcée pour éviter et répondre sous délais aux cas d’abus (notamment sexuels). Une attention accrue apportée au rôle des femmes et à la prise en compte de questions logistiques sont également préconisées.

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Dernière modification : 13/02/2017

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te des Nations unies sur les opérations de maintien de la paix

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16.
Sommet de Bruxelles : à quoi sert l’OTAN aujourd’hui  ? Par Laurent Gayard - 2017/05/26.- Article paru initialement le 23 juillet 2016 et republié pour le sommet de l’Otan cette semaine.

Quel est le rôle de l’Otan aujourd’hui ? Sa présence en Europe se justifie-t-elle encore ? Illustration - By : Nicolas RaymondCC BY 2.0

La question devrait plutôt être : a-t-elle servi à quelque chose jusqu’à présent ? La formule est évidemment provocatrice. Il faut considérer que l’OTAN, alliance défensive durant la guerre froide, n’a mené sa première grande opération militaire que dans les années 1990 lors de la campagne de bombardement menée en Bosnie en 1995 et de l’opération Allied Force au Kosovo en 1999.

L’OTAN, ou North Atlantic Treaty Organization, NATO, est née le 4 avril 1949, suite aux négociations lancées par les cinq pays signataires du traité de Bruxelles – Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni – avec les États-Unis et le Canada. Le but premier de l’Alliance atlantique était d’assurer la sécurité du continent européen face aux velléités expansionnistes de l’URSS, selon le principe énoncé par le diplomate britannique Hastings Lionel Ismay : « garder les Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands sous tutelle ».

Ambiguïté du rôle de l’OTAN

L’ambiguïté du rôle de l’OTAN apparaît dès sa création. Sur le plan international, elle sursoit à l’inefficacité relative de l’ONU, trop souvent paralysée par les veto soviétiques, mais elle est dénoncée également comme le résultat d’une interprétation abusive de l’article 51 de la charte des Nations-Unies : « Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. »

Sous la pression des Européens tout d’abord, l’Alliance atlantique va prendre le relais des traités de Dunkerque (1947) et de Bruxelles (1948) qui mettaient en place des mécanismes d’assistance collective mais qui sont rapidement jugés insuffisants par les partenaires européens après l’épisode du blocus de Berlin. En vertu de l’interprétation extensive de l’article 51 de la la Charte des Nations Unies, l’article 5 de la charte de l’OTAN stipule que « Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties. »

Survie de l’OTAN après la guerre froide

La fin de la guerre froide et la disparition du Pacte de Varsovie posent la question de la survie de l’OTAN compte tenu de la disparition de son adversaire principal. En participant à sa première opération militaire d’envergure au cours de la guerre du Kosovo, avec une campagne de bombardement de onze semaines, l’OTAN affirme dans les faits la réorientation de son statut. Avec la campagne d’Afghanistan en 2001 et la création d’une force de réaction rapide lors du sommet de Prague en novembre 2002, le rôle premier de l’OTAN évolue, dans le cadre de la « guerre contre la terreur » proclamée par le président George W. Bush.

Après les attentats du 11 septembre 2001, le Moyen-Orient est devenu le principal théâtre d’actions de la politique étrangère américaine. Les États-Unis, tout comme leur allié britannique, paient cependant encore aujourd’hui le prix de la mauvaise gestion du conflit irakien, guerre « clausewitzienne » qui s’est transformée en un bourbier inextricable, puis en sanctuaire de l’État islamique. Quant à l’Afghanistan, les difficultés rencontrées par l’ISAF1
, qui y opère depuis 2001, questionne aussi le rôle, et surtout l’efficacité de l’OTAN dans la région, tant il paraît impossible d’éliminer durablement la menace des talibans dans la région et d’y d’assurer encore longtemps la présence de l’OTAN pour un coût faramineux.

Enfin, l’évolution de la situation politique en Turquie pose à nouveau aujourd’hui la question de la pérennité des stratégies d’alliance de l’OTAN au Moyen-Orient. Tandis que les attentats du 11 septembre 2001 avaient poussé l’administration américaine à revoir sérieusement sa stratégie d’alliance avec l’Arabie saoudite et sa politique énergétique, l’évolution politique récente de la Turquie et ses liens avec l’EI donnent quelques inquiétudes en ce qui concerne l’avenir et la stabilité de l’Alliance atlantique. L’ancien Commandant Général des Forces Alliées en Europe, Sir Richard Shireff2 confiait le 18 juillet dernier au Daily Mail que la tentative de coup d’État pourrait compromettre gravement les relations entre la Turquie et l’OTAN tandis que John Kerry lui-même rappelait le même jour, à l’issue d’un sommet du Conseil de l’Europe que « l’OTAN avait aussi des exigences en termes de démocratie. »

Arsenal nucléaire en Turquie

Dès lors que les purges prennent de l’ampleur à l’issue du coup d’État dont on peut soupçonner qu’il soit un coup monté, il devient plus difficile de défendre le maintien de la Turquie au sein d’une organisation dont la charte proclame en préambule être fondée sur « sur les principes de la démocratie, les libertés individuelles et le règne du droit. » Ce qui se passe en Turquie à l’heure actuelle est inquiétant sur un autre plan. En tant que contributeur majeur de l’OTAN – avec les États-Unis, la France, l’Allemagne, la Belgique et l’Italie – la Turquie accueille sur son sol encore une partie de l’arsenal nucléaire défensif de l’Alliance3, à savoir quelques dizaines de bombes B61. Dans le contexte actuel, la localisation d’une partie de cet arsenal otanien sur le sol turc peut susciter quelques inquiétudes. Les États-Unis ne rêvent certainement pas d’avoir un autre Pakistan sur les bras…

Reste l’Europe, théâtre d’opération traditionnel de l’OTAN et qui tend aujourd’hui à le redevenir. Après la fin de la guerre froide, la Russie espérait que la disparition du Pacte de Varsovie entraînerait logiquement celle de sa jumelle occidentale, l’OTAN. De son côté, la France, principale puissance militaire du continent avait espéré pouvoir tirer parti de cette disparition pour jouer un rôle majeur dans la re-configuration de la stratégie de défense européenne. L’histoire en a décidé autrement et l’implication de l’OTAN en ex-Yougoslavie ainsi que le ralliement de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque en 1999, puis celle des États baltes en 2004, a confirmé la pérennisation de l’OTAN. Bien plus, le traité d’Amsterdam confirmait dès 1997 le lien étroit existant entre la Politique Européenne de Sécurité Commune (PESC) et l’OTAN.

La logique d’élargissement poursuivie par l’UE de la fin des années 1990 au début des années 2000 s’est même trouvée étroitement associée à celle de l’élargissement de l’OTAN, à partir du lancement en janvier 1994, du Partenariat Pour la Paix (PPP), programme otanien de coopération avec les pays de l’Est, en dépit des promesses faites quelques années plus tôt à Mikhaïl Gorbatchev et aux Russes. Dans ces conditions, le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN était une manière un peu fataliste de reconnaître que l’Union Européenne refusait une fois de plus d’assumer pleinement sa propre sécurité et que la France devait donc réintégrer l’Alliance atlantiste pour mieux y peser. La décision de Nicolas Sarkozy de voir la France réintégrer le commandement intégré de l’OTAN, annoncée le 3 avril 2008, ne faisait d’ailleurs que poursuivre une politique déjà initiée par Jacques Chirac durant son dernier mandat.

À la fin des années 1990, la décision de continuer à faire de l’OTAN un pivot militaire et stratégique s’apparentait donc pour les États-Unis à un choix plus pragmatique que politique : autant conserver l’usufruit d’une alliance militaire qui avait fait la preuve de son endurance et pousser son avantage en Europe le plus loin possible face à une Russie affaiblie. Comme le résumait Judah Grunstein dans la World Politic Review en 2010, la survie de l’OTAN a eu moins à voir avec le fait que son existence soit pertinente plutôt qu’avec le fait qu’elle soit nécessaire.

Aujourd’hui, le renforcement impressionnant des moyens militaires de l’OTAN en Europe, qui a porté en 2016 les effectifs de sa force de réaction rapide de 13 000 à 40 000 hommes dans les pays de l’Est, et déploie des régiments blindés en Pologne pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, semble donner raison à Grunstein. On pourrait cependant opposer au volontarisme actuel de Washington – qui ne date d’ailleurs pas d’hier si l’on se rappelle la crise toujours ouverte du bouclier antimissile – l’exemple de la crise géorgienne montrant que, quelles que soient les concentrations de force opérées, l’OTAN est condamnée en Europe à jouer les chiens de garde dans une situation de statu quo que la célèbre formule de Raymond Aron résume toujours aussi bien : « Paix impossible, guerre improbable ».

En 1992, la Géorgie avait adhéré au Conseil de coopération nord-atlantique, puis au PPP en 1994. Alors que l’adhésion de l’ex-république soviétique à l’OTAN semblait pouvoir devenir une réalité, la guerre éclair entre la Russie et le petit pays du Caucase a remis brutalement les pendules à l’heure et donné quelques frayeurs aux dirigeants occidentaux. Que se serait-il passé en effet si la Géorgie avait effectivement été membre de l’Alliance au moment de la guerre ? L’Ossétie du sud valait-elle que l’on déclenche une guerre avec la Russie ? Aujourd’hui encore, les demandes répétées de Tbilissi pour intégrer l’OTAN mettent les responsables de l’OTAN et les États-Unis davantage dans l’embarras plutôt qu’elles ne les ravissent. On se contente de répéter à la Géorgie que son cas mérite d’être examiné… plus tard.

En Europe de l’Est et dans les États baltes, si les États-Unis ont poussé leur avantage de 1990 à 2000, les Russes ont poussé le leur ces trois dernières années face à des diplomaties européenne et américaine hésitantes. La présence renforcée de l’OTAN aux marges de l’ancien empire soviétique a peut-être un effet psychologique rassurant pour les Européens – notamment ceux de l’Est – mais l’organisation pourrait bien se voir condamnée à rejouer à nouveau la partition qu’elle a joué durant quarante ans face au rideau de fer4
. La vraie question n’est peut-être donc pas de savoir si l’OTAN sert aujourd’hui à quelque chose, ce qui est vraisemblablement le cas d’un certain point de vue, mais plutôt de se demander combien de temps les États-Unis et les principaux contributeurs de l’Organisation atlantique vont accepter de mettre la main à la poche dans le seul but d’éviter à l’Europe, qu’elle soit fédérale ou celle des nations, d’avoir à affirmer et assumer elle-même sa crédibilité en termes de défense. Cette réalité, ainsi que l’épineuse question turque, amèneront peut-être la vieille Alliance atlantique à reconsidérer sa stratégie dans les années qui viennent.

 

  • International Security Assistance Force (ISAF) opère en Afghanistan et constitue la composante militaire de la coalition, sous l’égide de l’OTAN opérant dans ce pays depuis la guerre d’Afghanistan de 2001.
  • Jusqu’en 2014, aujourd’hui consultant stratégique établi à titre indépendant.
  • Environ 200 charges nucléaires partagées entre ces cinq pays d’après : Martin A. Smith, « ‘In a Box in a Corner ?’ Nato’s Theatre Nuclear Weapons, 1989-1999 », Journal of Strategic Studies 25, no 1 (2002).

Laurent Gayard est docteur en histoire et professeur d’histoire-géographie en lycée et prépa Sciences-Po. Il contribue régulièrement aux revues Causeur, Conflits ou à la Revue des Deux Mondes. Articles de l’auteur Voir tous

Les drones, une guerre économiqueTAFTA : Le mythe d’un traité transatlantique non démocratiqueLe terrorisme est-il l’ennemi que l’on croit ? (2)Proche-Orient : inévitable escalade militaire

Source : https://www.contrepoints.org/2017/05/26/261138-a-quoi-sert-lotan-aujourdhui

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17.
Une Europe en paix – Les débuts d’une coopération 1945-1959


Union Européenne Le drapeau européen.

L’Union européenne a été créée dans le but de mettre fin aux guerres qui ont régulièrement ensanglanté le continent, et qui ont culminé avec la Seconde guerre mondiale. À partir de 1950, la Communauté européenne du charbon et de l’acier unit progressivement les pays européens sur les plans économique et politique afin de garantir une paix durable. Les six pays fondateurs de cette Communauté sont l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Les années 1950 sont dominées par la guerre froide entre l’Est et l’Ouest. En Hongrie, les manifestations contre le régime communiste sont réprimées par les chars soviétiques en 1956. En 1957, le traité de Rome institue la Communauté économique européenne (CEE) ou « marché commun ».

L’Union européenne plonge ses racines historiques dans la Seconde Guerre mondiale. Les Européens sont déterminés à empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent. Peu de temps après la guerre, l’Europe est scindée entre l’Ouest et l’Est et la guerre froide, qui durera 40 ans, commence. À l’Ouest, les nations européennes créent le Conseil de l’Europe en 1949. Il s’agit d’un premier pas vers la coopération, mais six pays veulent aller plus loin.

9 mai 1950

Robert Schuman, ministre français des affaires étrangères, présente un plan pour une coopération plus poussée. Aujourd’hui, le 9 mai est célébré tous les ans comme étant la « Journée de l’Europe ».

18 avril 1951

Sur la base du plan Schuman, six pays signent un traité pour mettre en commun la gestion de leurs industries lourdes (charbon et acier). Par conséquent, aucun d’entre eux ne peut fabriquer seul des armes de guerre pour attaquer ses voisins, comme c’était le cas dans le passé. Ces six pays sont l’Allemagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.

https://europa.eu/european-union/si...États membres fondateurs : Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Belgique et Luxembourg.

Carte – États membres de l’UE en 1951 © Union européenne

Liste de tous les États membres de l’UE et dates de leur adhésion

23 octobre – 10 novembre 1956

En Hongrie, la population se soulève contre le régime soutenu par les Soviétiques. En novembre, des chars soviétiques entrent dans les rues de Budapest pour réprimer les manifestations.

L’Union soviétique bat les États-Unis dans la course à l’espace, en lançant le premier satellite spatial, Spoutnik 1, en 1957. Spoutnik 1 tourne autour de la Terre à une distance de 800 km. En 1961, l’Union soviétique gagne encore en envoyant le premier homme dans l’espace, Youri Gagarine, dans un engin spatial d’à peine 2,6 mètres de diamètre.

25 mars 1957

S’appuyant sur le succès du traité du charbon et de l’acier, les six pays étendent leur coopération à d’autres secteurs économiques. Ils signent le traité de Rome, qui institue la Communauté économique européenne (CEE) ou « marché commun ». L’objectif est que les personnes, les biens et les services puissent circuler librement par-delà les frontières.

Voir aussi 

Traités européens

Archives historiques de l’Union européenne

https://europa.eu/european-union/about-eu/history/1945-1959_fr

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18.
Qu’est-ce que l’Union européenne ? - 31 03 2017

Comment se définit l’Union européenne ?

  • Approfondir
  • Sur la toile publique
    L’Union européenne (UE) est l’association volontaire d’États européens, dans les domaines économique et politique, afin d’assurer le maintien de la paix en Europe et de favoriser le progrès économique et social.
  • Depuis le 1er juillet 2013, l’UE compte 28 membres : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède.
    Le 23 juin 2016, les électeurs du Royaume-Uni appelés à se prononcer sur le maintien ou non de leur pays au sein de l’Union européenne ont voté en faveur de la sortie (’Brexit’ pour British exit) de l’UE. Le 29 mars 2017, le gouvernement de Theresa May a notifié officiellement au Conseil sa décision de retrait de l’UE, ce qui marque le début des négociations de sortie.
  • L’Albanie, la Macédoine (ancienne République yougoslave de Macédoine), le Monténégro, la Serbie et la Turquie ont le statut de candidats à l’Union. Un moment candidate, l’Islande a suspendu les négociations d’adhésion, à l’issue d’élections qui ont entraîné en avril 2013 un changement de gouvernement, avant d’annoncer en mars 2015 le retrait de sa candidature. La coalition au pouvoir à Reykjavik depuis janvier 2017 devrait organiser un vote au Parlement sur l’opportunité d’un référendum relatif à la réouverture des négociations.
  • La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo ont, quant à eux, le statut de candidats potentiels.
    L’UE a été créée par le traité sur l’Union européenne (TUE) signé à Maastricht le 7 février 1992 et entré en vigueur le 1er novembre 1993. Elle est l’aboutissement du processus commencé en 1951 avec la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Jusqu’au traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 et entré en vigueur le 1er décembre 2009, l’UE rassemblait trois ensembles appelés « piliers » :
  • le pilier communautaire constitué de trois communautés : la CECA, la Communauté européenne (ex-CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique ou « Euratom » ;
  • le 2e pilier concerne la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ;
  • le 3e pilier constitué par la coopération policière et judiciaire en matière pénale.
    Le traité de Lisbonne a supprimé cette structure en « piliers » en substituant l’Union européenne à la Communauté européenne. Les termes « communauté » et « communautaire » disparaissent donc et le traité instituant la Communauté européenne, qui la régissait, est rebaptisé traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Avec le TUE, ce sont les deux traités distincts et complémentaires qui régissent l’UE. Mais, malgré cette simplification, plusieurs domaines d’intervention de l’Union restent soumis à des procédures décisionnelles spécifiques (ex : la PESC – politique étrangère et de sécurité commune – requiert l’accord unanime des États).

L’UE est une organisation unique. Ce n’est ni une fédération, ni une confédération d’États, ni une organisation internationale. Elle est néanmoins dotée de la personnalité juridique par le traité de Lisbonne (art. 47 TUE), ce qui lui permet de conclure des traités ou d’adhérer à des conventions. Enfin, l’UE possède des institutions fortes auxquelles les États membres ont transféré une partie de leurs compétences.

Mots clés : Union européenne Voir tous les onglets

Approfondir

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19.
Union européenne – L’Encyclopédie Vikidia des 8-13 ans

L’Union européenne ou UE est le regroupement de certains pays européens désireux de s’unir volontairement sur les plans économique, monétaire et politique. En 1992, après le traité de Maastricht, l’Union européenne a pris la suite de la Communauté économique européenne qui avait été créée en 1957.

En 2015, l’Union rassemble 28 États membres, mais d’autres pays européens sont en attente de devenir membres. La politique de l’Union européenne est décidée en collaboration par divers organes : le Conseil européen, la Commission européenne, le Parlement européen et le conseil de l’Union européenne. Depuis le 19 novembre 2009, l’Union européenne a un président du Conseil européen et une haute-représentante pour les Affaires étrangères. Elle est aussi devenue la première puissance économique du monde.

Ses symboles sont son drapeau (12 étoiles en cercle sur fond bleu), son hymne instrumental (musique de l’Ode à la joie, de Beethoven), sa devise (« Unie dans la diversité »). Il y a aussi la Journée de l’Europe qui a lieu le 9 mai.

En 2012, l’Union européenne a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir établi 60 années de paix, de réconciliation, de démocratie et de droits de l’homme en Europe.

Le 23 juin 2016, le Royaume-Uni choisit par référendum de sortir de l’Union européenne (51,9 % des suffrages exprimés pour la sortie). Cette sortie prendra effet dans quelques années.

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Évolution de l’UE

Sommaire

Les principes de l’Union européenne sont la liberté, la démocratie, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. L’Union respecte les droits fondamentaux définis par la Charte des droits fondamentaux proclamée à Nice en décembre 2000 : des droits qui concernent la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité, la citoyenneté et la justice.

La construction de l’Union européenne

Pourquoi a-t-elle été créée ?

L’Union européenne a été créée afin d’apporter la paix, la stabilité ainsi que la prospérité. Elle a aussi été créée pour favoriser les droits de l’homme, la solidarité sociale, la liberté d’entreprendre, le partage équitable des fruits de la croissance, le droit d’un environnement protégé, le respect des diversités culturelles, linguistiques et religieuses.

Quand a-t-elle été créée ?

L’Union européenne a été créée par le traité de Maastricht ou traité sur l’Union européenne signé à Maastricht le 7 février 1992 et entré en vigueur le 1er novembre 1993.

Cette création est la suite du rapprochement et de l’union de pays européens commencés en 1951 avec la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA).

Les prémices

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Victor Hugo, partisan des « États-Unis d’Europe »

L’idée de créer une Europe unie pour favoriser la paix a vraiment été mise en œuvre après la Seconde Guerre mondiale, mais n’était pas nouvelle.

Par exemple, du côté des Français :

Formation de la Communauté

Pour en savoir plusPour en savoir plus, lire l’article : Construction européenne.

Institutions

L’Union européenne est régie par des institutions :

  • Le Conseil européen (Bruxelles) : Il est composé des chefs d’État et de gouvernement des pays membres. Il se réunit 3 fois par an à Bruxelles, il est présidé par un président élu pour deux ans et demi par les chefs d’État et de gouvernement. Il prend les grandes décisions politiques.
    . Le haut représentant pour les affaires étrangères et la sécurité, élu pour deux ans et demi par les membres du conseil européen. Il est vice-président du Conseil européen

Piliers

L’Union européenne est construite sur trois « piliers » :

  • le premier pilier regroupe trois communautés : la Communauté européenne, la Communauté européenne de l’énergie atomique ou « Euratom » et l’ancienne Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) ;
  • le deuxième correspond à la politique étrangère et de sécurité commune ;
  • le troisième concerne la coopération policière et judiciaire.
    Législation

La législation européenne prévaut sur la législation nationale de chaque État membre, c’est-à-dire que si une loi européenne s’oppose à une loi nationale, c’est la loi européenne qu’il faut respecter et il faut ignorer la loi nationale.

Voir aussi Drapeau de l’Union européenne Euro Europe Zone euro Espace Schengen Symboles de l’Union européenne Traité sur l’union européenne

Sources

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20.
Sur l’euro, les projets d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen sont radicalement opposés - Par Marie Charrel - éFédéralisme contre souveraineté, solidarité contre chacun pour soi, europhilie contre euroscepticisme : les finalistes divergent totalement sur le diagnostic et les remèdes… » - Illustration.

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21.
Emmanuel Macron veut « refonder l’Europe » et « construire la paix » Par François d’Alançon, 03/07/2017 à 18h30.

Lors de son discours devant le Congrès, lundi 3 juillet 2017, le président français a annoncé vouloir faire des propositions de relance de la construction européenne « dans les prochains mois ».

Photo - Emmanuel Macron a affiché sa volonté de « construire la paix  » dans « un monde dangereux  », devant le Congrès réuni à Versailles, le 3 juillet 2017. / Eric Feferberg/AFP

Dans son discours devant le Congrès, lundi 3 juillet 2017, Emmanuel Macron a affiché sa volonté de « construire la paix  » dans « un monde dangereux  », caractérisé par « l’accumulation des menaces  », citant pêle-mêle : « l’affirmation de puissances », les « mouvements terroristes », les « guerres régionales », l’effritement des alliances, l’ordre multilatéral fragilisé, les « régimes autoritaires », l’avènement de « régimes autoritaires » et de « démocraties illibérales » et les menaces dans le « cyberespace ».

à lire : Emmanuel Macron devant le Congrès, les principales annonces de son discours

Le président entend «  agir pour protéger nos intérêts et notre sécurité » à travers l’engagement des forces armées au Sahel et au Levant, tout en « construisant des solutions politiques permettant la sortie de crise ».

D’ici à la fin octobre, la revue stratégique de défense et de sécurité demandée par le président sera achevée avant l’élaboration de la prochaine loi de programmation militaire.

« Parler avec toutes les puissances »

Pour Emmanuel Macron, l’action diplomatique implique de « parler avec toutes les puissances  ». À rebours du « néoconservatisme importé en France depuis dix ans », fustigé par lui dans une récente interview, le président met l’accent sur le « respect de la souveraineté  ». Pas question « d’imposer nos principes et nos valeurs » a souligné le chef de l’État dans une allusion à la Syrie. Il convient, selon lui, de ne pas provoquer des changements de régime qui aboutiraient à la création de « nouveaux États faillis  ».

Emmanuel Macron entend donc replacer la France « au cœur du dialogue » dans les crises et conflits en cours au Mali, en Ukraine, en Syrie et dans le Golfe.

« Faire revivre le désir d’Europe »

En guise de conclusion, Emmanuel Macron a proclamé sa volonté de « faire revivre le désir d’Europe ». « Les pays de l’Europe, pour lesquels celle-ci ne se limite pas au marché mais dessine un espace, une certaine idée de la valeur de l’homme, doivent se ressaisir d’un projet décisif et s’organiser en conséquence  » a-t-il affirmé.

lire aussi : Emmanuel Macron devant le Congrès : « Ce premier discours restera unique »

Le président entend « prendre l’initiative dans les prochains mois » pour faire des propositions « grâce et par le travail étroit » engagé avec l’Allemagne. « D’ici à la fin de l’année, sur ces bases », a-t-il ajouté, « partout en Europe nous lancerons des conventions démocratiques pour refonder l’Europe sur ce projet politique premier, sur ces ambitions premières qui unissent les hommes. Libre à chacun ensuite d’y souscrire ou non mais le temps n’est plus au raccommodage. Nous devons retrouver le souffle premier de l’engagement européen. »

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22.
Les jeunes et l’avenir de l’Europe Par : Brian Maguire | EURACTIV.com 14/07/2017 Langues : English

Une Europe de la paix entre nations a été construite. Les jeunes générations ont du mal à imaginer une Europe en guerre. Pour la jeunesse d’aujourd’hui, l’Europe est une terre d’opportunité, une terre non pas de paix et de sécurité, mais d’emploi et de prospérité.

Les troubles et tragédies du récent effondrement économique sembleraient presque anecdotiques comparés à la révolution de l’industrie 4.0. Alors que l’intelligence artificielle s’immisce dans les usines et bureaux européens, des millions de personnes se retrouvent avec des vies professionnelles profondément incertaines.

Le chômage pourrait rapidement repartir à la hausse, mais une chose est sure : les emplois qu’occuperont les jeunes d’aujourd’hui n’existent pas encore. L’Europe a-t-elle préparé ses jeunes à l’industrie 4.0 et aux emplois de demain ?

Brian Maguire discute des attentes pour l’avenir de l’Europe avec des jeunes étudiants et des eurodéputés.

“The project was co-financed by the European Union in the frame of the European
Parliament’s grant programme in the field of communication. The European Parliament was not involved in its preparation and is, in no case, responsible for or bound by the information for opinions expressed in the context of this project. In accordance with applicable law, the authors, interviewed people, publishers or programme broadcasters are solely responsible. The European Parliament can also not be held liable for direct or indirect damage that may result from the implementation of the project.”

“Le projet a été cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du programme de subventions du Parlement européen dans le domaine de la communication. Le Parlement européen n’a pas été impliqué dans sa préparation et n’est d’aucune manière responsable de ou lié par l’information, des informations ou des points de vue exprimés dans le cadre du projet pour lequel uniquement les auteurs, les personnes interviewées, les éditeurs ou les diffuseurs du programme sont responsables conformément au droit applicable. Le Parlement européen ne peut pas non plus être tenu responsable des dommages, directs ou indirects, pouvant résulter de la réalisation du projet”

„Das Projekt wurde von der Europäischen Union im Rahmen eines Förderprogramms für Kommunikation des Europäischen Parlaments kofinanziert. Das Europäische Parlament war nicht an der Vorbereitung beteiligt, übernimmt keinerlei Verantwortung für die im Rahmen des Projekts veröffentlichten Informationen oder zum Ausdruck gebrachten Ansichten und ist nicht daran gebunden ; für das Projekt haften ausschließlich die Autoren, die interviewten Personen sowie die an der Veröffentlichung des Programms beteiligten Verleger und Sendeanstalten gemäß geltendem Recht. Auch kann das Europäische Parlament nicht für direkte oder indirekte Schäden haftbar gemacht werden, die möglicherweise durch die Durchführung des Projekts entstehen.“

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À Propos d’EURACTIV Concept et Objectifs La mission éditoriale d’EURACTIV - Efficacité et Transparence des Acteurs Européens 1999-2017. EURACTIV.com plc | Termes & conditions | Nous contacter – Source : https://www.euractiv.fr/section/economie/video/les-jeunes-et-lavenir-de-leurope/

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23.
Juifs et musulmans d’Europe, montrons l’exemple et arrêtons de nous prendre pour des Israéliens ou des Palestiniens – 24/07/2017 Blogger : Eric Gozlan  : il est né en 1964. Il a vécu une grande partie de sa vie en Israël au kibboutz … [Plus] - Photo – ‘The Times of Israel’

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« Il est si facile d’inciter à la guerre lorsque certains sont à 4 000 kilomètres ».

Il est normal de se sentir concerné mais nous devons tous réfléchir à ce que nous, musulmans et juifs, pouvons faire pour amener un espoir de paix dans la région.

Malheureusement, les propos antisémites de certains musulmans comme les propos racistes de certains juifs vivant en France sont présents dans le débat et sont scandaleux. Ils importent le conflit du Proche Orient en France sans en comprendre certains aspects.

Pour ces musulmans et ces juifs il est si facile d’inciter à la guerre lorsqu’ils sont à 4000 kilomètres. Pour ces personnes extrémistes, on observe que la religion est souvent derrière leurs arguments.

Ainsi, nous pouvons entendre que si un musulman dit qu’il faut vivre avec les juifs alors il est considéré par d’autres musulmans comme un kofar. Si un juif dit qu’il est pour la paix, qu’il est pour deux Etats (israélien et palestinien) il est considéré comme traitre ou un kappo.

J’ai longtemps pensé que la paix entre juifs et arabes prendra exemple sur le conflit israélo-palestinien. Je me disais à tort que lorsqu’il y aura la paix entre ces deux entités, alors le bien vivre ensemble sera de vigueur en France et en Europe.

Je me suis trompé car c’est tout à fait le contraire. C’est à nous juifs et musulmans vivant en Europe de montrer que nous pouvons vivre ensemble.

« Le dialogue mené par les hommes des clergés ne donne rien » 

Depuis une trentaine d’années, le dialogue inter religieux essaie de renaître en Europe mais chaque jour nous observons que c’est un échec.

Echec, car ce dialogue est pour la plupart du temps mené par les hommes des différents clergés. Bien sur ils dialoguent, philosophent, comparent les textes mais après ?

Après, il n’y a rien car aucun membre des clergés a une lecture critique du dogme religieux. Le dogme religieux est dangereux car il impose, n’admet pas la vérité de l’autre et pense avoir raison sur tout.

Tel qu’il est enseigné de nos jours, le dogme religieux ne permet pas aux fidèles d’arriver à une spiritualité. Ainsi si nous mettons une assiette de jambon devant des jeunes juifs et musulmans ils nous diront que ce plat n’est pas cachère ou halal.

Mais lorsqu’on leur demandera pourquoi le jambon n’est pas cachère ou halal il n’y aura pas de réponse à part : « C’est écrit dans le texte ». Ne pas manger du jambon, c’est la religion ; savoir pourquoi, c’est la spiritualité.

Le but de la religion est justement d’être le codex pour arriver à la spiritualité. Lorsque nous entendons les discussions sur le Proche-Orient, nous observons que ces dernières sont de natures religieuses et non spirituelles.

Au lieu d’affirmer que l’autre a tort, que l’autre est coupable, nous devons nous poser certaines questions : Pourquoi l’autre nous déteste ? Qu’aurais-je fait à sa place ? Ceci est valable pour les juifs comme pour les musulmans.

Le Proche-Orient a besoin de nous car, juifs et musulmans nous pouvons montrer aux pays de cette région qui nous est si chère que nous pouvons vivre pacifiquement ensemble.

© 2017 The Times of Israel, All rights reserved - Termes et Conditions Politique de Confidentialité Qui Sommes-nous ? Annoncer Contactez-nous Newsletter – Source : http://frblogs.timesofisrael.com/juifs-et-musulmans-deurope-montrons-lexemple-et-arretons-de-nous-prendre-pour-des-israeliens-ou-des-palestiniens/

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24.
Accès à des modèles de dissertations sur l’Europe

Dissertations gratuites sur Europe Paix - Etudier.com - Dissertations Gratuites portant sur Europe Paix pour les étudiants. Utilisez nos documents pour vous aider à rédiger les vôtres. Source www.etudier.com/sujets/europe-paix/0

Dissertation guidée : Europe ou Europes ? - Major-Prépa - 28 sept. 2016 - Cette dissertation guidée évoque une multitude d’enjeux primordiaux pour l’avenir de l’Europe et de l’Union européenne... - Source : http://major-prepa.com/geopolitique/dissertation-guidee-europe-europes/

25.
Emmanuel Macron a-t-il vraiment un projet pour l’Europe ? Vidéo 42 minutes France Culture 14.08.2017

Emmanuel Macron a-t-il vraiment un projet pour l’Europe ? Vidéo 42 minutes - Emission France Culture « Du Grain à moudre d’été » par Raphaël Bourgois et Mélanie Chalandon - 14/08/2017 - Trois mois après une victoire électorale saluée dans toute l’Europe, Emmanuel Macron est aujourd’hui l’objet de nombreuses critiques de la part de ses voisins européens. Le président français serait-il finalement plus nationaliste qu’européiste ? – Photo : Emmanuel Macron devant le cercueil de l’ancien chancelier allemand, Helmut Kohl, en juillet 2017 au Parlement européen• Crédits :PATRICK HERTZOG / AFP-AFPhttps://www.franceculture.fr/emissi...

« A force de présenter l’Europe comme bouc-émissaire systématique, les responsables nationaux ont instillé le virus de la défiance. Il faut mettre fin à cette épidémie en assumant nos politiques nationales et en régénérant l’idéal européen ». Voilà ce qu’on pouvait lire il y a quelques mois à la rubrique « Europe » du programme du candidat Emmanuel Macron. Faire confiance à l’Union plutôt que la rendre responsable de tous nos maux, un message qui allait plutôt à rebours de l’opinion publique française, volontiers anti-européenne, surtout en période électorale.

Ce fut donc un ouf de soulagement poussé par nos voisins en mai dernier après la victoire de celui qui se présentait comme le plus européiste des candidats. Pourtant trois mois plus tard le doute commence à s’installer. Que ce soit sur la politique migratoire, industrielle ou sur la diplomatie, la France multiplie les initiatives individuelles, quitte à froisser ses partenaires..

La querelle avec l’Italie autour du contrôle des chantiers navals de St Nazaire l’illustre bien : la France, pour le moment, privilégie ses intérêts sur la coopération. S’agit-il d’établir un rapport de force avant de se montrer plus conciliant ?

Intervenants : Thomaïs Papaïoannou, journaliste grecque résidant en France, correspondante de la Télévision publique grecque, l’ERT ; Stefan De Vries, correspondant néerlandais à Paris, RTL pays-bas ; Ulrike Guérot, directrice de l’European Democracy Lab, un groupe de réflexion à Berlin ; Alberto Toscano, correspondant de la radio italienne Radicale, écrivain.

L’équipe - Production : Raphaël Bourgois, Mélanie Chalandon - Réalisation : Anne-Laure Chanel, Romain Masson - Avec la collaboration de : Daphné Abgrall, Camille Ferey, Juliette Montilly, Pierre Testard, Cédric Fuentes, Iseult Sicard, Philippine Lebret

Tags : Union Européenne Emmanuel Macron Politique – Source : https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre-dete/emmanuel-macron-t-il-vraiment-un-projet-pour-leurope

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant – 15/08/2017

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Politique Histoire (Re) penser la paix pour panser l’Europe Partie 1 Etat des lieux depuis le milieu du XXème siècle. L’Union Européenne entre guerre et paix.6

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti,

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