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"Des huiles essentielles utilisées conjointement augmentent l’efficacité des antibiotiques face à l’apparition des résistances bactériennes multiples aux médicaments administrés" par Jacques Hallard

jeudi 27 juillet 2017 par isias


ISIAS Santé Biologie
Des huiles essentielles utilisées conjointement augmentent l’efficacité des antibiotiques face à l’apparition des résistances bactériennes multiples aux médicaments administrés
Jacques HALLARD, Ing. CNAM – Site ISIAS – 24/07/2017

PLAN : Introduction Sommaire Auteur



Introduction

Face aux maladies infectieuses, l’antibiothérapie, un traitement consistant en une prise d’un antibiotique, s’est révélée historiquement très utile pour soigner les maladies causées par des infections bactériennes : les indications et les usages des antibiotiques, ou antibiothérapie, le furent soit à titre curatif, en cas de maladie reconnue, soit comme mesure prophylactique ou préventive.

Un antibiotique est une substance naturelle ou synthétique qui détruit ou bloque la croissance des bactéries. Dans le premier cas (destruction), on parle d’action antibiotique bactéricide et dans le second cas (blocage) d’antibiotique à effet bactériostatique. D’après Wikipédia, « Unantibiotique peut être à la fois bactériostatique et bactéricide, tout dépendant de sa dose. Un grand nombre des antibiotiques existants sont constitués de molécules naturelles, fabriquées par des micro-organismes : des champignons ou d’autres bactéries. Ces dernières les produisent pour éliminer les bactéries concurrentes avec lesquelles ils sont en compétition dans leur biotope. Cependant, seul un petit nombre des antibiotiques naturels est utilisable en thérapeutique humaine, pour des raisons de disponibilité dans l’organisme ou d’effets indésirables. Un grand nombre de molécules aujourd’hui sur le marché sont des molécules de synthèse, dérivées ou non d’antibiotiques naturels, en particulier pour contourner les problèmes de résistance. Les antibiotiques agissent de manière spécifique sur les bactéries, en bloquant une étape essentielle de leur développement : synthèse de leur paroi, de l’ADN, des protéines, ou la production d’énergie, etc. Ce blocage se produit lorsque l’antibiotique se fixe sur sa cible, une molécule de la bactérie qui participe à l’un de ces processus métaboliques essentiels. Cette interaction entre l’antibiotique et sa cible est très sélective, spécifique des bactéries et ces composés ne sont en général actifs ni sur les champignons ni sur les virus. Il existe d’autres molécules actives sur ces autres types d’agents infectieux que l’on appelle des antifongiques ou des antiviraux, distincts des antibiotiques ».

« L’introduction généralisée des antibiotiques après la Seconde Guerre mondiale a été l’un des progrès thérapeutiques les plus importants du XXe siècle. Les traitements antibiotiques ont fait progresser l’espérance de vie de plus de dix ans, soit plus qu’aucun autre traitement médical2 ».

« Cependant, l’usage généralisé, voire abusif de certains antibiotiques, y compris en traitement préventif, curatif ou en complément alimentaire dans l’alimentation animale, dans les piscicultures, en médecine vétérinaire et humaine, ou encore comme pesticides pour le traitement des végétaux (contre le feu bactérien par exemple) a introduit une pression de sélection qui a conduit au développement de populations de micro-organismes antibiorésistants et à une baisse générale de l’efficacité thérapeutique des antibiotiques. En milieu hospitalier, ceci conduit à une augmentation du risque nosocomial, faute de traitement adapté contre certains germes particulièrement résistants… » Article complet à lire sur le site  : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antibiotique

Sur ce sujet, voir également les articles spécialisés suivants diffusés en France par la ‘Haute Autorité de santé’ :

Antibioprophylaxie en chirurgie et médecine interventionnelle 15.04.2016. Article mis à jour le 22 octobre 2015 - Pr. Claude Martin – Département Anesthésie-réanimation – Hôpital Nord – Marseille - (Consulter la déclaration d’intérêt du Pr Claude Martin). Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

Stratégie d’antibiothérapie et prévention des résistances bactériennes en établissement de santé – Pr. Alain Durocher – Conseiller technique – HAS - Consultez le rapport expérimentation nationale- Audit clinique ciblé appliqué à l’antibioprophylaxie en chirurgie de première intention – juin 2006 – Service évaluation des pratiques professionnelles – HAS - Consultez les référentiels de pratiques professionnellessur l’antibioprophylaxie péri-opératoire – HAS – juin 2005 – Promoteurs Cfar et Sfar. Nous contacter - © 2015 Haute Autorité de santé.

Après avoir introduit les notions d’huiles essentielles et d’aromathérapie, qui peuvent venir au secours des écueils thérapeutiques rencontrés dans les pratiques médicales, le présent dossier à usage didactique rapporte de nombreux documents qui démontrent les fondements du phénomène biologique de la résistance aux antibiotiques, et apportent des recommandations pratiques pour sa limitation.

Cette résistance aux antibiotiques a même été qualifiée récemment de pandémie silencieuse et la gravité du problème posé a été illustrée par la mort d’une patiente américaine, victime d’une souche bactérienne qui s’est révélée résistante à 26 antibiotiques différents !

Une nouvelle porteuse d’espoirs a été diffusée lors du ‘Prix de l’inventeur européen 2017’ dans la catégorie ‘Prix du public’, avec la reconnaissance des travaux du biologiste et inventeur marocain Adnane Remmal de Fès : certaines huiles essentielles dopent l’effet des antibiotiques, par action synergique, et annoncent une voie thérapeutique nouvelle et complémentaire, face à cette résistance des souches bactériennes pathogènes par leur évolution au cours du temps. De plus, l’utilisation des huiles essentielles s’est révélée recommandable également pour une bonne santé des animaux d’élevage, voire pour une meilleure qualité gustative des viandes produites avec cette pratique.

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Sommaire

1. Huile essentielle – Définition de Wikipédia

2. L’Aromathérapie – Un article de Wikipédia

3. Résistance aux antibiotiques - Aide-mémoire de l’OMS - Octobre 2016

4. Résistance aux antibiotiques – Publication de l’INSERMMai 2013

5. La résistance aux antibiotiques d’après Wikipédia

6. La résistance aux antibiotiques selon l’Institut Pasteur

7. L’approche scientifique de la Résistance aux antibiotiques d’après le cours de Bactériologie de Anne Decoster, Jean-Claude Lzmahieux,Dr. Eric Dehecq et Professeur Marc Duhamel 

8. L’ONG CIWF(Compassion in World Farming)lutte pour la réduction des antibiotiques dans les élevages.

9. La résistance aux antibiotiques en France Par ‘eurekasante.vidal.fr’ -02/03/2017

10. Résistance aux antibiotiques : quelles sont réellement les causes principales ? Par ‘sciencesetavenir.fr’ 21.09.2016

11.Une Américaine tuée par une bactérie résistante à 26 antibiotiques -20 Minutes avec AFP- 14/01/17

12. La résistance aux antibiotiques est une ’pandémie silencieuse’ 08 juin 2017 RTS

13. Les huiles essentielles dopent l’effet des antibiotiques 21/06/2017 ‘science-et-vie’

14. Le prix de l’inventeur européen 2017 – 26/06/2017- Document ‘Sciences et Avenir’

15. Son antibiotique aux huiles essentielles va terrasser les bactéries ultrarésistantes - 18/06/2017 ‘capital.fr’

16.Haut du formulaire

Bas du formulaire

Adnane Remmal (Maroc) Lauréat du Prix de l’inventeur européen 2017 dans la catégorie Prix du public – Document ‘Office européen des brevets’ 2017.

17.Haut du formulaire

Adnane Remmal, l’inventeur marocain de l’antibiotique aux huiles essentielles, primé eu Europe - Eléonore Abou Ez16/06/2017 ‘geopolis.francetvinfo.fr’

18. Antibiotiques : Un chercheur marocain aurait mis au point une alternative à base d’huiles essentielles – ‘20 Minutes’ avec agence.26/06/17

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1.
Huile essentielle – Définition de Wikipédia

On appelle huile essentielle, ou parfois essence végétale (du latin essentia, « nature d’une chose »), le liquide concentré et hydrophobe des composés aromatiques (odoriférants) volatils d’une plante. Il est obtenu par extraction mécanique, entraînement à la vapeur d’eau ou distillation à sec.

D’autres extraits végétaux sont obtenus par extraction avec des solvants non aqueux volatils (hexane, éther…) tandis qu’un nouveau procédé d’extraction s’est développé récemment : l’extraction au CO2supercritique. Dans tous ces cas, il ne s’agit alors plus d’huiles essentielles, terme réservé aux produits de la distillation aqueuse, à sec ou de l’expression à froid, mais d’extraits végétaux qui portent différents noms selon les procédés successifs qui leur sont appliqués : concrètes, absolues, résinoïdes, oléorésines, etc.

Enfin, l’extraction sans distillation par de l’alcool, de l’eau liquide ou un mélange des deux, porte différents noms selon les méthodes pratiquées : tisane, macération, décoction, extrait hydro-alcoolique, teinture, etc.

L’ensemble est regroupé sous le terme générique « extraits naturels complexes » (Natural Complex Substances ou NCS en anglais).

Sommaire

Le terme « huile essentielle » est défini à la fois par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour les usages pharmaceutiques et cosmétiques et par l’AFNOR/ISO pour les usages aromatiques et alimentaires.

Définition ANSM

Définition ANSM1 :

« Produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement par la vapeur d’eau, soit par distillation sèche, ou par un procédé mécanique approprié sans chauffage. L’huile essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition. »

Norme ISO

Selon la Norme ISO 9235 Matières premières aromatiques d’origine naturelle – vocabulaire, une huile essentielle est définie comme un « produit obtenu à partir d’une matière première d’origine végétale, après séparation de la phase aqueuse par des procédés physiques : soit par entraînement à la vapeur d’eau, soit par des procédés mécaniques à partir de l’épicarpe des Citrus, soit par distillation sèche. »

Il est d’usage de faire la distinction entre les « huiles essentielles » issues de distillation de végétaux sans autre modification, et les « essences », qui peuvent faire l’objet d’adjonctions chimiques, tandis que les milieux professionnels utilisent aussi des huiles essentielles rectifiées, qui ont fait l’objet d’un fractionnement ou d’une décoloration, mais sans ajout.

Les huiles obtenues par distillation à sec sont aussi appelées huiles empyreumatiques. Les deux procédés de distillation à sec et à la vapeur d’eau peuvent être utilisés pour certaines plantes et donner des extraits différents (cade, ciste…).

L’obtention des huiles essentielles se fait soit par entraînement par la vapeur d’eau dans une opération de distillation, soit par distillation sèche, soit par expression à froid (zestes). Dans ce dernier cas, une certaine ambiguïté existe sur la dénomination d’huile essentielle. Selon l’AFNOR, il faut utiliser le terme d’essence alors que la Pharmacopée française et la Pharmacopée européenne utilisent le terme d’huile essentielle. Le terme d’huile essentielle a été retenu par les spécialistes en pharmacognosie2.
La quantité d’huile essentielle contenue dans les plantes est toujours faible, parfois très faible, voire infime.

Composition chimique

C’est un mélange de molécules variées, comprenant en particulier des terpènes (hydrocarbures non aromatiques), c’est-à-dire dérivés de l’isoprène et non du benzène, et des composés oxygénés (alcools, aldéhydes, cétones, ester).

Classification

Les huiles essentielles (HE) sont classées usuellement selon la nature chimique des principes actifs majeurs, plus rarement sur le mode d’extraction (§ correspondant), ou les effets biologiques (§ correspondant ou § correspondant). On retient huit classes principales (les carbures sesquiterpéniques et terpéniques, les alcools, les esters et alcools, les aldéhydes, les cétones, les phénols, les éthers et les peroxydes)3, avec les composants importants suivants :

  • huiles essentielles riches en peroxydes :
    HE de chénopode (ascaridol), HE d’Eucalyptus Globulus (Eucalyptol)

Note : la plupart des huiles essentielles sont constituées dans leur grande majorité d’un mélange assez complexe de monoterpènes, de sesquiterpènes, d’alcools, d’esters, d’aldéhydes, d’oxydes, etc. Il y a quelques exceptions : huile essentielle de gaulthérie couchée composée à plus de 99,5 % de salicylate de méthyle (un ester aromatique).

Production et extraction

Il existe plusieurs méthodes d’extraction des extraits naturels complexes, mais la plus utilisée est l’entraînement par la vapeur ou l’hydrodistillation de la plante fraîche ou sèche qui produit des huiles essentielles4.

Extraction par distillation

Distillation à la vapeur d’eau (Florame) Distillation à la vapeur d’eau (Florame)

La plupart des huiles essentielles sont obtenues par distillation et entraînement par la vapeur d’eau (sauf les huiles essentielles des hespéridés : citron, orange, bergamote, etc.). Ce procédé est de loin le plus répandu, car il convient à la majorité des plantes. Comme les huiles essentielles sont insolubles dans l’eau ( ce sont des huiles) mais soluble dans la vapeur, lorsqu’on envoie de la vapeur sur la plante, elle se charge au passage des huiles. Dans un appareil spécial, la vapeur d’eau ainsi lestée de ces essences est envoyée dans un compartiment pour y refroidir. Là, la vapeur redevient donc liquide et les huiles s’en désolidarisent( elles flottent à la surface). On les récupère alors par décantation. Le temps complet de distillation doit être respecté pour l’obtention de l’huile essentielle de bonne qualité qui dévoilera ’ toute son activité ’5. La (parfois très) faible quantité d’HE contenue dans les plantes explique le coût élevé des huiles essentielles, il est lié à la rareté et non au procédé d’extraction qui reste le même pour la plupart des plantes. Il faut parfois plusieurs tonnes de plantes pour obtenir un litre d’huile essentielle. Il existe différents procédés d’extraction (souvent chimiques). Pour l’aromathérapie, tant ces procédés que le choix des plantes et leur méthode de récolte détermine la qualité finale des HE.

Articles connexes : Distillation et Entraînement à la vapeur.

Extraction aux solvants volatils

L’extraction se fait à l’aide de solvants organiques volatils dans des appareils appelés extracteurs de Soxhlet. En apparence, la division de la matière à extraire facilite le contact avec le solvant (en agrandissant la surface d’échange), permet d’augmenter la charge de l’extracteur et aussi de réduire le rapport du solvant à la charge. Toutefois le tassement entrave la circulation du solvant et l’homogénéisation des solutions ; il faut donc éviter de tasser ou de trop charger l’extracteur.
On obtient des huiles concrètes avec des solvants volatils tels que l’hexane, qui est le plus utilisé actuellement ; le benzène, très utilisé dans le passé, est interdit pour des raisons de toxicité. Ce procédé a remplacé l’enfleurage (méthode d’extraction par les graisses) qui est devenu beaucoup trop coûteux.

L’extraction s’effectue en plusieurs étapes, on lave la matière avec le solvant deux à trois fois. Il semble que la presque totalité des produits odorants passe en solution dès la première extraction. Mais, étant donné que la matière traitée retient une forte proportion de la solution, il est nécessaire de pratiquer des dilutions successives avec de nouvelles charges de solvant (lavages). La matière épuisée retient une proportion importante de solvant. Avec la charge normale de fleurs d’un extracteur statique de mille litres, la quantité varie entre 150 et 180 litres. Il faut donc concentrer la solution en évaporant le solvant qui est recyclé pour d’autres lavages. La récupération du solvant atteint couramment 94 à 96 % de la quantité retenue. La charge de l’extracteur est désolvatée à la vapeur d’eau, puis elle peut être utilisée dans les champs (compostage).

Extraction par expression à froid

L’extraction se fait sans chauffage, les plantes sont pressées à froid (notamment les hespéridés : citron, orange…) de l’écorce ou des fruits.

Extraction de l’huile essentielle à partir de l’écorce

Les premiers procédés d’extraction consistaient à presser l’écorce des Citrus pour faire éclater les tissus contenant l’huile essentielle en les frottant sur des récipients dont les parois étaient recouvertes de pics en métal. Puis le procédé dit à « l’éponge » s’est développé : les écorces étaient pressées plusieurs fois contre un assemblage d’éponges naturelles fixées à une bassine en terre cuite. La pression était accompagnée par un mouvement de rotation de la main. Le mélange exprimé était recueilli par essorage des éponges. Finalement par simple décantation, l’huile essentielle est séparée de la phase aqueuse qui contient aussi des détritus produits par la lacération des tissus de l’écorce.

Extraction à partir des fruits entiers

Avant d’être pressés, les fruits passent dans des machines qui les trient selon leur taille. Cette opération est nécessaire pour améliorer le fonctionnement des extracteurs, obtenir un meilleur rendement et une huile essentielle de meilleure qualité. Les Citrus sont séparés en trois parties de base : l’huile essentielle, le jus et l’écorce. Il existe trois méthodes fondamentales pour extraire l’huile essentielle des Citrus à partir des fruits entiers, les deux premières étant les plus utilisées :

  • système séparant l’huile essentielle et le jus en une seule opération (FMC) ;
  • l’extraction de l’huile essentielle des fruits entiers précède l’extraction du jus (« pélatrice spéciale ») ;
  • l’extraction du jus précède celle de l’huile essentielle.
    Extraction au CO2 supercritique

L’originalité de la technique d’extraction par un fluide supercritique repose sur le solvant utilisé : il s’agit du CO2en phase fluide supercritique. À l’état supercritique, le CO2 n’est ni liquide, ni gazeux, et cela lui confère un excellent pouvoir d’extraction, modulable à volonté en jouant sur la température de mise en œuvre. Les fluides supercritiques comme le CO2 sont de bons solvants à l’état supercritique, et de mauvais solvants à l’état gazeux. Les avantages de ce procédé sont les suivants :

  • le CO2 est totalement inerte chimiquement, il est naturel, non toxique et peu coûteux ;
  • on utilise des basses températures pour sa mise en œuvre ;
  • en fin de cycle, la séparation entre le solvant d’extraction et le soluté pour obtenir l’extrait est facile (simple détente qui ramène le CO2 à l’état gazeux), avec une récupération quasi totale et peu coûteuse ;
  • les frais de fonctionnement, à l’échelle pilote ou de laboratoire, sont réduits (le CO2 est continuellement recyclé).
    L’extraction au CO2 supercritique est une technique intéressante qui apporte de nouvelles notes olfactives (méthode d’extraction plus complète et moins dégradante que par la vapeur d’eau). Cependant son installation industrielle reste onéreuse, et l’appareillage est encore envahissant.

Critères de qualité

Toutes les huiles essentielles ne se valent pas. Les critères de qualité sont les suivants :

  • les huiles essentielles de qualité doivent impérativement provenir de plantes botaniquement certifiées, c’est-à-dire identifiées par deux noms latins, le latin étant la langue universellement reconnue en botanique. Le premier nom désigne le genre, par exemple Thymus ; le second, l’espèce : vulgarisThymus vulgaris = Thym vulgaire6 ;
  • origine géographique sélectionnée ;
  • sélection de la partie de la plante qui détient l’activité recherchée. Les diverses parties d’une même plante (fleur, feuille, tige, écorce, racine, etc.) peuvent produire des essences différentes. Il est donc important de préciser l’organe végétal ;
  • période de récolte pour obtenir les meilleurs extraits ;
  • méthode d’extraction permettant de préserver l’activité des composants.
    Actions

Article connexe : Momification en Égypte antique.

Les utilisations des substances odorantes des plantes sont connues depuis l’Antiquité[réf. à confirmer]7. Des textes akkadiens datant de plus de quatre mille ans nous apprennent qu’à Babylone, on brûlait du cyprès pour enrayer les épidémies[réf. nécessaire]. Les premiers textes relatant l’utilisation d’huiles fines et de parfums sont des papyrus hiéroglyphes égyptiens datant de plus de 2 800 ans. Le papyrus Ebers en Égypte ainsi que les récits d’Hérodote, de Pline et des médecins Dioscoride et Galien montrent que les Égyptiens utilisaient les huiles extraites des plantes, les parfums et les essences de plusieurs plantes aromatiques, auxquels ils recouraient pour la pharmacologie et l’embaumement. Ils connaissaient trois méthodes pour extraire les huiles essentielles, la macération, l’enfleurage et une forme archaïque de distillation[réf. à confirmer]8.

Les civilisations chinoises et indiennes employaient également les huiles essentielles pour les soins thérapeutiques et cosmétiques : l’empereur Chen Ning rédigea un traité de phytothérapie, et l’on sait qu’en Inde, la médecine ayurvédique et les livres sacrés des Védas connaissaient plus de sept cents épices (basilic, cannelle, nard, myrrhe, santal, entre autres) et on utilisait les parfums à des fins liturgiques et thérapeutiques[réf. à confirmer]9.

Plus généralement la phytothérapie, l’utilisation de substances issues des plantes dans la médecine, est connue de toutes les civilisations. La naissance de l’aromathérapie moderne est due au chimiste René Maurice Gattefossé, dans les années 1920.

Actions biologiques

Les huiles essentielles ont des effets biologiques variés, sur les cellules de l’organisme comme les agents infectieux10,11. Les effets et cibles sont multiples du fait de chaque composant chimique, et de leur multiplicité. Les huiles essentielles ont notamment des :

Juristes, législateurs et pharmacologues[réf. souhaitée] parlent de « vertus thérapeutiques »17,18,19 pour désigner les effets biologiques plus ou moins précis, selon les organes cibles (dermatologique, musculaire…) ou pour des effets plus globaux ou subjectifs (amincissant, aphrodisiaque…).

Actions sur la peau

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Le monoï est une huile obtenue par la macération des fleurs de tiaré dans l’huile raffinée de coco.

On choisit l’huile végétale de support en fonction de ses qualités de pénétration, selon que l’on vise le derme ou la circulation systémique par exemple, et selon ses qualités intrinsèques[réf. à confirmer]20.

Parmi les huiles de support courantes, on trouve l’huile de pépins de raisin, l’huile d’amande douce et l’huile d’argan, mais également l’huile de noisette, l’huile de macadamia, l’huile de tournesol.

Quelques huiles essentielles, huiles grasses ou macérations selon son type de peau :

Les industries de la parfumerie, des arômes et de la cosmétique sont les principales consommatrices d’huiles essentielles. Ce sont en effet les produits de base utilisés pour ajouter des odeurs, en raison de leur forte volatilité et du fait qu’elles ne laissent pas de trace grasse. Dans l’agro-alimentaire on utilise aussi des HE pour incorporer aux aliments des saveurs.

  • Les huiles essentielles sont très employées pour parfumer les produits cosmétiques : savons, shampoings, gels-douches, crèmes cosmétiques et/ou hydratantes, etc.
  • Le secteur des produits ménagers (détergents et lessives par exemple) consomme beaucoup d’huiles essentielles pour masquer les odeurs, souvent peu agréables, des produits purs.
  • L’utilisation des huiles essentielles dans les arômes alimentaires est croissante. Les arômes sont omniprésents de nos jours : ils sont utilisés comme exhausteur de goût dans divers produits : cafés, thés, tabacs, vins, yaourts, plats cuisinés, etc.
    Il est tout à fait possible de fabriquer soi-même ses produits ménagers : les huiles essentielles constituent un ingrédient de premier plan en raison du caractère antiseptique et fongicide de nombre d’entre elles21,22.

Article connexe : Zéro déchet#Hygiène.

Utilisations dans les cosmétiques

L’aromathérapie est l’utilisation des huiles essentielles pour soigner. Elle fait l’objet d’un certain nombre d’abus : il suffit de mettre 0,0001 % d’huile essentielle dans une crème pour en faire un produit vendable. En cosmétologie aromatique, on utilise entre 0,5 % et 2 % d’HE pour le visage, 2 % et 5 % pour le corps, et jusqu’à 10 % pour les soins très localisés[réf. nécessaire].

Les huiles essentielles s’utilisent de plus en plus dans les cosmétiques divers pour des raisons de confort. Néanmoins les huiles essentielles peuvent être irritantes pour la peau car elles sont dermocaustiques. C’est pour cela qu’elles doivent toujours être diluées à 1/20 ou même 1/100, d’autres moins puissantes se contentent d’une dilution à 1/5.

Utilisations sanitaires

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Image de poursuite vidéo d’une mouche charbonneuse. Test de l’activité répulsive de l’huile essentielle de citronnelle (Cymbopogon citratus).

Les HE sont à l’étude pour éloigner les mouches charbonneuses, qui piquent les animaux domestiques23 afin d’éviter l’usage d’insecticides.

Les HE sont utilisées en raison de leurs propriétés stimulantes notamment sur les activités cellulaires des plantes et des animaux, ou inhibitrices par exemple sur les microbes (désinfection).
Elles servent par exemple comme produits phytosanitaires pour combattre les infections fongiques, bactériennes ou virales dans les cultures végétales. Elles apportent des solutions en agriculture biologique en réduisant la pollution, le développement de résistances et autres effets néfastes des pesticides de synthèse.
À l’instar de ce qui est fait pour l’homme, les HE entrent aussi dans la composition de traitements pour les animaux, chez qui ils permettent par exemple de réduire l’apparition des résistances aux antibiotiques conventionnels ou de limiter les effets secondaires.

Utilisations dans l’industrie alimentaire

Le 11 février 2011, Ira Glass révèle, lors de son émission de radio This American Life, que la formule secrète du composé 7x du Coca-Cola a été découverte dans un journal de 1979. La formule trouvée contiendrait pour 10 litres d’eau, entre autres, 20 gouttes d’huile essentielle d’orange, 30 d’huile essentielle de citron, 10 d’huile essentielle de noix de muscade, 5 d’huile essentielle de coriandre, 5 d’huile essentielle de néroli, 10 d’huile essentielle de cannelle24,25,26,27.

Précautions

L’ingestion d’huile essentielle peut entraîner une intoxication sévère, notamment chez les enfants pour lesquels le risque accidentel est plus élevé. Cette intoxication peut survenir avec de petites quantités et le risque est plus élevé en cas d’antécédent d’épilepsie ou de convulsions. Les symptômes les plus fréquemment rencontrés sont neurologiques, respiratoires et digestifs. Les principaux symptômes neurologiques sont des crises convulsives, une agitation ou au contraire une somnolence, des signes semblables à l’ébriété, des troubles de l’équilibre ou des hallucinations. Des signes respiratoires peuvent survenir, tels qu’une toux persistante ou une irritation de la gorge, ainsi que des signes digestifs comme des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements et des diarrhées28.

En ce qui concerne l’application cutanée, certaines précautions sont impératives et dépendent de chaque huile essentielle. Certaines huiles sont dermocaustiques (agressives pour la peau), comme l’origan, d’autres photosensibilisantes comme certains agrumes. Par conséquent, il faut agir avec beaucoup de précaution et respecter ces quelques règles de base :

  • ne jamais appliquer une huile essentielle pure sur la peau et surtout sur les muqueuses ;
  • le plus souvent, l’huile essentielle doit être très fortement diluée dans un support comme une huile végétale. Mettre une huile essentielle pure sur la peau peut être très dangereux ; sauf indication, ne pas dépasser une concentration de 5 % ;
  • certaines huiles essentielles peuvent être irritantes, voire contenir des allergènes (donc allergisantes pour certaines personnes) ;
  • éviter de s’exposer au soleil après application de certaines huiles essentielles, surtout celles des Citrus, qui sont photosensibilisantes(augmentation de la sensibilité aux U.V.) ou peuvent provoquer l’apparition de taches pigmentées disgracieuses sur la peau ;
  • par précaution, proscrire l’utilisation des huiles essentielles chez les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans : seules certaines sont utilisables dans leur cas et avec des dosages appropriés.
    • « Les enfants et les bébés : ils ont « leurs huiles essentielles » et « leurs posologies » bien à eux : ne les traitez pas avec celles préconisées pour les adultes. Les bébés allaités profitent des essences par le biais du lait maternel, donc attention (on soigne d’ailleurs généralement la maman plutôt que le bébé directement). On peut aussi leur prodiguer des massages légers, en choisissant avec précaution les huiles essentielles et les huiles végétales.
    • Les femmes enceintes : en dehors des formules qui leur sont spécialement consacrées (« je suis enceinte », « je vais accoucher »…), abstenez-vous de toute prise d’huile essentielle de votre propre chef. Demandez systématiquement conseil à une personne qui connaît vraiment les huiles essentielles avant de vous lancer dans l’aventure29. »
      Attention, il ne faut pas comprendre « huile essentielle » dans le même sens que les « acides aminés essentiels » (qui sont « essentiels » au sens d’indispensables au bon fonctionnement de l’organisme) : dans le cas des HE, le terme « essentiel » a un sens chimique et signifie plutôt « liquide hydrophobe aromatique plus ou moins volatil » (à l’instar des essences d’hydrocarbures utilisées comme carburant).

Huiles essentielles réservées aux pharmaciens ou interdites

En raison de leur toxicité, un certain nombre d’huiles essentielles ne peuvent être vendues en France que dans le circuit pharmaceutique30.

  • Armoise commune (Artemisia vulgaris)
  • Moutarde noire ou sénevé noir (Brassica nigra)
  • Hysope ou Hysope officinale (Hyssopus officinalis)
  • Muscadier ou Muscadier aromatique (Myristica fragrans). La noix de muscade contient de la myristicine qui induit à forte dose des convulsions, palpitations, nausées, déshydratation et douleur généralisée32.
  • Sauge officinale (Salvia officinalis)
    Liste des huiles essentielles et leurs propriétés

Photo - Stand d’huiles essentielles de lavande sur un marché à Paris.

Cette liste a pour but de regrouper les plantes qui sont utilisées sous forme d’huiles essentielles mais surtout de lister les propriétés de ces huiles essentielles prouvées par des études scientifiques publiées. Ainsi, vous retrouverez certaines de ces plantes dans la liste des plantes utilisées en phytothérapie (qui ne regroupe pas uniquement les plantes utilisées pour les huiles essentielles). Attention, les huiles essentielles ont également des effets négatifs, toxiques, cancérogènes parfois mortels33. Leurs utilisations doivent toujours être encadrées par un professionnel de santé diplômé d’état.

Lire tous les détails par espèce végétale et les notes et références à la source

Voir aussi Sur les autres projets Wikimedia : Huile essentielle, sur Wikimedia Commons - Articles connexes : Aromathérapie Aromatogramme Botanique Médecine Liste des plantes utilisées en phytothérapie Plante médicinale Jean Valnet René-Maurice Gattefossé Portail de la pharmacie Portail de la chimie Portail des odeurs, des senteurs et du parfumPortail des odeurs, des senteurs et du parfum

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Huile_essentielle

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2.
L’Aromathérapie – Un article de Wikipédia

https://upload.wikimedia.org/wikipe... Diffuseur utilisé en aromathérapie

L’aromathérapie est l’utilisation des composés aromatiques extraits de plantes, les huiles essentielles, à des fins médicales. Cela la différencie de la phytothérapie qui fait usage de l’ensemble des éléments d’une plante.

Originellement pratiquée selon une approche traditionnelle, comme une branche de la phytothérapie, elle s’apparentait à la naturopathie et était alors classée parmi les médecines non-conventionnelles. De plus en plus étudiée par les scientifiques notamment dans le cadre de la pharmacognosie, qui apporte des preuves aux propriétés des huiles essentielles, elle peut maintenant être pratiquée selon les principes de la médecine factuelle par les professionnels de santé.

Le terme a été utilisé pour la première fois par le chimiste René Maurice Gattefossé en 1935. Il vient du latin « aroma », grec « ἄρωμα - arôma » = arôme et du grec « θεραπεία - therapeia » = soin, cure.

Sommaire

Les origines de l’aromathérapie

Dans l’histoire de la médecine, au moins jusqu’au XVIe siècle, l’histoire de l’aromathérapie se confond en grande partie avec celle de la phytothérapie. Les plantes, dans leur ensemble, constituaient la base de la pharmacopée des civilisations antiques.

Si l’on retrouve les traces de méthodes de distillation ou d’extraction, en Chine ou en Inde, datant de plusieurs millénaires, c’est en Égypte que leur utilisation a été avérée. En Grèce, les écrits de Dioscoride font référence à l’utilisation d’extraits aromatiques. Les Romains les utilisèrent aussi sous forme d’onguents gras.

On attribue au médecin alchimiste persan Jabir Ibn Hayyan l’invention, au Xe siècle, de l’alambic. Les procédés d’extractions s’améliorèrent par la suite, les pharmacopées les utilisant surtout après le XVIe siècle. C’est à partir du XIXe siècle, que l’on commença à isoler et classifier les principes actifs des molécules odoriférantes ce qui permit leur utilisation spécifique.

L’école française du XXe siècle

En 1910, le chimiste René-Maurice Gattefossé (1881-1950) qui faisait des recherches en parfumerie, se brûla grièvement les mains, lors d’une explosion de laboratoire. Très gravement brûlé, et soigné selon les moyens de la médecine contemporaine, il fut rapidement atteint de gangrène gazeuse. En dernier recours, retirant ses bandages, il appliqua sur ses plaies infectées de l’huile essentielle de lavande. Selon la légende, les résultats furent stupéfiants, et confirmèrent son intuition : l’essence de lavande possédait de réelles propriétés antiseptiques et cicatrisantes1. Dès lors, il consacra une partie de ses recherches aux propriétés des huiles essentielles.

Il est à l’origine du néologisme « aromathérapie », devenu peu après un mot courant2.

Dans les années 1960, le docteur Jean Valnet (1920-1995) reprit les travaux de Gattefossé et publia des ouvrages de référence (Aromathérapie, Traitement des maladies par les essences des plantes, 1964). Ils sont tous les deux considérés comme les pères de l’aromathérapie moderne.

Par la suite, Pierre Franchomme, avec la notion de chémotype contribua à améliorer l’identification des principes actifs dans les extraits utilisés.

À la fin du XXe siècle, au même titre que l’ensemble de la pharmacognosie, l’aromathérapie bénéficia de l’avancée des méthodes d’analyses, en particulier de la chromatographie. La distinction précise des composés aromatiques permit à la médecine de mieux appréhender leurs mécanismes d’action, et d’affiner leur prescription.

Généralités

L’aromathérapie est pratiquement toujours associée à la phytothérapie, dans l’arsenal thérapeutique, le terme « phyto-aromathérapie » est d’ailleurs employé par les spécialistes3.

Le terme d’aromathérapie recouvre des pratiques médicales très variées utilisant les huiles essentielles par exemple sous forme d’onction (dissolution dans une huile), de crème ou de lotion (émulsion huile dans l’eau) pour l’usage externe. La dispersion dans du miel ou dans de l’huile alimentaire ou simplement sur un sucre est habituelle pour l’administration par la voie orale. La mise en gélules peut être aussi réalisée. Les aérosols obtenus par nébulisation des huiles essentielles sont plus rarement utilisés, mais la dispersion dans l’atmosphère d’une pièce obtenue grâce à l’utilisation de diffuseurs spéciaux est très répandue. L’emploi de suppositoires est très utile pour certaines applications thérapeutiques, mais est généralement réservée au corps médical.

Les huiles essentielles sont des transformations de plantes cultivées ou sauvages nécessitant beaucoup de main d’œuvre agricole pour les récoltes et les cueillettes. Elles sont donc coûteuses et recherchées. Elles sont donc aussi souvent frelatées par adjonction d’huiles de mauvaise qualité ou par l’adjonction de produits de synthèse bien moins onéreux. L’huile essentielle d’eucalyptus contient plusieurs dizaines de substances. Alors on vend de l’eucalyptol de synthèse (1,8 cinéol) qui coûte dix fois moins que l’huile essentielle d’eucalyptus. Les huiles essentielles se dégradent vite si elles sont mal conservées (lumière, oxygène de l’air, température). Se procurer des huiles essentielles et s’assurer de leur qualité est un métier complexe qui demande de l’expérience. En France, comme dans la plupart des pays européens, ni la production, ni la vente des huiles essentielles, ni la pratique de l’aromathérapie ne sont règlementées. Il est donc très important de se procurer des huiles essentielles de qualité garantie et de s’adresser à des personnes qualifiées en aromathérapie.

Les usages les plus courants des huiles essentielles sont :

  • l’automédication de confort, le calme et la relaxation (bains, massages, cosmétiques) et la préparation à l’endormissement ;
  • une des composantes des médecines traditionnelles et de la naturopathie : Ayurveda, etc. ;
  • une utilisation aromatique en psychologie.
    Parmi les utilisations en médecine conventionnelle ou non :
  • la désinfection et la cicatrisation des plaies ou le traitement de traumatismes : brûlures, etc.
  • la complémentation à un traitement médical chronique ;
  • la dermatologie et la cosmétique dermatologique.
    En aromathérapie on limite toujours les traitements à base d’huiles essentielles pour les très jeunes enfants (immaturité enzymatique du nourrisson), pour les femmes enceintes (surtout au cours des trois premiers mois lorsque les tissus sont en formation) et pour les personnes allergiques (asthmatiques, etc.). Pour les animaux de production et les animaux de compagnie, l’aromathérapie doit être adaptée, car certaines espèces ne possèdent pas certains systèmes enzymatiques de métabolisation. La pratique de l’aromathérapie nécessite toujours l’avis d’un professionnel averti.

Certaines huiles essentielles sont très bien tolérées pures sur la peau, mais elles sont l’exception. Certaines huiles essentielles sont dermocaustiques, c’est-à-dire qu’elles irritent ou altèrent la peau. La plupart des huiles essentielles nécessitent d’être diluées au 1/5 (concentration importante, réservée à la pratique médicale) le plus souvent au 1/10 voire au 1/20 ou au 1/100 (concentration faible, courante pour l’utilisation des huiles essentielles en cosmétologie4) c’est-à-dire de 20 %, 10 %, 5 % ou 1 % V/V ou W/W dans une huile végétale (d’amande douce, d’avocat, d’argan, de macadamia, etc.)ou dans un excipient lipophile (crème, lait). Certaines huiles essentielles se potentialisent mutuellement et sont donc plus efficaces en association. Les formules associant différentes huiles essentielles dans certaines indications, telles celles reprises dans la littérature spécialisée ont donc un sens.

Si les activités antibactériennes et anti-infectieuses des huiles essentielles sont aujourd’hui scientifiquement démontrées5,6,7, d’autres activités pharmacologiques font encore l’objet de recherches.

Indications thérapeutiques

Les propriétés des huiles essentielles sont multiples8 :

  • anti-infectieuses : antibactériennes (dues au carvacrol, au thymol, à l’eugénol, à l’aldéhyde cinnamique, aux monoterpénols, etc.), antimycotiques (dues aux alcools et aux lactones sesquiterpéniques), antivirales (dues aux monoterpénols, monoterpénals, etc.), antiparasitaires (dues aux phénols, à l’ascaridole, etc.), insectifuges et insecticides (citronnelle de Ceylan, camphre du camphrier du Japon, etc.)
  • anti-inflammatoires (dues aux aldéhydes, au chamazulène, etc.)
  • anticatarrhales : expectorantes (dues au 1,8-cinéol), mucolytiques (dues aux molécules cétoniques et aux lactones)
  • anti-histaminiques
  • antispasmodiques (dues aux éthers et aux esters)
  • antalgiques, analgésiques et anesthésiques
  • calmantes, hypnotiques et anxiolytiques
  • propriétés endocrinorégulatrices : comme les œstrogènes, comme la cortisone, etc.
  • propriétés vasculotropes et hémotropes : hyperémiantes, phlébotoniques, lymphotoniques, anticoagulantes (dues aux coumarines) et fibrinolytiques, antihématomes (HE d’hélichryse italienne), hémostatiques, hypotensives
  • propriétés digestives : eupeptiques, carminatives, cholagogues et cholérétiques (dues à la menthone, la carvone et la verbénone)
  • antitoxiques
  • antivenimeuses
  • antirhumatismales
  • stimulantes ou apaisantes
  • aphrodisiaques
  • etc.
    La composition chimique (chémotype) des huiles essentielles varie en fonction du pays de récolte, de l’altitude, de l’ensoleillement, des conditions de récolte, de la qualité de la distillation, de l’entreposage : ces facteurs peuvent modifier leurs propriétés.

Effets indésirables des huiles essentielles

Les huiles essentielles (HE) sont des molécules actives, elles peuvent avoir des effets indésirables graves. Il est important de respecter la posologie et la durée de la prise.

Citons9 :

  • propriétés vésicantes et nécrosantes ;
  • propriétés allergisantes ou hypersensibilisantes ;
  • propriétés photosensibilisantes (par exemple dues aux furocoumarines). Celles-ci sont présentes dans toutes les essences extraites du zeste des citrus : citron, mandarine, bergamote, etc. Toutefois, à cause du poids moléculaire des furocoumarines responsables des effets phototoxiques et photosensibilisants, les essences distillées n’en contiennent pas et ne comportent pas ce risque. En effet, bien que la plupart de ces essences soient extraites par expression à froid, et contiennent des furocoumarines (bergaptène, etc.), il est possible d’obtenir ces mêmes essences distillées, et donc sans danger pour la peau ;
  • propriétés neurotoxiques (par exemple dues aux cétones) ;
  • propriétés néphrotoxiques (par exemple dues aux terpènes majoritaires dans l’essence de térébenthine, rameaux de genévriers, etc.) ;
  • propriétés hépatotoxiques (par exemple dues aux phénols pris pendant un temps trop long, ou à doses massives) ;
  • etc.
    Les accidents plus ou moins graves qui se sont multipliés ces dernières années avec la vulgarisation grandissante des huiles essentielles ont posé le problème de la formation du public qui peut se procurer ces substances en vente libre et directe. Si certaines huiles comme la lavande ou le tea tree présentent un seuil de toxicité relativement élevé, d’autres peuvent contenir des substances neurotoxiques ou abortives dès les premiers niveaux de surdosage.

Les huiles essentielles suivantes sont toxiques, le non-spécialiste ne devrait pas les utiliser10. Les huiles essentielles d’estragon, de gaulthérie et d’origan sont cependant d’usage autorisé sous l’avis d’un spécialiste ou l’accompagnement d’un professionnel de la santé11 :

Méthodes d’administration des huiles essentielles

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). 

Bénéficiant d’une haute diffusibilité (composés volatils et lipophiles), les huiles essentielles peuvent être employées de quatre manières différentes, en fonction de leur nature, de leur dosage et de l’effet recherché.

  • La diffusion atmosphérique : C’est l’utilisation la plus facile, mais il faut utiliser uniquement un diffuseur adapté, soit qui permet une micro diffusion, ou un diffuseur dont la température de diffusion est située entre 35 et 60 °C maximum. Éviter le brûle-parfum dont la température obtenue peut être supérieure à 100 °C : cette température accélère l’oxydation et altère les propriétés des huiles essentielles[réf. souhaitée]. Il ne faut pas laisser le diffuseur atmosphérique actif en permanence : environ dix minutes par heure sont suffisantes. Mais il faut savoir que la diffusion peut être contre-indiquée pour les personnes souffrant d’allergies respiratoires (asthme)[réf. souhaitée].
  • L’inhalation : il suffit d’ajouter quelques gouttes d’huile essentielle à un bol d’eau chaude (non bouillante) et d’en respirer les vapeurs, une serviette sur la tête. Une inhalation sèche est aussi possible en déposant quelques gouttes sur un mouchoir propre que l’on respirera profondément.
  • La voie transcutanée (massages ou bains) : peu d’huiles peuvent être appliquées pures sur la peau. Certaines huiles essentielles étant particulièrement agressives, car très riches en phénols, il est indispensable de les diluer dans une huile végétale. Pour le bain, les huiles essentielles n’étant pas hydrosolubles, elles doivent être utilisées avec un dispersant spécifique : lait, œuf, alcool, etc.
  • La voie orale : si ce mode d’utilisation peut être le plus efficace, il est en revanche potentiellement dangereux car nombre d’huiles essentielles sont toxiques, notamment celles riches en cétones et en lactones. D’autres, riches en phénols sont hépatotoxiques et doivent être prises avec des huiles essentielles hépatoprotectrices et sur du court terme. C’est la voie la plus indiquée pour un « drainage hépatique[Quoi ?] »[réf. nécessaire].
    Recherches médicales sur l’utilisation des huiles essentielles

À ce jour, plusieurs études médicales concernant les huiles essentielles ont été publiées, et leurs conclusions sont très variables.[réf. nécessaire] Plusieurs domaines d’application ont été étudiés : propriétés antiseptiques, antinauséeuses, amélioration du confort du patient, etc12[réf. insuffisante].

Aromathérapie moléculaire

Si l’on s’éloigne quelque peu de la conception classique du terme aromathérapie, les extraits aromatiques de plantes sont très étudiés en pharmacognosie moderne. La recherche de nouvelles molécules thérapeutiques, la synthèse de molécules existantes, ou la limitation des effets secondaires font que l’on retrouve de nombreuses molécules aromatiques dans les médicaments. La découverte du paclitaxel (Taxol) extrait de l’écorce de l’if en est un bon exemple. Il est devenu un des médicaments de base dans le traitement du cancer du sein13.

Controverses

Si l’efficacité anti-bactérienne de certaines huiles essentielles est reconnue5,6,7, les controverses portent surtout sur leurs indications thérapeutiques, leur champ de compétence, leur efficacité et sur les méthodes d’administration14.

Lorsqu’elle est utilisée dans une approche holistique, l’aromathérapie en partage les controverses15,14.

Par rapport à d’autres médecines non conventionnelles, le fait que ses constituants de base puissent provoquer des troubles graves, pose le problème de la formation des prescripteurs.

En France, la pratique de l’aromathérapie n’est pas toujours encadrée par la loi, et n’importe qui peut se proclamer « aromathérapeute » sans la moindre formation (« accessible sans diplôme particulier » selon la fiche Rome K1103 de Pôle Emploi16).

De nombreuses facultés de pharmacie d’universités publiques françaises proposent des Diplômes universitaires (DU) en aromathérapie (Rennes 1, Tours, Bourgogne, Paris Descartes, Strasbourg...) réservés aux professionnels de santé (médecins, pharmaciens, vétérinaires...). Cependant plusieurs écoles privées proposent aussi des formations dans ce domaine qui ne sont pas reconnues par l’État. En conséquence, de nombreux professionnels de santé proposent l’aromathérapie à leurs patients, sur des bases scientifiques solides, et dans le cadre réglementé de l’exercice de leur profession, mais il existe aussi des pratiques non régulées et empiriques pouvant être proposées par des professionnels sans formation médicale.

Voir l’article complet avec Notes et références, ainsi que la Bibliographie à lasource suivante : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aromath%C3%A9rapie

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3.
Résistance aux antibiotiques - Aide-mémoire de l’OMS - Octobre 2016

Résistance aux antibiotiques - Principaux faits

  • La résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement.
  • Elle peut toucher toute personne, à n’importe quel âge et dans n’importe quel pays.
  • La résistance aux antibiotiques est un phénomène naturel mais le mauvais usage de ces médicaments chez l’homme et l’animal accélère le processus.
  • Un nombre croissant d’infections, comme la pneumonie, la tuberculose ou la gonorrhée, deviennent plus difficiles à traiter les antibiotiques utilisés pour les soigner perdant leur efficacité.
  • La résistance aux antibiotiques entraîne une prolongation des hospitalisations, une augmentation des dépenses médicales et une hausse de la mortalité.
    Introduction

Les antibiotiques sont des médicaments utilisés pour traiter et prévenir les infections bactériennes. La résistance survient lorsque les bactéries évoluent en réponse à l’utilisation de ces médicaments.

Ce sont les bactéries, et non les êtres humains ou les animaux, qui deviennent résistantes. Elles peuvent alors provoquer chez l’homme ou l’animal des infections plus difficiles à traiter que celles dues à des bactéries non résistantes.

La résistance aux antibiotiques entraîne une augmentation des dépenses médicales, une prolongation des hospitalisations et une hausse de la mortalité.

Il faut d’urgence changer dans le monde entier la façon dont nous prescrivons et utilisons ces médicaments. Même si l’on met au point de nouveaux antibiotiques, la résistance demeurera une grave menace sans une modification des comportements. Cette évolution doit comporter des mesures pour réduire la propagation des infections, notamment par la vaccination, le lavage des mains, les rapports sexuels à moindre risque et une bonne hygiène alimentaire.

Ampleur du problème

La résistance aux antibiotiques atteint désormais des niveaux dangereusement élevés dans toutes les régions du monde. De nouveaux mécanismes de résistance apparaissent et se propagent dans le monde entier, compromettant notre capacité à traiter les maladies infectieuses courantes. Pour un nombre croissant d’infections, comme la pneumonie, la tuberculose, la septicémie et la gonorrhée, le traitement devient plus difficile, voire impossible parfois, du fait de la perte d’efficacité des antibiotiques.

Dans les pays où ils sont délivrés sans ordonnance pour l’homme ou l’animal, le problème de l’émergence et de la propagation des résistances est encore pire. De même, dans les pays dépourvus de guides thérapeutiques normalisés, les antibiotiques sont prescrits de manière excessive par les agents de santé et les vétérinaires et surconsommés par le grand public.

Si nous ne prenons pas des mesures d’urgence, nous entrerons bientôt dans une ère postantibiotique dans laquelle des infections courantes et de petites blessures seront à nouveau mortelles.

Prévention et lutte

L’usage abusif ou excessif des antibiotiques accélère le phénomène de la résistance, de même que de mauvaises pratiques de prévention et de lutte contre l’infection. On peut prendre des mesures à tous les niveaux de la société pour réduire l’impact et limiter la propagation des résistances.

Au niveau individuel

Pour prévenir et combattre la propagation de la résistance aux antibiotiques, vous pouvez :

  • n’utiliser ces médicaments que s’ils sont prescrits par un professionnel de santé qualifié ;
  • ne jamais exiger d’antibiotiques si votre agent de santé vous dit que vous n’en avez pas besoin ;
  • toujours respecter les conseils du soignant lorsque vous utilisez des antibiotiques ;
  • ne jamais partager vos antibiotiques avec d’autres personnes ou utiliser les médicaments qui vous restent ;
  • prévenir les infections en vous lavant régulièrement les mains, en suivant les règles d’hygiène pour la préparation de la nourriture, en évitant les contacts proches avec des malades, en ayant des rapports sexuels à moindre risque et en se tenant à jour des vaccinations.
    Les responsables politiques

Pour éviter et combattre la propagation de la résistance aux antibiotiques, ils peuvent :

  • veiller à mettre en place un plan d’action national robuste pour endiguer la résistance aux antibiotiques ;
  • améliorer la surveillance des infections résistantes aux antibiotiques ;
  • renforcer les politiques, les programmes et la mise en œuvre des mesures de prévention et de lutte contre les infections ;
  • réglementer et favoriser l’usage rationnel et la mise à disposition de médicaments de qualité ;
  • diffuser les informations sur l’impact de la résistance aux antibiotiques.
    Les professionnels de santé

Pour prévenir et combattre la propagation de la résistance aux antibiotiques, ils peuvent :

  • faire de la prévention en veillant à la propreté des mains, des instruments et de leur environnement ;
  • ne prescrire et délivrer des antibiotiques que quand ils sont nécessaires, en application des directives en vigueur ;
  • signaler les infections résistantes aux antibiotiques aux équipes de surveillance ;
  • parler à leurs patients de la prise correcte des antibiotiques, des résistances et des dangers d’un usage abusif ;
  • parler à leurs patients de la prévention des infections (par exemple, par la vaccination, le lavage des mains, les rapports sexuels à moindre risque ou en se couvrant la bouche et le nez pour éternuer).
    Le secteur des soins de santé

Pour prévenir et combattre la propagation de la résistance aux antibiotiques, il peut :

  • investir dans la recherche et le développement de nouveaux antibiotiques, vaccins, produits de diagnostic et autres outils.
    Le secteur agricole

Pour prévenir et combattre la propagation de la résistance aux antibiotiques, il peut :

  • ne donner des antibiotiques aux animaux que sous contrôle vétérinaire ;
  • ne pas utiliser les antibiotiques comme facteurs de croissance ou pour la prévention des maladies ;
  • vacciner les animaux pour réduire le besoin d’antibiotiques et utiliser des solutions de remplacement à ces médicaments s’il en existe ;
  • promouvoir et appliquer les bonnes pratiques à chaque étape de la production et de la transformation des aliments d’origine animale et végétale ;
  • augmenter la sécurité biologique dans les exploitations agricoles pour éviter les infections en améliorant l’hygiène et le bien-être des animaux.
    Évolution récente

Bien que de nouveaux antibiotiques soient en cours de développement, aucun d’entre eux ne sera sans doute efficace contre les formes les plus dangereuses de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Compte tenu de la facilité et de la fréquence des déplacements dans le monde actuel, la résistance aux antibiotiques est un problème mondial, qui exigera des efforts de la part de tous les États et de nombreux secteurs.

Impact

Lorsqu’une infection ne peut plus être traitée par un antibiotique de première intention, on doit recourir à des médicaments plus coûteux. De plus, la prolongation de la maladie et du traitement, souvent dans le cadre d’une hospitalisation, accroît les dépenses de santé, ainsi que la charge financière pesant sur les familles et la société.

La résistance aux antibiotiques compromet les acquis de la médecine moderne. En l’absence d’antibiotiques efficaces pour prévenir et traiter les infections, les transplantations d’organes, la chimiothérapie et certaines interventions chirurgicales telles que les césariennes deviendront beaucoup plus dangereuses.

Action de l’OMS

L’OMS accorde une grande priorité à la lutte contre la résistance aux antibiotiques. Un Plan d’action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens, qui inclut la résistance aux antibiotiques, a été approuvé par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2015. Il vise à préserver notre capacité de prévenir et traiter les maladies infectieuses à l’aide de médicaments sûrs et efficaces.

Ce plan d’action mondial définit 5 objectifs stratégiques :

  • améliorer la sensibilisation et la compréhension du phénomène de résistance aux antimicrobiens ;
  • renforcer la surveillance et la recherche ;
  • réduire l’incidence des infections ;
  • optimiser l’usage des agents antimicrobiens ;
  • consentir des investissements durables pour combattre la résistance aux antimicrobiens.
    Conformément au plan d’action mondial, l’OMS aide les États Membres à élaborer leurs propres plans d’action nationaux pour combattre la résistance aux antimicrobiens.

Pour répondre au premier objectif, l’OMS mène une campagne mondiale pluriannuelle sur le thème « Antibiotiques : à manipuler avec précaution ». Son lancement a eu lieu lors de la première Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques en novembre 2015.

En septembre 2016, les Chefs d’État réunis lors de l’Assemblée générale des Nations Unies se sont engagés à adopter une approche coordonnée pour s’attaquer aux causes fondamentales de la résistance aux antimicrobiens dans plusieurs secteurs, en particulier la santé humaine, la santé animale et l’agriculture.

Les pays ont réaffirmé leur engagement à mettre au point des plans d’action nationaux sur la résistance aux antimicrobiens, sur la base du plan d’action mondial. L’OMS aide les États Membres à élaborer leurs propres plans d’action nationaux pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens.

Résistance aux antibiotiques

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4.
Résistance aux antibiotiques – Publication de l’INSERM Mai 2013

Dossier réalisé en collaboration avec le Pr Laurent Gutmann, Service de microbiologie de l’Hôpital Européen Georges Pompidou, Unité 872 Inserm/UPMC/Université Paris Descartes -.


Les antibiotiques ont permis de faire considérablement reculer la mortalité associée aux maladies infectieuses au cours du 20ème siècle. Hélas, leur utilisation massive et répétée a conduit à l’apparition de bactéries résistantes à ces médicaments. Ponctuelles au départ, ces résistances sont devenues préoccupantes et conduisent à la mise en place de diverses stratégies pour éviter les situations d’impasses thérapeutiques.


Les antibiotiques, la révolution médicale du 20ème siècle

Tubes d’échantillons, prélèvement de patients et boites antibiogramme sur paillasse. Laboratoire bactériologie de l’unité de recherche 914 Inserm ’Résistances Emergentes aux antibiotiques’, CHU hôpital du Kremlin Bicêtre (Val-de-Marne). © Inserm / P. Latron Tubes d’échantillons, prélèvement de patients et boites antibiogramme sur paillasse.

Les antibiotiques sont des molécules naturellement synthétisées par des microorganismes pour lutter contre des bactéries concurrentes de leur environnement. Il existe aujourd’hui plusieurs familles d’antibiotiques composées de molécules naturelles, semi-synthétiques ou de synthèse, qui s’attaquent spécifiquement à une bactérie ou un groupe de bactéries. Certains antibiotiques vont agir sur des bactéries comme Escherichia Coli dans les voies digestives et urinaires, d’autres sur les pneumocoques ou sur Haemophilus influenzae dans les voies respiratoires, d’autres encore sur les staphylocoques ou les streptocoques présents au niveau de la peau ou de la sphère ORL.

Les antibiotiques, spécifiques des bactéries
Les antibiotiques ne sont efficaces que sur les bactéries et n’ont aucun effet sur les champignons et les virus. Ils bloquent la croissance des bactéries en inhibant la synthèse de leur paroi, de leur matériel génétique (ADN ou ARN), de protéines qui leur sont essentielles, ou encore en bloquant certaines voies de leur métabolisme. Pour cela, ils se fixent sur des cibles spécifiques.

Largement utilisés depuis la seconde guerre mondiale, les antibiotiques ont permis de faire considérablement reculer la mortalité associée aux maladies infectieuses comme la tuberculose ou la peste au cours du 20ème siècle.


L’antibiorésistance, le revers de la médaille

L’efficacité remarquable des antibiotiques s’est accompagnée de leur utilisation massive et répétée en santé humaine et animale (voir encadré). Ce phénomène a généré une pression sur les bactéries, qui ont développé des systèmes de défense contre ces antibiotiques. On parle de pression de sélection, conduisant à l’apparition de résistances. La mauvaise utilisation des antibiotiques, passant par des traitements trop courts ou trop longs, parfois mal dosés, est également pointée du doigt.

Ponctuelles au départ, ces résistances sont devenues massives et préoccupantes. Certaines souches sont multirésistantes, c’est-à-dire résistantes à plusieurs antibiotiques. D’autres sont même devenues toto-résistantes, c’est-à-dire résistantes à tous les antibiotiques disponibles. Ce dernier cas est heureusement encore rare, mais le phénomène est en augmentation. Il place les médecins dans une impasse thérapeutique : dans ce type de situation, ils ne disposent plus d’aucune solution pour lutter contre l’infection.

Les animaux sont aussi des gros consommateurs d’antibiotiques
D’après l’OMS, au moins 50 % des antibiotiques produits dans le monde sont destinés aux animaux. Aux Etats-Unis, ces médicaments sont utilisés de façon systématique comme facteurs de croissance, une pratique interdite en Europe depuis 2006. Or, comme chez l’Homme, la surconsommation d’antibiotiques dans les élevages est responsable de l’apparition de résistances. Les bactéries multi-résistantes issues des élevages peuvent se transmettre à l’Homme directement ou via la chaîne alimentaire.

Résistance émergente aux antibiotiques. Interprétation de test. Laboratoire de recherche 914 Inserm ’Résistances Emergentes aux antibiotiques’, CHU hôpital du Kremlin Bicêtre (Val-de-Marne). © Inserm / P. Latron Interprétation de test.

La majorité des cas de résistances aux antibiotiques est retrouvée à l’hôpital, où environ la moitié des antibiotiques consommés par l’Homme en France est utilisée.

Il n’en reste pas moins que des résistances surviennent aussi en ville, au détour d’antibiothérapies ’apparemment anodines’ : sous la pression d’un banal traitement antibiotique par voie orale, une espèce bactérienne de la flore intestinale peut développer un mécanisme de résistance. La molécule va alors détruire la flore associée et laisser le champ libre à la bactérie résistante pour se développer. Le transfert par voie manuportée de ces bactéries résistantes devient ainsi plus facile, conduisant à leur diffusion de manière plus ou moins rapide, selon le niveau d’hygiène de la population.

Les BMR sous haute surveillance
En raison de leur fréquence élevée, de la gravité des infections dont elles sont responsables et de leur capacité à se diffuser, les bactéries multirésistantes (BMR) font l’objet d’un programme de surveillance et de prévention depuis le milieu des années 1990. L’Institut de veille sanitaire (InVS) coordonne notamment depuis 2002, une surveillance nationale des Staphylococcus aureus résistants à la méticilline (SARM) et des entérobactéries productrices de béta-lactamases à spectre étendu (BLSE) dans les établissements de santé.


De la résistance naturelle à la résistance acquise

La résistance aux antibiotiques peut s’exprimer au travers de plusieurs mécanismes : production d’une enzyme modifiant ou détruisant l’antibiotique, modification de la cible de l’antibiotique ou encore, imperméabilisation de la membrane de la bactérie.

Certaines bactéries sont naturellement résistantes à des antibiotiques. On parle de résistance innée. Leur patrimoine génétique les rend insensibles à un certain nombre d’agents. C’est par exemple le cas des Escherichia coli vis-à-vis de la vancomycine, ou encore de Pseudomonas aeruginosae face à l’ampicilline.

Plus préoccupant, le phénomène de résistance acquise entraine l’apparition subite d’une résistance à un ou plusieurs antibiotiques auxquels la bactérie était auparavant sensible. Ces résistances peuvent survenir via une mutation génétique affectant le chromosome de la bactérie, permettant à cette dernière de contourner l’effet délétère de l’antibiotique. Elles peuvent aussi être liées à l’acquisition de matériel génétique (plasmide)porteur d’un ou plusieurs gènes de résistance, en provenance d’une autre bactérie. Les résistances chromosomiques ne concernent en général qu’un antibiotique ou une famille d’antibiotiques. Les résistances plasmidiques peuvent quant à elles concerner plusieurs antibiotiques, voire plusieurs familles d’antibiotiques. Elles représentent le mécanisme de résistance le plus répandu, soit 80 % des résistances acquises.


L’antibiorésistance en chiffres

Certaines résistances posent plus spécifiquement problème à l’hôpital. C’est par exemple le cas pour les souches de Staphylococcus aureus résistantes à la méticilline (SARM), responsables d’infections diverses, pulmonaires et osseuses, ainsi que de septicémies, en particulier dans les unités plus sensibles (soins intensifs). Toutefois, des mesures spécifiques ont permis de réduire ces résistances en France (33 % en 2001, 21 % en 2010).

Pseudomonas aeruginosa, responsable de nombreuses infections nosocomiales, présente plus de 20 % de résistance aux carbapénèmes. Certaines souches toto-résistantes sont notamment retrouvées chez les patients atteints de mucoviscidose.

Acinetobacter baumanii est également redoutée à l’hôpital. La part des infections nosocomiales liées à cette bactérie résistante à l’imipenème est passée de 2 ou 3 % en 2008 à 11,1 % en 2011. Le phénomène est d’autant plus préoccupant que la persistance de cette bactérie dans l’environnement est impressionnante et qu’elle se développe préférentiellement chez des malades immunodéprimés et vulnérables.

En dehors des hôpitaux, on rencontre d’autres problèmes comme celui du pneumocoque résistant à la pénicilline, retrouvé dans de nombreuses infections ORL. Cette résistance, quasiment nulle il y a vingt ans, a atteint un pic à 48 % en 2002. Aujourd’hui, elle concerne 27 % des souches.

Le cas le plus préoccupant, en ville comme à l’hôpital, est celui des entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu (EBLSE). Leur fréquence est en augmentation constante depuis dix ans dans certaines espèces comme Escherichia coli ou Klebsiella pneumoniae qui sont devenues résistantes aux céphalosporines de troisième génération. A titre d’exemple, E. Coli responsable de nombreuses infections urinaires, est devenue très tôt résistante à l’amoxicilline. Cet antibiotique qui n’est donc plus utilisé en première intention a été remplacé par les céphalosporines de 2ème puis de 3ème génération (C3G). Aujourd’hui, en ville, 7 % des souches sont devenues résistantes à ces C3G. Les médecins doivent alors utiliser des antibiotiques ’de réserve’ : les carbapénèmes. Mais là encore, l’utilisation massive de ces derniers peut entraîner l’apparition de souches résistantes, plaçant les médecins en situation d’impasse thérapeutique. Ce phénomène est heureusement rare en France : sont concernées 0,03 % des souches pour l’espèce E. Coli (en 2010) et 0,16 % pour K. pneumoniae. En comparaison, cette proportion est bien plus élevée dans des pays tels que la Grèce (44 %) ou Chypre (17 %).


Un phénomène mondial

Enregistrement d’échantillons de patients sur feuille de suivi pour une recherche bactériologie. Laboratoire de recherche 914 Inserm ’Résistances Emergentes aux antibiotiques’, CHU hôpital du Kremlin Bicêtre (Val-de-Marne). © Inserm / P. Latron

Enregistrement d’échantillons de patients sur feuille de suivi pour une recherche bactériologie.

Ces phénomènes de résistance surviennent dans tous les pays du monde et sont particulièrement importants dans les pays où les niveaux d’hygiène sont faibles. Il existe un véritable gradient nord-sud, avec des taux plus faibles dans les pays du Nord. La proportion de SARM varie par exemple de moins de 1 % en Norvège et Suède, à plus de 25 % dans le sud de l’Europe (Espagne, Italie, Grèce, Portugal...). Ces différences résultent notamment de stratégies de prévention de la transmission et de l’importation de bactéries résistantes, ainsi que de stratégies de maîtrise de la consommation d’antibiotiques plus ou moins précoces et strictes.

Les rapatriés sous contrôle sanitaire
Compte tenu du risque d’importation de bactéries multi ou toto-résistantes, une circulaire du Haut conseil de la santé publique datant de 2010 a fixé de nouvelles règles d’accueil pour les patients rapatriés de l’étranger à l’hôpital. Ils font l’objet d’une procédure systématique de dépistage, puis de prise en charge et d’isolement si nécessaire.


Une lutte sans fin

La propagation des bactéries multirésistantes et l’absence de nouveaux antibiotiques font courir un risque d’impasse thérapeutique de plus en plus fréquent. Pour faire face à cette situation, l’idée n’est pas de trouver une solution permettant d’éviter l’apparition de résistances, car les bactéries trouveront toujours un moyen de s’adapter. Il convient plutôt de préserver le plus longtemps possible l’efficacité des antibiotiques disponibles. Des mesures élémentaires comme le lavage systématique des mains en sortant des toilettes restent fondamentales pour éviter la diffusion d’entérobactéries résistantes.


Réduire la consommation d’antibiotiques

Il est nécessaire de réduire la consommation d’antibiotiques pour baisser la pression de sélection qui pèse sur les bactéries. Grâce aux plans de rationalisation des prescriptions et aux campagnes de sensibilisation destinées au grand public, la consommation de ces médicaments a chuté de 16 % entre 2000 et 2009. La France reste cependant parmi les plus gros utilisateurs, et la consommation est légèrement repartie à la hausse depuis 2009.

Dans ce contexte, il est important que les médecins puissent distinguer les infections virales des infections bactériennes  : si l’infection est virale, l’antibiotique est inutile. Des tests de dépistage rapide existent pour les angines. Malheureusement, ils sont encore sous-utilisés en France.


Nouveaux antibiotiques

De nouveaux antibiotiques sont nécessaires pour lutter contre les bactéries multirésistantes. Mais les incitations publiques à une moindre consommation ont découragé les laboratoires pharmaceutiques d’investir dans cette voie de recherche et l’arrivée de nouveaux antibiotiques a fait cruellement défaut au cours des dernières années. C’est pourquoi l’Innovative Medicines Initiative (programme européen) a lancé en mai 2012 ’New Drugs 4 Bad Bugs, un programme de recherche disposant de 223 millions d’euros pour le développement de nouveaux médicaments. L’objectif est d’accélérer le développement clinique d’antibiotiques pour les bactéries résistantes prioritaires, notamment les entérobactéries.

L’activité reprend progressivement dans ce domaine : une céphalosporine de cinquième génération, la ceftaroline, efficace contre les S. aureus résistant à la méticilline (SARM) et les bactéries Gram positif, est par exemple d’arriver sur le marché européen en août 2012.


Autres voies thérapeutiques

Bactériophages. Les bactériophages (ou phages) sont des virus n’infectant que les bactéries, une guerre des microbes en quelque sorte. On les voit ici à l’assaut d’une bactérie de l’eau. On les voit ici à l’assaut d’une bactérie de l’eau. Les phages sont très utiles comme agents antimicrobiens, mais aussi comme outils de la recherche fondamentale, en biologie moléculaire. © Inserm / Lydia Lapchine

Bactériophages. Les bactériophages (ou phages) sont des virus n’infectant que les bactéries, une guerre des microbes en quelque sorte. On les voit ici à l’assaut d’une bactérie de l’eau.

Des chercheurs tentent d’inhiber l’action des enzymes bêta-lactamases produites par certaines bactéries, qui les rendent résistantes aux antibiotiques de la famille des bêta-lactamines (comme les céphalosporines de 3ème et de 4ème génération). Un tel inhibiteur est actuellement en cours de développement.

D’autres équipes tentent de développer des thérapies ’antivirulence’. L’objectif n’est plus de tuer la bactérie responsable de l’infection, mais de bloquer les systèmes qui la rendent pathogène pour l’Homme. Des antitoxines dirigées contre certaines toxines bactériennes sont à l’étude, ainsi qu’une molécule permettant de bloquer la cible du mécanisme de virulence du méningocoque. Toutefois, l’utilisation de ces produits est encore en phase expérimentale.

La phagothérapie est une autre voie intéressante, mais dans laquelle tout reste à faire. Elle consiste à éliminer les bactéries grâce à des phages. Ces derniers sont des virus qui infectent spécifiquement certaines bactéries, s’y reproduisent puis les détruisent en libérant les nouveaux phages produits. Cette spécificité permet d’éliminer les bactéries pathogènes sans affecter les autres, contrairement aux antibiotiques à spectre large qui sont couramment utilisés. Le développement industriel de cocktails de phages, préparés à l’avance ou ’sur-mesure’ pour lutter contre une bactérie spécifique, paraît complexe. Néanmoins, un essai visant à évaluer cette stratégie dans le traitement des infections cutanées provoquées par les bactéries Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa chez les patients brûlés a été lancé en juin 2013.


Pour aller plus loin


Communiqués de presse

Source : https://www.inserm.fr/thematiques/immunologie-inflammation-infectiologie-et-microbiologie/dossiers-d-information/resistance-aux-antibiotiques

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5.
La résistance aux antibiotiques d’après Wikipédia

La résistance aux antibiotiques ou antibiorésistance est la capacité d’un micro-organisme à résister aux effets des antibiotiques. C’est l’une des formes de la pharmacorésistance.

https://upload.wikimedia.org/wikipe...

Tests de résistance aux antibiotiques : une souche de bactérie cultivée en boîte de Petri est exposée à des disques blancs contenant chacun un antibiotique différent. À gauche, les bactéries sont sensibles à tous les antibiotiques testés (comme le montrent les anneaux sans bactéries autour des disques) alors que dans la boîte de droite, elles ne sont sensibles qu’à seulement trois des sept antibiotiques testés.

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Staphylococcus croissant dans la lumière d’un cathéter, cause possible de maladie nosocomiale

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Principe de la résistance aux antibiotiques

La sélection naturelle a doté les bactéries et virus de mécanismes de résistance ou d’adaptation face à certains stress (rayonnement UV, chaleur, froid...) et face à des molécules toxiques auxquelles elles sont confrontées dans leur environnement (métaux lourds, substances antibiotiques sécrétés par des animaux, plantes, bactéries ou champignons pour leur propre défense...). Or, la plupart des médicaments antibiotiques proviennent de ces mêmes plantes, bactéries ou champignons ou s’en inspirent. Des biocides synthétiques industriels et agroindustriels suscitent aussi des résistances virales et bactériennes susceptibles d’affecter l’agriculture (culture de plantes ou de champignons), la santé animale (santé des animaux sauvages, d’élevage, d’aquaculture ou domestiques) et la santé publique1.

On suppose que l’adaptation naît généralement de mutations génétiques aléatoires, ou fait suite à des échanges de gènes de résistances entre des bactéries (transformation génétique, transduction). La résistance provient souvent d’une perméabilité cellulaire sélectivement renforcée pour l’antibiotique, ou d’une activité enzymatique détruisant la molécule biocide, ou encore l’entrée dans une phase de sporulation du microorganisme. Certaines bactéries stressées échangent spontanément des gènes de résistances avec d’autres bactéries proches (échanges dits « horizontaux », car ne nécessitant pas de transmission descendante de mère à fille).

Il existe plusieurs niveaux de résistance aux antibiotiques : résistance naturelle (systématique), résistance habituelle ou courante, multirésistance (BMR : bactéries multirésistantes aux antibiotiques, porteuses de plusieurs gènes de résistance pour différents antibiotiques), haute résistance (BHR : bactéries hautement résistantes), l’ultra-résistance (BUR) et pan-résistance ou toto-résistance (BPR ou BTR).

La généralisation d’une résistance au sein d’une population de bactéries s’explique souvent par une exposition prolongée de cette population à l’antibiotique. La forte consommation humaine et vétérinaire d’antibiotiques en France en fait l’un des pays les plus touchés par l’antibiorésistance2. Selon un rapport AESA-ECDC publié début 2016, l’antibiorésistance tue environ 25 000 personnes par an en Europe, et un grand nombre de volailles sont encore en 2015 contaminées par des antibiotiques et porteuses de bactéries résistantes (poulets et dindes étant les plus concernés)3,4.

Article complet à découvrir sur le site suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sistance_aux_antibiotiques

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6.
La résistance aux antibiotiques selon l’Institut Pasteur

Les antibiotiques sont des médicaments qui servent à lutter contre les infections dues à des bactéries. Les bactéries résistantes sont devenues insensibles à ces drogues. On parle donc de résistance aux antibiotiques. En Europe, le Centre européen de contrôle des maladies évalue à 25 000 le nombre de décès par an résultants de la résistance aux antibiotiques. En France, en dépit d’un Plan national pour préserver l’efficacité des antibiotiques, la consommation d’antibiotiques reste anormalement élevée.

25 000 décès par an résultants de la résistance aux antibiotiques en Europe.

Les gènes de résistance peuvent s’échanger à très haute fréquence, jusqu’à une bactérie sur 100.

Causes et effets Epidémiologie Prise de conscience d’une crise annoncée Prévention et lutte contre l’antibiorésistance A l’Institut Pasteur Voir toutes les fiches maladies

Les antibiotiques sont des médicaments qui servent à lutter contre les infections dues à des bactéries : les pneumonies, bronchites, otites, méningites, infections urinaires, septicémies, maladies sexuellement transmissibles…. C’est une des découvertes les plus importantes de la médecine qui a sauvé et qui sauve des millions de vies chaque année, mais leur efficacité est menacée car les bactéries peuvent s’adapter et résister au traitement. Les antibiotiques tuent les bactéries, ou bloquent leur prolifération. Les bactéries résistantes sont devenues insensibles à ces drogues. On parle de résistance aux antibiotiques ou aux antibactériens.

Les bactéries résistantes provoquent chez l’homme ou l’animal des infections plus difficiles à traiter que celles dues à des bactéries non résistantes (aussi dites bactéries « sensibles »). Des bactéries peuvent être résistantes à un ou à plusieurs antibiotiques on parle alors de bactéries multirésistantes ou BMR. Dans des cas extrêmes, heureusement encore très rares, une bactérie peut être résistante à tous les antibiotiques utilisables chez l’homme. Elle est dite alors pan-résistante et peut entrainer un échec thérapeutique. Les BMR les plus inquiétantes sont les entérobactéries multirésistantes – les entérobactéries comme Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae sont des bactéries du tube digestif responsables d’un très grand nombre d’infections ; les staphylocoques dorés résistants à la méthicilline, les bacilles tuberculeux multirésistants, ou encore le bacille pyocyanique et les Acinetobacter baumanii qui sont, des bactéries infectant les poumons de personnes atteintes de mucoviscidose et qui sont responsables d’infections nosocomiales (acquises en milieu de soin de santé, en particulier les hôpitaux et les cliniques).

Causes et effets

La résistance aux antibiotiques d’une bactérie peut résulter soit d’une mutation soit de l’acquisition d’un gène de résistance conférant la résistance à un ou plusieurs antibiotiques. Les bactéries ont en effet la capacité à s’échanger des gènes. Ces échanges sont particulièrement problématiques dans le cas de la résistance aux antibiotiques. En effet si l’acquisition de la résistance par mutation est un phénomène rare, de l’ordre d’une bactérie sur un milliard, les gènes de résistance peuvent s’échanger à très haute fréquence, jusqu’à une bactérie sur 100.

La résistance aux antibiotiques n’est pas spécifique aux bactéries responsables de maladie. Elle touche également les bactéries bénéfiques et non pathogènes qui nous colonisent et constituent notre microbiome. Ces bactéries résistantes représentent alors un réservoir de gènes de résistance qui pourront être transmis à des bactéries pathogènes. On distingue les antibiotiques à large spectre qui peuvent tuer une très grande diversité d’espèces bactériennes et les antibiotiques ciblés à spectre d’hôte restreint. Lorsque l’espèce bactérienne responsable d’une infection est connue, il est préférable d’utiliser un antibiotique ciblé qui aura moins d’effet sur le microbiome et le développement de résistance.

La prise d’antibiotique va altérer notre microbiome et contribuer à augmenter ce réservoir de gènes de résistance que nous portons. Ceci en cas d’infection bactérienne, mais également d’infection virale, comme le rhume ou la grippe contre lesquelles les antibiotiques n’ont aucune action. Le microbiome nous protège contre les infections, c’est l’effet barrière. L’altération du microbiome appelé aussi dysbiosis diminue cet effet barrière. La prise inutile d’un antibiotique a donc un double effet négatif pour un individu en favorisant la colonisation par des bactéries résistantes et donc un risque d’une infection ultérieure difficile à traiter et l’altération du microbiome.

Le sous-dosage d’un antibiotique qui peut résulter d’une interruption précoce du traitement ou de médicaments frauduleux vendus dans certains pays à bas revenu contribue également à la sélection des bactéries résistantes.

Un phénomène global. La résistance aux antibiotiques touche tous les pays mais avec des niveaux variables, notamment selon leur niveau de consommation d’antibiotiques. Les bactéries résistantes sont également présentes chez les animaux et dans l’environnement. La médecine humaine, la médecine vétérinaire et la contamination de l’environnement par des antibiotiques contribuent donc à l’augmentation de résistance. De plus, les bactéries résistantes et les gènes de résistance peuvent se transmettre entre l’homme, les animaux et l’environnement. Ainsi, l’utilisation d’antibiotiques en médecine vétérinaire et le rejet d’antibiotiques dans l’environnement contribuent à l’apparition de nouvelles souches bactériennes multirésistantes.

Epidémiologie

En Europe, le Centre européen de contrôle des maladies (ECDC) évalue à 25 000 le nombre de décès par an résultants de la résistance aux antibiotiques. Une surmortalité équivalente est observée aux Etats Unis par le CDC d’Atlanta. Les données manquent pour les pays à bas revenu, mais l’augmentation de la résistance dans ces pays, associée au manque d’accès à des antibiotiques sûrs - lorsqu’ils sont nécessaires -, sont probablement responsables de très nombreux décès. L’augmentation de la résistance sera responsable d’une augmentation dramatique de ces chiffres comme cela a été modélisé dans le rapport de Lord J. O’Neil sur l’impact de la résistance aux antibiotiques d’ici 2050.

Prise de conscience d’une crise annoncée

Le 30 avril 2014, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié son premier rapport mondial sur la résistance aux antimicrobiens - dont la résistance aux antibiotiques - qui souligne que « cette grave menace n’est plus une prévision, mais bien une réalité dans chaque région du monde, et que tout un chacun, quels que soient son âge et son pays, peut être touché ». Ajoutant que, si rien n’est fait, le monde s’achemine vers une ère postantibiotiques, « où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer ». Ce problème est considéré comme une urgence pour cette organisation internationale qui a publié le 27 février 2017 une liste de bactéries contre lesquelles il est urgent d’avoir de nouveaux antibiotiques.

En France, au début des années 2000, le Plan national pour préserver l’efficacité des antibiotiques a permis la mise en place d’une surveillance de la résistance bactérienne aux antibiotiques, sous l’égide de Santé Publique France (anciennement l’Institut de veille sanitaire - InVS). Dans un bilan des données de surveillance, publié en novembre 2015, les autorités sanitaires françaises rappellent que « l’utilisation massive et répétée d’antibiotiques en santé humaine et animale génère au fil du temps une augmentation des résistances bactériennes. En effet, les antibiotiques agissent non seulement sur leur cible spécifique, la bactérie responsable de l’infection à traiter, mais également, pour la majorité d’entre eux, sur d’autres cibles telles que les bactéries commensales du tube digestif qui sont des bactéries utiles et non pathogènes. ». Malgré ce plan la consommation d’antibiotiques en France reste anormalement élevée. Ainsi en médecine de ville la prescription est deux fois plus importante en France qu’en Allemagne ou en Angleterre deux pays socio-économiquement comparables.

Le 18 novembre a été déclarée comme la journée Européenne de sensibilisation à la surconsommation des antibiotiques. A l’occasion de cette journée, Santé publique France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), ont publié en 2016 unétat des lieux de la consommation et de la résistance aux antibiotiques en France.

Prévention et lutte contre l’antibiorésistance

Deux stratégies sont développées, conjointement par les chercheurs des secteurs publics et privés, les cliniciens et les acteurs de santé publique, pour prévenir cette crise de la résistance aux antibiotiques et le spectre d’un retour à une médecine sans antibiotique efficace.

  • Tout d’abord, il est essentiel de limiter voire inverser l’augmentation de la résistance aux antibiotique et contrôler les réservoirs de résistance. D’où la nécessité de mieux comprendre comment les bactéries résistantes et les gènes de résistance se disséminent globalement, et comment ces bactéries peuvent remplacer les bactéries sensibles. Il est également essentiel de bien caractériser le mode d’action des antibiotiques et leur combinaison au site de l’infection pour les différentes espèces bactériennes pathogènes. Ces recherches permettent d’utiliser au mieux les antibiotiques existant actuellement en réduisant leur consommation.
  • La seconde stratégie consiste à rechercher de nouveaux antibiotiques qui sont efficaces sur les bactéries résistantes. Développer un antibiotique efficace est un processus long et de plus en plus complexe. Il doit tuer les bactéries, tout en ayant des effets indésirables minimum sur le patient. Il ne doit pas être détruit rapidement par notre métabolisme et doit être actif au site de l’infection. L’apparition de bactéries résistantes pour cette nouvelle molécule doit être un phénomène exceptionnel.
    Il est nécessaire d’éviter l’usage abusif ou excessif des antibiotiques, qui accélère le phénomène de résistance, action qui doit mobiliser chacun individuellement et dont se saisissent les pouvoirs publics, les professionnels de santé, le secteur des soins de santé. Il faut souligner que l’effet négatif, à long terme, de la consommation d’antibiotiques lorsqu’ils ne sont pas nécessaires est à la fois individuel et collectif. Ce contrôle des antibiotiques ne se limite pas à la médecine humaine mais aussi au secteur animal et en particulier à l’élevage. D’après l’OMS, la moitié des antibiotiques sont, dans le monde, destinés aux animaux. Dans de nombreux pays, des antibiotiques en dose faible sont toujours donnés aux animaux d’élevage pour accélérer leur croissance et leur prise de poids. Cette pratique, interdite dans l’Union Européenne contribue au développement de résistances qui peuvent ensuite être transmises à l’homme. En France, le plan ÉcoAntibio, mis en place en 2011, a permis en cinq ans une diminution de 20 % de l’exposition globale des animaux aux antibiotiques.

L’hygiène est toujours un moyen d’éviter les infections, et donc les traitements antibiotiques a posteriori. Les phénomènes de résistance surviennent dans tous les pays du monde mais sont surtout observés dans les pays où les niveaux d’hygiène sont faibles. En France, un contrôle très précis du portage des BMR est réalisé dans les hôpitaux lors de l’arrivée d’un nouveau patient. Ces analyses de laboratoire associées à des règles très strictes d’hygiène permettent de limiter les cas épidémiques.

Rappelons que la vaccination contre les infections bactériennes est un moyen d’éviter la maladie, donc le traitement antibiotique éventuel, qui pourrait se révéler inefficace du fait d’une antibiorésistance. Elle permet également d’éviter l’effet indésirable des antibiotiques sur notre microbiome. Le vaccin contre le pneumocoque a permis par exemple une diminution très significative de la résistance aux antibiotiques pour cette espèce.

Face à l’augmentation des résistances bactériennes aux antibiotiques et à la difficulté de concevoir de nouvelles molécules efficaces des stratégies alternatives sont envisagées. La phagothérapie connaît depuis quelques années un regain d’intérêt de la communauté scientifique. Cette alternative à l’utilisation des antibiotiques est une voie intéressante qui consiste à éliminer les bactéries grâce à des virus spécifiques (appelés phages) tuant sphériquement les bactéries d’une espèce. Cette technique ciblée résulte de la découverte, en 1917, à l’Institut Pasteur, des bactériophages par le microbiologiste Félix d’Hérelle.

Un plan d’action mondial, lancé par l’OMS en mai 2015, vise à préserver notre capacité de prévenir et traiter les maladies infectieuses à l’aide de médicaments sûrs et efficaces. Il consiste à :

  • améliorer la sensibilisation et la compréhension du phénomène de résistance aux antimicrobiens ;
  • renforcer la surveillance et la recherche ;
  • réduire l’incidence des infections ;
  • optimiser l’usage des agents antimicrobiens ;
  • consentir des investissements durables pour combattre la résistance aux antimicrobiens.
    A l’Institut Pasteur

Le Réseau international des instituts Pasteur, dont l’Institut Pasteur à Paris, est impliqué sur toutes les composantes de la recherche sur les antibiotiques et sur la résistance à ces médicaments. Au travers de ce réseau, ils contribuent à la surveillance globale de la résistance et développent des programmes de recherche pour comprendre et modéliser la dissémination des souches résistantes ainsi que le lien entre résistance et virulence.

Ces programmes associent l’épidémiologie, la génomique et la bioinformatique pour non seulement décrire ces phénomènes, mais en disséquer les mécanismes. Des laboratoires étudient également les mécanismes d’échange de gènes de résistance entre les bactéries. Pour trouver de nouveaux antibiotiques, des équipes pasteuriennes étudient la biosynthèse de l’enveloppe bactérienne, qui représente une cible privilégiée de nombreux antibiotiques, et recherchent de nouvelles cibles.

Ces connaissances sont la base pour la recherche de molécules actives dans des banques de molécules de structure très diverses ou parmi des produits naturels. L’Institut Pasteur développe aussi des stratégies de lutte alternatives pour cibler les BMR comme la phagothérapie, les peptides antimicrobiens ou le détournement du système CRISPR, véritable système immunitaire bactérien, pour tuer spécifiquement les bactéries résistantes.

Le programme de recherche Combattre la résistance aux antibiotiques rassemble plus de 40 équipes multidisciplinaires du Réseau international des instituts Pasteur. Ces projets de lutte contre la résistance sont organisés autour de sept axes principaux de recherche.

  • Epidémiologie – santé mondiale et modélisation mathématique de la dissémination de la résistance aux antibiotiques.
  • Génomique de la résistance aux antibiotiques et transmission horizontale des déterminants génétiques.
  • Mécanismes in vitro et in vivo de résistance.
  • Découverte de nouvelles cibles et caractérisation des cibles des antibiotiques.
  • Screening de collections de molécules et découverte de nouveaux antibiotiques.
  • Identification de composés naturels pour lutter contre les bactéries multirésistantes.
  • Stratégies alternatives aux antibiotiques.
    Des cours sont dispensés à l’Institut Pasteur, dans le cadre de sa mission de transmission des savoirs :

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7.
L’approche scientifique de la Résistance aux antibiotiques d’après le cours de Bactériologie de Anne Decoster, Jean-Claude Lzmahieux, Dr. Eric Dehecq et Professeur Marc Duhamel 

Pour être efficace, un antibiotique doit parvenir au contact de la bactérie, ce qui implique qu’on tienne compte, dans la prescription, des données pharmacologiques telles que la posologie, la voie d’introduction, la diffusion tissulaire et le métabolisme de la molécule. Il doit ensuite pénétrer dans la bactérie, n’y être ni détruit ni modifié, se fixer à une cible et perturber ainsi la physiologie bactérienne. Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, l’antibiotique, même correctement administré, se révèle inefficace. Ce phénomène appelé résistance est lourd de conséquences et doit être, si possible, dépisté au laboratoire.

Les types de résistance

On connaît des résistances naturelles, programmées sur le génome bactérien, donc fixes et constantes à l’intérieur du taxon. A ce titre, elles constituent un critère d’identification.

On connaît des résistances acquises, consécutives à des modifications de l’équipement génétique chromosomique ou plasmidique. Elles ne concernent que quelques souches d’une même espèce mais peuvent s’étendre : leur fréquence varie dans le temps mais aussi dans l’espace - région, ville, hôpital ou même service. Elles constituent un marqueur épidémiologique.

Les phénotypes de résistance

Quand on étudie la sensibilité d’une souche à plusieurs antibiotiques, on détermine son phénotype de résistance aux antibiotiques. Si la souche n’exprime que des résistances naturelles, on dit qu’elle appartient au phénotype ’sauvage’ ou sensible. Si des résistances acquises ont modifié sa sensibilité, elle exprime un phénotype de résistance qu’on peut identifier et dont on doit tenter de déterminer le mécanisme. Ces phénotypes sont souvent désignés par les initiales des antibiotiques devenus inactifs : ainsi une souche résistante à la kanamycine, à la tobramycine et à la gentamicine appartient au phénotype KTG.

Les niveaux de résistance

D’un point de vue bactériologique, on dit qu’une souche est résistante lorsqu’elle peut croître en présence d’une concentration d’antibiotique plus élevée que la concentration qui inhibe la majorité des souches de la même espèce. Il faut donc tenir compte d’un effet dose. On parle de bas niveau de résistance si la croissance est stoppée par de faibles concentrations d’antibiotique et de haut niveau de résistance si de fortes concentrations sont nécessaires.

Le support génétique de la résistance

La résistance naturelle est programmée dans le génome bactérien. Les modifications génétiques responsables de résistance acquise sont chromosomiques, secondaires à une mutation portant sur le chromosome ou extra-chromosomiques par acquisition de gènes.

http://anne.decoster.free.fr/images... résistances mutationnelles sont :

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ées : elles préexistent à l’utilisation de l’antibiotique,

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;: elles se transmettent verticalement dans le clone bactérien,

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écifiques : elles n’intéressent qu’un antibiotique ou qu’une famille d’antibiotiques à la fois

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;: le taux de mutation se situe habituellement entre 10-7 et 10-8.

La résistance par mutation est peu répandue en clinique (moins de 20% des résistances acquises). L’usage de l’antibiotique sélectionne les souches résistantes et la parade consiste donc à associer les antibiotiques. Ce type de résistance est observé, entre autres, chez les mycobactéries.

http://anne.decoster.free.fr/images... résistances extra-chromosomiques dont le support est un plasmide ou un transposon acquis par conjugaison ou plus rarement par transduction.

http://anne.decoster.free.fr/images...

sont fréquentes (plus de 80% des résistances acquises),

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sont contagieuses et se transmettent horizontalement entre bactéries cohabitant, même d’espèces différentes,

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peuvent concerner plusieurs antibiotiques, voire plusieurs familles d’antibiotiques, entraînant une polyrésistance.

La résistance plasmidique concerne la plupart des antibiotiques. Seuls y échappent les rifamycines, les polypeptides, les nitrofuranes, les quinolones et les glycopeptides. Toutes les espèces bactériennes y sont sujettes.

L’usage d’un seul antibiotique dont la résistance est codée par un gène du plasmide sélectionne les souches résistantes à toutes les molécules dont le gène de résistance se trouve sur le plasmide, ce qui entraîne la sélection rapide de souches polyrésistantes.

Mécanismes de résistance

Les bactéries se défendent contre l’action des antibiotiques :

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se rendant imperméables à leur pénétration

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produisant des enzymes capables de les inactiver

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modifiant la structure de leurs cibles.

LES ENZYMES INACTIVANT LES ANTIBIOTIQUES

Ces enzymes, produites par les bactéries, inactivent l’antibiotique en le modifiant ou en l’hydrolysant. Leurs substrats sont les bétalactamines, les aminosides, le chloramphénicol ou les antibiotiques de la famille des macrolides-lincosamides-streptogramines (MLS).

LES BÉTALACTAMASES

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pénicillinases ont pour substrat préférentiel : les pénicillines G, les aminopénicillines, les carboxypénicillines et les uréidopénicillines.

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céphalosporinases hydrolysent principalement les céphalosporines de première génération (C1G) et certaines céphalosporines de seconde génération (C2G) mais aussi les pénicillines G et les aminopénicillines.

Les spectres d’action ainsi définis peuvent s’étendre lorsque la production de bétalactamases est importante.

D’autres caractères des bétalactamases ont une importance en bactériologie médicale :

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localisation : extracellulaire (Gram +) ou périplasmique (Gram -).

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biogenèse : inductible (pénicillinase de Staphylococcus aureus et céphalosporinase des Gram - ou constitutive (pénicillinase des Gram -)

http://anne.decoster.free.fr/images...

déterminisme génétique : chromosomique (céphalosporinases) ou plasmidique (pénicillinases des Gram -)

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sensibilité aux inhibiteurs tels que l’acide clavulanique (les pénicillinases sont inhibées, les céphalosporinases résistent)

 

Tableau I - Principales caractéristiques des bétalactamases

  Pénicillinase de St. aureus Pénicillinases des Gram - Céphalosporinases B.L.S.E*
extracellulaire + - - -
périplasmique - + + +
chromosomique - - + -
plasmidique + + - +
inductible + - + -
constitutive - + + +
Inhibée par ac. clavulanique + + - +

+ = oui, - = non, * = bétalactamases à spectre étendu

http://anne.decoster.free.fr/images... pénicillinases plasmidiques

 Elles confèrent des résistances acquises.

  • La bétalactamase de Staphylococcus aureus
    Elle est inductible : sa production est accrue en présence de pénicilline.

Elle est extracellulaire, c’est à dire excrétée par la bactérie.

Elle inactive les pénicillines G et V, les aminopénicillines, les carboxypénicillines et les uréidopénicillines. Elle est inactive sur les autres bétalactamines et en particulier sur les pénicillines M.

Elle est sensible aux inhibiteurs de bétalactamases : l’amoxicilline associée à l’acide clavulanique (Augmentin ) retrouve son activité sur les staphylocoques résistants par production de bétalactamase. 

Tableau II - Action des bétalactamases sur les bétalactamines

Antibiotique Pénicillinases Céphalosporinases  B.L.S. E. *
   St. Aureus  Bacilles à Gram négatif 
Bas niveau Haut niveau Inductible Déréprimée
Péni G, V + + + + + +
Péni M -
Péni A + + + + + +
Péni A + ac cl - - V + + V
Carboxypeni. + + + - + +
Carboxy + ac cl - - V - + V
Uréidopeni. + - + - + +
C1G - - + + + +
C2G - + + + +
C3G - - - + +
Céphamycines - - V + -
Monobactame - - - + +
Carbapénème - - - - - -

(+) = active, la souche est résistante, (- ) = inactive, la souche reste sensible, (V) = activité faible, l’effet est variable

* bétalactamase à spectre étendu

Bétalactamases des bacilles à Gram négatif

Elles sont nombreuses et constituent plusieurs groupes dont la dénomination n’est fondée sur aucun consensus :

- TEM du nom du malade chez qui on a isolé la première souche porteuse de ce type d’enzyme,
- SHV pour sulfhydril-variable,
- OXA hydrolysant l’oxacilline
- PSE pseudomonas specific enzyme

Dans ces groupes, des variants sont différenciés par des indices numériques (Quelques exemples de bétalactamases de bacilles à Gram négatif. : TEM 1 à TEM 20, SHV 1 à SHV 5, OXA 1 à OXA 3, PSE 1 = CARB 2, PSE 2 = OXA 4, PSE 3 = CARB 4, PSE 4 = CARB 1).

PSE1 et PSE4 sont maintenant appelées CARB2 et CARB1 à cause de leur action préférentielle sur les carboxypénicillines
En outre, la même enzyme est parfois désignée par des noms différents.
Les TEM sont surtout présentes chez les entérobactéries tandis que les Pseudomonas produisent principalement des PSE ou des OXA.
TEM1 s’est propagé vers d’autres espèces comme Haemophilus, Pasteurella, Neisseria gonorrhoeae, Pseudomonas.
Ces bétalactamases sont constitutives, de localisation périplasmique.
Leurs effets dépendent de la quantité d’enzyme élaborée. Quand le niveau de production est élevé, les aminopénicillines, les carboxypénicillines, les acyluréido-pénicillines, les amidinopénicillines les céphalosporines de 1ère et 2ème génération (C1G et C2G) et, parmi les céphalosporines de 3ème génération (C3G), le céfamandole et la cefsulodine, sont inactivés tandis que les autres C3G, les monobactames et les carbapénems restent actifs. Si le niveau de production est bas, la sensibilité est maintenue pour les acyluréidopénicillines et les céphalosporines. (tableau II)

Ces bétalactamases sont des pénicillinases et sont donc inactivées par les inhibiteurs de bétalactamases, totalement si le niveau de production est bas mais plus ou moins complètement si le niveau de production est élevé.

En 1991, on a isolé des souches d’Escherichia coli résistantes à l’association amoxicilline-acide clavulanique. Cette résistance est due à une mutation qui, affectant le gène codant la bétalactamase TEM, lui confère une sensibilité diminuée aux inhibiteurs. Cette catégorie de bétalactamases a été dénommée TRI (pour TEM résistantes aux inhibiteurs).

http://anne.decoster.free.fr/images...énicillinases chromosomiques

Ces pénicillinases constitutives, de type SHV1, sont spécifiques des espèces Klebsiella et Levinea.

La résistance qu’elles confèrent est une résistance naturelle aux pénicillines A, aux carboxypénicillines mais leur bas niveau de production sauvegarde une sensibilité aux autres bétalactamines. Elles sont de plus sensibles à l’effet des inhibiteurs des bétalactamases ; ainsi l’association de l’acide clavulanique à l’amoxicilline ou à la ticarcilline restitue à ces deux molécules leur activité sur les souches productrices.

http://anne.decoster.free.fr/images... céphalosporinases

Les céphalosporinases sont des bétalactamases codées par un gène chromosomique. Leur localisation est périplasmique. Elles sont produites, à bas niveau, par les Enterobacter, Citrobacter, Proteus indole +, Morganella, Providencia, Pseudomonas, Acinetobacter, Serratia et rendent ces espèces résistantes aux aminopénicillines et aux C1G mais n’altèrent pas la sensibilité à la plupart des C2G, aux C3G ainsi qu’aux acyluréidopénicillines, monobactames et carbapénems. (tableau II )

  • Céphalosporinase inductible
    La production de céphalosporinase chromosomique est souvent inductible. Le gène qui règle leur production est soumis au contrôle d’un répresseur dont l’action peut être levée par des ’inducteurs’ : le gène est alors activement transcrit et la production de l’enzyme augmente. Ces inducteurs sont des bétalactamines (imipénem, cefoxitine). L’induction peut être détectée in vitro en plaçant, sur la boîte d’antibiogramme, un disque de C3G à côté d’un disque d’imipenem ou de cefoxitime : on obtient une image d’antagonisme avec diminution de la zone d’inhibition autour du disque de C3G en regard du disque d’imipenem ou du la cefoxitine. (fig. 1)

In vivo, la production de céphalosporinase inductible ne paraît pas altérer l’efficacité thérapeutique des C3G.

  • Céphalosporinase déréprimée
    Certaines espèces telles que Pseudomonas aeruginosa, Enterobacter, Citrobacter, Serratia peuvent perdre par mutation et le contrôle de la production de céphalosporinase qui est alors déréprimée et produite beaucoup plus abondamment.

Les souches, ainsi modifiées, deviennent résistantes à toutes les bétalactamines sauf les amidinopénicillines et les carbapénems. La mutation peut survenir inopinément au cours d’un traitement et entraîner des échecs thérapeutiques.

  • Céphalosporinase d’Escherichia coli
    Chez 7% des souches d’Escherichia coli, on met en évidence une céphalosporinase non inductible. Sa présence est due à l’augmentation par mutation de la production de la céphalosporinase chromosomique naturelle. Elle inactive les pénicillines A, les C1G et la cefoxitine. Les autres C2G, les C3G, l’aztréonam et les pénèmes restent actifs tandis que les carboxy et uréidopénicillines ont une activité légèrement diminuée mais encore suffisante.

http://anne.decoster.free.fr/images... bétalactamases à spectre étendu

Les bétalactamases à spectre étendu (B.L.S.E.) sont des enzymes apparues à la suite de modifications survenues sur les plasmides qui codent pour les TEM1, TEM2, SHV1 ou SHV2 et sont appelées TEM3 à TEM9 ou SHV3 à SHV5. Elles hydrolysent toutes les bétalactamines jusqu’aux C3G mais respectent les céphamycines (au moins in vitro) et l’imipenem (tableau II). Elles sont plasmidiques donc transférables et sensibles aux inhibiteurs de bétalactamases.

On les trouve surtout chez Klebsiella pneumoniae et plus rarement chez Enterobacter, Citrobacter ou Escherichia coli.

On les détecte in vitro en testant côte à côte deux disques, une C3G et une association contenant de l’acide clavulanique. On obtient une image caractéristique de synergie d’action en ’bouchon de champagne’. (fig. 2) Il importe de pratiquer cette recherche car les souches qui produisent ces enzymes, multirésistantes, peuvent, sur l’antibiogramme standard, être déclarées sensibles car les diamètres d’inhibition mesurés autour des disques des C3G ne sont pas toujours diminués.

http://anne.decoster.free.fr/atb/at... http://anne.decoster.free.fr/atb/at...;

Fig. 1 Fig. 2

LES ENZYMES INACTIVANT LES AMINOSIDES

Les enzymes inactivant les aminosides sont constitutives, intracellulaires, non diffusibles, codées par un plasmide donc transférable. Elles ne modifient l’antibiotique qu’après pénétration dans la cellule bactérienne. On les classe en trois groupes en fonction de la réaction qu’elles catalysent.

http://anne.decoster.free.fr/atb/at...;

 

 

 

 

 

 

  • Aminosides phosphotransférases APH
  • Aminosides adéninyliltransférases ANT
  • Aminosides acétyltransférases AAC
    Possibilités d’inactivation d’un aminoside

Dans chaque groupe, il existe des sous-classes, différenciées selon leur site d’action sur la molécule d’aminoside. Pour certaines de ces enzymes, enfin, il existe des iso-enzymes. Au total, on en dénombre une vingtaine de formes différentes.

Seules, les APH confèrent un haut niveau de résistance mais la présence d’une enzyme est suffisante pour entraîner une résistance in vivo, même si celle-ci n’est pas toujours décelable in vitro sur l’antibiogramme. Il convient donc d’étudier le comportement de la souche en présence de différents aminosides, c’est à dire d’établir le phénotype de résistance, pour tester la sensibilité de la bactérie.

Il est toutefois difficile de déduire le génotype de la bactérie du phénotype de résistance observé car chaque enzyme peut modifier plusieurs antibiotiques mais chaque bactérie peut produire des enzymes différentes puisqu’elle peut héberger plusieurs plasmides.

ENZYMES INACTIVANT LES M.L.S

Mises en évidence récemment, ces enzymes ont une faible influence sur la fréquence de la résistance aux antibiotiques de la famille de macrolides-lincosamides-streptogramines (MLS). On a décrit chez les staphylocoques des enzymes inactivant l’érythromycine, les streptogramines A et B ou les lincosamides. Les résistances qu’elles occasionnent restent limitées aux antibiotiques cibles.

ENZYMES INACTIVANT LES PHENICOLES

Une résistance plasmidique due à la production d’une ’chloramphénicol acétyltransférase’ est décelable chez certaines entérobactéries et parmi différentes espèces appartenant aux genres Staphylococcus, Streptococcus, Neisseria, Haemophilus, Pseudomonas.

Chez Salmonella Typhi, de véritables épidémies de résistance au chloramphénicol par production d’enzyme ont modifié le schéma classique du traitement de la fièvre typhoïde.

RESISTANCE PAR DIMINUTION DE LA PERMEABILITE

Pour qu’un antibiotique soit efficace, il faut d’abord qu’il pénètre dans la bactérie et tout facteur altérant la perméabilité cellulaire est cause de résistance. Ce mécanisme n’affecte pas les ’Gram positifs’ car les antibiotiques diffusent librement à travers le peptidoglycane qui constitue la paroi de ces bactéries.

Chez les bactéries à Gram négatif, au contraire, la barrière constituée par le lipopolysaccharides (LPS) de la membrane externe s’oppose à la pénétration des antibiotiques mais des porines, protéines formant canaux, permettent le passage de molécules hydrophiles comme les pénicillines à large spectre, les céphalosporines, les aminosides, les phénicoles ou les tetracyclines.

Des mutations entraînant des modifications quantitatives ou qualitatives de ces porins sont responsables de résistances acquises souvent croisées à plusieurs familles d’antibiotiques. Elles sont constatées chez les entérobactéries (E.coli, P.mirabilis, E.cloacae, Salmonella, Serratia), chez les Pseudomonas, Haemophilus et Neisseria gonorrheae mais n’occasionnent pas toujours de résistances perçues cliniquement.

Une modification d’une porine spécifique entraîne une résistance isolée à l’imipenem chez Pseudomonas aeruginosa mais c’est une modification de composition du LPS qui semble être la cause de la résistance des Pseudomonas aux bétalactamines.

Le transport actif des aminosides à travers la membrane cytoplasmique nécessite l’intervention d’un mécanisme oxydatif qui peut être inactivé par mutation entraînant une résistance croisée à tous les aminosides (Pseudomonas, E. coli) ou par défaut d’oxygène expliquant la résistance naturelle à ces molécules des bactéries anaérobies strictes ou micoaérophiles comme les streptocoques.

Un défaut de perméabilité aux antibiotiques (phénicoles, quinolones, sulfamides, triméthoprime) ou une insuffisance de concentration intracellulaire par excrétion rapide ou efflux (tétracyclines) peuvent être également la cause de résistances.

RESISTANCE PAR MODIFICATION DE LA CIBLE

Pour qu’un antibiotique soit efficace, il faut ensuite qu’il se fixe à une cible dans la bactérie. Si cette cible est remplacée ou modifiée de telle manière que l’antibiotique ne puisse plus s’y fixer, la bactérie acquiert une résistance qui souvent s’étend à toute une famille d’antibiotiques.

http://anne.decoster.free.fr/images... des PLP

Les protéines de liaison à la pénicilline (PLP) sont des enzymes qui interviennent dans l’assemblage du peptidoglycane de la paroi. La fixation des bétalactamines inactive leurs fonctions enzymatiques. La bactérie, ainsi privée de paroi, devient très sensible aux systèmes autolytiques.

La résistance est due à la diminution d’affinité de ces PLP, soit par augmentation de leur production, soit par synthèse de nouvelles PLP de très faible affinité.

Ce type de résistance est surtout observé chez les staphylocoques ’méti R’, chez les pneumocoques ’de résistance anormale à la pénicilline’ et plus rarement chez les entérocoques.

Il s’agit de résistances mutationnelles (staphylocoques, entérocoques) ou acquises par transformation (Pneumocoques)

http://anne.decoster.free.fr/images... de la cible ribosomale

Les ribosomes sont le lieu des synthèses protéiques. Ils peuvent être altérés dans leur structure et leur fonctionnement par la fixation d’un antibiotique.

Une modification de la cible ribosomale acquise par mutation diminue l’affinité du site de fixation de l’antibiotique et rend la bactérie résistante.

Ce mécanisme est responsable de résistances aux tétracyclines, aux macrolides et lincosamindes, au phénicoles, à la fucidine et plus rarement aux aminosides.

http://anne.decoster.free.fr/images...ération de la synthèse des acides nucléiques

L’ADN gyrase est essentielle pour la réplication de l’ADN. En paralysant son activité, les antibiotiques de la famille des quinolones ont un effet bactéricide. Des mutations peuvent conduire à la production d’enzymes modifiées insensibles à ces antibiotiques.

L’ARN polymérase (transcriptase) est nécessaire à la synthèse des ARN messagers. Les rifamycines bloquent l’action de cette enzyme. Les résistances acquises par mutation sont dues à la production de transcriptase modifiée.

L’acide tétrahydrofolique est un coenzyme indispensable à la synthèse des acides nucléiques. La plupart des bactéries n’assimilent pas les folates exogènes et doivent donc en effectuer la synthèse. Celle-ci se fait à partir de l’acide paraaminobenzoïque (PAB) et de la ptéridine en deux étapes essentielles qui nécessitent l’intervention d’enzymes : la dihydroptéroylsynthétase (DHPS) et la dihydrofolate réductase (DHFR). Les sulfamides inhibent la DHPS et le triméthoprime la DHFR.

Outre les résistances naturelles de Enterococcus faecalis pour les sulfamides et des Acinetobacter, Neisseria, Pseudomonas, Mycobacterium, Enterococcus pour le triméthoprime, on connaît de nombreuses résistances acquises par hyperproduction de PAB, de DHPS, de DHFR, par synthèse directe de la thymine à partir de la thymidine, par modification de la DHPS ou de la DHFR fixant moins bien les sulfamides ou le triméthoprime ou encore par diminution de la pénétration des sulfamides.

Ces résistances sont acquises par mutation ou codées par des plasmides ou des transposons.

Synthèse de l’acide tétrahydrofolique et action 

 des sulfamides et du triméthoprime

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Les bactéries multi-résistantes : les ’B.M.R’

Ce sont ses souches bactériennes résistantes à plusieurs familles d’antibiotiques pour lesquelles les possibilités thérapeutiques sont réduites et parfois anéanties.

On constate, en milieu hospitalier surtout, une recrudescence de la fréquence d’isolement de ces souches qui doivent être détectées rapidement et signalées car elles imposent aux services d’hospitalisation des mesures strictes pour éviter leur diffusion.

En outre, des recommandations très précises qui ont fait l’objet d’un consensus doivent être appliquées pour le traitement des infections dont ces souches sont responsables.

Certaines espèces bactériennes sont plus particulièrement concernées par cette multi-résistance.

http://anne.decoster.free.fr/images... pneumoniae de sensibilité diminuée à la pénicilline (PSAP pour pneumocoques de sensibilité anormale à la pénicilline) pour lesquels la CMI de la pénicilline est supérieure à 0,06 mg/l. Les souches pour lesquelles cette CMI dépasse 1 mg/l sont résistantes et cette résistance s’étend à la plupart des bétalactamines dont la CMI doit être mesurée. On recommande un traitement associant glycopeptide et ceftriaxone ou cefotaxime.

Cette résistance est détectée au laboratoire en testant l’activité de l’oxacilline. Elle est due à une modification des PLP acquise par transformation.

http://anne.decoster.free.fr/images... méticillino-résistants (Staph. méti R ou SARM) dont la fréquence varie selon les sites hospitaliers. Les pourcentages signalés en France oscillent entre 10 et 60%. Cette résistance s’étend à toutes les bétalactamines et aux fluoroquinolones. Restent actifs les glycopeptides, les synergistines et moins fréquemment les autres antistaphylococciques : rifampicine, acide fusidique et fosfomycine.

Le traitement recommandé des infections à Staph. méti R est une association glycopeptide-aminoside ou autres antistaphylococciques testés actifs sur l’antibiogramme mais toujours en association.

Le mécanisme responsable de cette résistance est une modifiqtion des PLP. On la détecte en testant l’oxacilline.

http://anne.decoster.free.fr/images... entérobactéries et souches de Pseudomonas productrices de céphalosporinase déréprimée. Ces souches sont résistantes aux bétalactamines jusqu’aux uréidopénicillines, carboxypénicillines, C3G et monobactames. Seul l’imipénème reste actif ainsi que les dernières C3G : cefpirome et cefépime.

Pour traiter les infections provoquées par ces souches, on utilise les bétalactamines sus-citées ou une fluoroquinolone en association avec un aminoside actif.

L’hyeperproduction de céphalosporinase est due à une mutation atteignant le gène régulateur.

http://anne.decoster.free.fr/images...

Pseudomonas sont résistants aux pénicillines A, G et M, aux C1G et C2G et à la plupart des C3G. Sont acifs les carboxypénicillines, les uréidopénicillines et les céphèmes ainsi que certaines C3G dites ’antipyocyaniques’ telles que cefsulodine, cefépime et cefpirome.

Les souches hyperproductrices de céphalosporinase sont plus résistantes, en particulier aux carboxy et uréidopénicillines. Enfin, certaines souches sont résistantes à l’imipénème par un mécanisme d’imperméabilité.

http://anne.decoster.free.fr/images...

entérobactéries productrices de bétalactamase à spectre étendu (BLSE), principalement Klebsiella et Enterobacter mais parfois Escherichia coli, Citrobacter, Serratia, Proteus, résistent à toutes les bétalactamines sauf à l’imipénème et aux cephamycines. Cette bétalactamase plasmidique est inactivée par les inhibiteurs de bétalactamase.

Les infections sévères dues à ces souches sont traitées par imipénème ou méropénème associé à un aminoside actif.

Pour les infections moins graves, on peut utiliser uene céphamycine ou une céphalosporine associée à un produit contenant un inhibiteur de bétalactamase.

La détection de ces souches doit être rapide car la résistance de ce type diffuse rapidement. On le fait en testant côte à côte une C3G et un association contenant de l’acide clavulanique : on observe une image de synergie d’activité entre les deux disques donnant la classique image en ’bouchon de champagne’.

http://anne.decoster.free.fr/images... Acinetobacter et en particulier l’espèce baumannii résistent naturellement à de nombreux antibiotiques (pénicillines, céphalosporines, aminosides et quinolones). Les produits le plus souvent actifs sont l’imipénème et les carboxypénicillines ou uréidopénicillines associées à un inhibiteur. Ces produite doivent être utilisés en association.

En guise de conclusion, une synthèse.....

Bétalactamines Bétalactamases staphylocoquesbac. à Gram nég. plasmidique ouchromosomique
Modification des PLP staphylocoques mutation
pneumocoques transformation
entérocoques mutation
gonocoques
Haemophilus
Pseudomonas
Imperméabilité Pseudomonas mutation
Aminosides Enzymes APH, ANT, AAC coques à Gram +bacilles à Gram - plasmide
M L S Modification ribosomes coques à Gram + mutation
Imperméabilité Haemophilus mutation
Inactivation enzymatique plasmide
Quinolones Modification gyraseImperméabilité bacilles à Gram -  mutation
Tétracyclines Elimination plasmide
Imperméabilité mutation
Phénicoles Inactivation enzymatique plasmide
Polypeptides Imperméabilité bacilles à Gram - mutation
Rifampicine Transcriptase modifiée mutation
Glycopeptides entérocoques plasmide

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Source : http://anne.decoster.free.fr/atb/resab.htm

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8.
L’ONG CIWF (Compassion in World Farming) lutte pour la réduction des antibiotiques dans les élevages.

Selon Wikipédia, «  CIWF France est une ONGI. Elle promeut les pratiques d’élevage respectueuses du bien-être animal et œuvre pour des alternatives à l’élevage industriel (« Une nouvelle ère sans cage »). CIWF France met également en avant les liens qui existent entre le bien-être animal, la santé publique, la sécurité alimentaire et l’environnement… » Article complet sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/CIWF_France

L’alliance pour sauver nos antibiotiques Photo - 05/03/2012

Un monde sans antibiotiques est une perspective terrifiante, mais réelle. Dorénavant, du fait de la sur-utilisation inconsidérée d’antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire, la question qui s’impose n’est plus si ce scénario se produira, mais quand. Notre campagne appelle à une réduction progressive de l’utilisation globale des antibiotiques dans les élevages, à une interdiction, à l’échelle de l’UE, de certains types d’utilisation sur les animaux d’élevage, et à l’utilisation limitée d’antibiotiques spécifiques « cruciaux ».

Télécharger : Sauver nos antibiotiques | Fichier PDF - Taille (0,26Mo)

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9.
La résistance aux antibiotiques en France – Document ‘eurekasante.vidal.fr’ - Mis à jour : Jeudi 02 Mars 2017.

« La France est l’un des pays européens où le taux de résistance aux antibiotiques est le plus élevé, ce qui justifie les campagnes d’information » 

On parle de résistance d’une bactérie à un antibiotique lorsque cette bactérie est capable de continuer à se développer en présence de l’antibiotique en question. La France est l’un des pays européens où le taux de résistance aux antibiotiques est le plus élevé, ce qui justifie les campagnes d’information sur leur usage. Il est important de comprendre comment une bactérie peut résister à un ou plusieurs antibiotiques, voire à une ou plusieurs classes d’antibiotiques (les cyclines , les aminosides, etc.).

La résistance naturelle

On parle de résistance naturelle lorsque toutes les souches d’une même espèce bactérienne sont résistantes à un antibiotique donné. Il s’agit en fait de bactéries qui sont insensibles au mode d’action de l’antibiotique. Certaines bactéries sont naturellement résistantes à de nombreuses molécules : c’est le cas du bacille de la tuberculose qui n’est sensible qu’à quelques antibiotiques bien précis.

Pour un antibiotique donné, l’ensemble des espèces bactériennes qui y sont sensibles représente son spectre d’activité. Ces notions de résistance naturelle et de spectre sont importantes : elles expliquent pourquoi certains antibiotiques sont incapables de combattre certaines bactéries.

La recherche pharmaceutique a très vite cherché à contourner ce phénomène de résistance naturelle et à élargir le spectre des antibiotiques en modifiant leur structure chimique. C’est le cas des pénicillines plus récentes, comme l’ampicilline, qui est active sur les bactéries Gram positif et négatif. Au-delà de la résistance naturelle, il existe d’autres mécanismes par lesquels certaines bactéries peuvent devenir résistantes à un ou plusieurs antibiotiques.

Les résistances acquises

On parle de résistance acquise lorsqu’une ou plusieurs souches d’une espèce bactérienne naturellement sensible à un antibiotique y deviennent résistantes. C’est ce phénomène qui préoccupe aujourd’hui les médecins et qui conduit l’Assurance maladie à limiter la consommation d’antibiotiques en France.

Comment une résistance peut-elle apparaître ? Il s’agit à la base d’une mutation dans les gènes de la bactérie, qui permet à celle-ci d’échapper partiellement ou totalement à l’effet de l’antibiotique. Ce ne sont pas les antibiotiques qui provoquent les mutations : il s’agit d’un phénomène naturel, qui se produit rarement mais régulièrement (une chance sur un million). En revanche, la présence d’antibiotique dans l’environnement de la bactérie a tendance à favoriser la souche résistante. En effet, si les bactéries non mutées sont éliminées par l’antibiotique, les bactéries mutées résistent et se multiplient librement : la souche résistante se développe de manière préférentielle et le traitement s’avère inefficace.

Certains facteurs de résistance acquise peuvent en outre se transmettre entre bactéries d’une même espèce (ou parfois d’espèces différentes). C’est la raison pour laquelle ce phénomène est si préoccupant.

Ces processus de sélection et de transfert sont d’autant plus efficaces que l’antibiotique est présent en concentration trop faible ou pendant un temps trop court. Les bactéries, même faiblement résistantes, peuvent alors se multiplier plus aisément. C’est pourquoi les médecins insistent pour que les prescriptions d’antibiotiques soient respectées à la lettre, c’est-à-dire à la dose et pendant la durée indiquées sur l’ordonnance, même si les symptômes s’améliorent.

Certaines bactéries peuvent être porteuses de plusieurs facteurs de résistance, contre plusieurs antibiotiques, et même contre plusieurs classes d’antibiotiques : on parle alors de bactéries multirésistantes. Elles posent de graves problèmes, notamment en matière d’infections nosocomiales.

Les bactéries multirésistantes

Les premières alertes concernant des souches résistantes aux antibiotiques remontent aux années 1960, mais les médecins pensaient alors que le problème serait réglé par la découverte de nouveaux antibiotiques, plus efficaces. Ce n’est pas le cas : relativement peu de nouvelles familles d’antibiotiques ont été découvertes ces vingt dernières années et elles ne règlent pas, loin de là, la question des résistances.

En revanche, les souches multirésistantes se sont multipliées. En 2014, 22 % des souches de pneumocoques (Streptococcus pneumoniae) sont résistantes aux pénicillines et 24 % sont résistantes aux macrolides. Escherichia coli ou Klebsiella pneumoniae, après avoir développé une résistance à l’amoxicilline, sont devenues résistantes aux céphalosporines de troisième génération. La situation est également préoccupante pour les infections à entérocoques dont les souches multirésistantes provoquent des infections nosocomiales sévères, voire mortelles.

La question devient cruciale s’agissant de la tuberculose : cette maladie opère un retour dans les grandes villes occidentales, en particulier chez les personnes sans domicile fixe. On a isolé, depuis les années 1980, plusieurs souches devenues résistantes ou multirésistantes aux antibiotiques antituberculeux, qui sont très peu nombreux. La médecine pourrait ainsi se trouver totalement démunie devant certains cas de tuberculose.

La surveillance de la consommation d’antibiotiques et de la résistance aux antibiotiques

L’utilisation inappropriée des antibiotiques entraîne au fil du temps une augmentation des résistances bactériennes. L’institut de veille sanitaire (INVS) et l’Agence du médicament (ANSM) assurent depuis plusieurs années une surveillance de la consommation des antibiotiques en ville, à l’hôpital et en médecine vétérinaire. En parallèle, ils recueillent des données sur les souches bactériennes résistantes. Des campagnes de sensibilisation sont menées pour mieux maîtriser la consommation d’antibiotiques, notamment en évitant les prescriptions injustifiées, trop longues ou en dehors des recommandations officielles.

Pour en savoir plus, voir dans les Actualités :

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10.
Résistance aux antibiotiques : quelles sont réellement les causes principales ? Le 21.09.2016 à 20h04 | Mis à jour le 22.09.2016 à 08h12 ( Document ‘sciencesetavenir.fr’

Contrairement au discours ambiant et culpabilisateur vis-à-vis des médecins de ville prescripteurs, l’antibiorésistance a principalement pour origine la consommation d’antibiotiques par les animaux d’élevage. Médicaments, photo d’illustration. Sparky/Flickr CC

La fin des années 1990 et le début des années 2000 ont été marqués par l’émergence mondiale de souches bactériennes résistantes à de nombreux antibiotiques dans les hôpitaux mais également en ville. Un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale, à l’ordre du jour mercredi 21 septembre 2016 de l’Assemblée Générale des Nations-Unies (ONU). Il importe en effet de préserver ce capital médicamenteux indispensable à l’humanité que représentent les antibiotiques. Des médicaments qui ont sauvé des millions de vie, depuis la découverte au début du XXe siècle de la pénicilline et des sulfamides.

Les animaux consomment dix fois plus d’antibiotiques que les humains

’ La surconsommation des antibiotiques chez l’homme et les animaux en est la cause essentielle, et celle que l’on peut essayer de traiter assez rapidement. Les animaux consomment dix fois plus d’antibiotiques que les humains. Ceci est lié en grande partie à l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissance. Cette pratique est interdite en Europe depuis 2006, mais malheureusement perpétuée dans de nombreux autres pays ’, souligne le Dr Carlet dans un article paru en juin 2016 dans le Journal des Anti-Infectieux. Pour le président de l’alliance contre le développement des bactéries multi-résistantes et du groupe de travail spécial pour la préservation des antibiotiques mis en place par le ministère de la santé, des décisions en matière de santé publique doivent être prises avant que la situation induite par l’antibiorésistance ne devienne vraiment critique. Encore faut-il que l’ONU n’en reste pas aux déclarations de principe mais fixe un cadre réglementaire contraignant aux pays qui continuent à massivement utiliser des antibiotiques comme promoteurs de croissance pour les animaux d’élevage destinés à la consommation humaine.

On estime aux Etats-Unis à plus de 2 millions le nombre d’individus infectés par des germes résistants aux antibiotiques chaque année, avec pour conséquence 23 000 décès. Plus de 25 000 décès en Europe et 700 000 dans le monde sont imputables à la multi-résistance.

Résistance aux entérobactéries

Pour le Dr Carlet, la ’ligne rouge’ aurait dû être la survenue d’entérobactéries (bactéries du tube digestif) insensibles aux céphalosporines de 3e génération, du fait de la présence d’enzymes dégradant les antibiotiques utilisés, des bêtalactamases à spectre étendu (BLSE). Au début du phénomène, seules les souches de certaines bactéries étaient concernées par l’émergence de ce phénomène BLSE. Un problème rapidement résolu par la mise en œuvre de mesures d’hygiène vigoureuses dans les hôpitaux où se cantonnait ce mécanisme de résistance. Au début des années 2000, s’est installée une résistance avec les entérobactéries insensibles aux mesures d’hygiène, en particulier chez Escherichia coli qui n’a cessé d’augmenter depuis. Ce phénomène a concerné aussi la ville, ce qui a rendu son contrôle très difficile. Tandis que l’adoption de précautions d’hygiène a fait en sorte que les staphylocoques SARM perdent du terrain. 

SUPERBUGS. Les mécanismes de résistance aux antibiotiques n’affectent pas tous les pays avec la même acuité. La France n’est pas parmi les pays les plus affectés. « Certains pays, comme l’Italie, la Grèce, la Chine, l’Inde, les pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, sont dans une situation beaucoup plus critique, avec des prévalences de résistance des entérobactéries aux céphalosporines de 3e génération, et parfois aux carbapénèmes [une classe d’antibiotiques puissants], de 50 à 80 %, fait remarquer le Dr Carlet. Au total, les bactéries hautement résistantes, voire résistantes à plusieurs classes d’antibiotiques (« superbactéries », superbugs en anglais) y sont fréquentes. L’expert souligne également que l’intensité des relations internationales est responsable d’une importation importante dans d’autres régions du monde de souches multi-résistantes, hébergées dans le tube digestif des personnes en bonne santé.

Les eaux polluées

Autre aspect majeur du fléau de l’émergence de bactéries résistantes : la pollution chimique des eaux par les antibiotiques. Un exemple : la bactérie Escherichia coli qui produit des enzymes dégradant certains antibiotiques. Cette bactérie, hôte habituel du tube digestif de l’homme, sévit à la fois dans les hôpitaux et en ville. Or, ce germe est aussi présent dans le tube digestif de nombreux animaux et dans les sols, lacs et rivières. Bref, dans l’environnement. La présence de souches de bactéries digestives productrices de BLSE a été détectée dans les effluents hospitaliers, dans les stations d’épuration prenant en charge ces effluents, et ce aussi bien dans des pays en voie de développement et dans des pays développés. Egalement dans les cours d’eau en aval de points de déversement des effluents traités provenant de stations d’épuration. Autant de données qui montrent que l’activité humaine a un impact sur le milieu aquatique en matière de multi-résistance aux antibiotiques. La présence d’antibiotiques, et donc de bactéries résistantes, dans les eaux de surface peut avoir pour origine les centres de soins mais aussi les entreprises de production de principes actifs (pointées du doigt en raison de leurs stations d’épuration souvent défaillantes). 

Ces eaux de surface contaminées par des bactéries pathogènes servent également à l’arrosage des cultures, voire dans certains pays à la consommation animale et humaine. L’homme peut ingérer des végétaux contaminés par des germes résistants. Un exemple : c’est la consommation de graines germées de fénugrec contaminées par la souche de E. coli O154:H4, virulente et résistante, qui est à l’origine des 4000 cas d’une infection très grave et des 50 décès survenus en Allemagne et en France entre mai et août 2011. Il y a donc urgence à développer et promouvoir des traitements des eaux usées efficaces sur les bactéries.

CHINE. En Chine, la présence d’antibiotiques a été détectée dans l’eau du robinet des particuliers. Ainsi, une soixantaine d’agents anti-infectieux ont été détectés dans les échantillons de plusieurs fleuves, dont le Yangzi Jiang (également appelé fleuve Bleu) et la ’rivière des Perles’, qui coule notamment à Canton. Il a été montré que des eaux situées en aval d’usines pharmaceutiques renferment des taux 10.000 fois plus élevés que les doses utilisées chez l’homme. Un phénomène qui n’épargne pas les pays développés. Des bactéries résistantes ont notamment été retrouvées dans l’estuaire de l’Hudson River, près de la ville de New-York.

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Source : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/resistance-aux-antibiotiques-quelles-sont-reellement-les-causes-principales_105091

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Une Américaine tuée par une bactérie résistante à 26 antibiotiques - 20 Minutes avec AFP - Publié le 14/01/17 à 10h29 — Mis à jour le 14/01/17 à 10h29 - AccueilMonde

SANTE La septuagénaire avait apparemment été infectée en Inde où elle avait été longuement traitée pour une fracture à la jambe...

Une décès qui suscite de nouvelles craintes sur la propagation d’agents pathogènes mutants. Une femme est décédée aux Etats-Unis, infectée par une bactérie résistante à quasiment tous les antibiotiques existants, ont indiqué vendredi les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Décée d’un choc septique

Cette septuagénaire, résidente du Nevada (ouest), est morte en septembre à la suite d’un choc septique. Elle était infectée par la bactérie Klebsiella pneumoniae (bacille de Friedländer), isolée dans une blessure en août, ont précisé les CDC sur leur site internet. Rare, cette bactérie appartient à la famille des carbapenem-resistant Enterobacteriaceae (CRE) qui sont résistantes à quasiment tous les antimicrobiens sur le marché.

Mais des tests ont montré qu’elle n’avait pas le gène mcr-1 qui accroît la résistance à la colistine, un ancien antibiotique seul capable de lutter contre les CRE. Le plus inquiétant avec les bactéries CRE dotées de ce gène, c’est leur capacité à transmettre aux autres bactéries leur super-résistance aux antibiotiques.

Une telle super-bactérie avait été détectée pour la première fois aux Etats-Unis en mai 2016, chez une femme de 49 ans qui avait toutefois survécu, son infection ayant fini par réagir à un antimicrobien. Concernant la femme décédée qui avait été hospitalisée en août dans le Nevada, elle avait apparemment été infectée en Inde où elle avait été longuement traitée pour une fracture à la jambe.

L’Inde connaît davantage de cas d’infections résistantes qu’aux Etats-Unis en raison notamment de la mauvaise qualité de l’eau et des conditions sanitaires en général, forçant la population à une forte consommation d’antibiotiques pour combattre les infections surtout intestinales. Ce dernier cas mortel intensifie les craintes d’une perte d’efficacité des antibiotiques qui rendrait très dangereuses des infections aujourd’hui bénignes.

« Une menace urgente pour la santé humaine »

La bactérie Klebsiella pneumoniae « est considérée par quasiment toutes les instances sanitaires y compris l’Organisation mondiale de la santé, comme ’une menace urgente pour la santé humaine’ », a noté dans un communiqué le professeur Nick Thomson, directeur du groupe de génomique bactérienne au Wellcome Trust Sanger Institute au Royaume-Uni, en réaction au cas signalé aux Etats-Unis. Le taux de mortalité avec cette bactérie varie entre 40 à 50%. Cet expert relève que la grande fréquence des voyages internationaux et la mauvaise qualité des traitements dans certains pays ont facilité la diffusion de cet agent pathogène aux Etats-Unis.

L’OMS a averti que le phénomène de résistance aux antibiotiques représentait « un immense danger » et que, si rien n’était fait, la planète se dirigeait vers une « ère post-antibiotique, dans laquelle les infections courantes pourront recommencer à tuer ».

>> A lire aussi : Résistance aux antibiotiques : Comment va-t-on se soigner s’ils deviennent inefficaces ?

En 2016, le gouvernement britannique estimait qu’en l’absence de mesures pour arrêter la résistance aux antibiotiques, 10 millions de personnes par an pourraient décéder d’infections par ces bactéries d’ici 2050, soit plus que les morts par cancer. Des prescriptions excessives et à mauvais escient d’antibiotiques et leur usage excessif dans l’élevage sont principalement responsables du phénomène de résistance microbienne.

Mots-clés : Etats-Unis Santé Inde antibiotique - 20 Minutes Plan du site Notre charte Journal PDF Archives …. © Copyright 20 Minutes - Source : http://www.20minutes.fr/monde/1995583-20170114-americaine-tuee-bacterie-resistante-26-antibiotiques

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La résistance aux antibiotiques est une ’pandémie silencieuse’ 08 juin 2017 Documents RTS

L’invité de la rédaction de la RTS en Suisse - Didier Pittet L’invité de la rédaction / Vidéo 22 min. / le 08 juin 2017 Le Journal du matin

’S’il n’est pas adressé de manière globale, le phénomène de la résistance aux antibiotiques va nous déborder’, prévient-il.

Pour Didier Pittet, médecin-chef au service prévention et contrôle de l’infection des Hôpitaux universitaires genevois (HUG), les bactéries résistantes aux antibiotiques sont à l’origine d’une ’pandémie silencieuse’.

’C’est un problème qui, malheureusement, est méconnu’, constate Didier Pittet, invité jeudi du Journal du matin sur RTS La 1ère. Pourtant, la résistance aux antibiotiques provoque près de 400’000 morts par année de par le monde.

Une ère post-antibiotiques, c’est un monde où les infections banales d’aujourd’hui ne seraient plus traitables, explique Didier Pittet. Un monde où l’on pourrait mourir d’une infection urinaire ou d’une pneumonie.

Abus d’antibiotiques

Le médecin tient toutefois à ne pas verser dans le catastrophisme. ’S’il n’est pas adressé de manière globale, le phénomène de la résistance aux antibiotiques va nous déborder’, prévient-il. A cet égard, Didier Pittet se félicite du plan d’action global adopté en mai par les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

On a trop donné d’antibiotiques. On les a mal présentés en tant que médecin. On les a mal utilisés en tant que patient.

Didier Pittet, responsable du service prévention et contrôle de l’infection aux HUG

Comment la résistance s’est-elle développée ? En abusant des antibiotiques. ’On en a trop donné, dit Didier Pittet. On les a mal présentés en tant que médecin. On les a mal utilisés en tant que patient.’ Et de questionner : ’Qui n’a pas gardé dans sa pharmacie le reste des antibiotiques de manière à pouvoir en prendre la prochaine fois ?’

Élevage animal

Reste que la médecine humaine ne concerne qu’environ 20% de la problématique. L’enjeu principal, c’est la médecine vétérinaire, l’utilisation d’antibiotiques dans l’élevage animal. Par exemple ’lorsqu’on fait grandir plus rapidement des cochons’, illustre Didier Pittet.

Là-aussi, le médecin prône une utilisation plus parcimonieuse des antibiotiques. Mais les logiques économiques sont fortes. ’Quand vous vous adressez au ministre de la Santé d’un pays pour lui demander d’arrêter l’usage d’un antibiotique dans l’élevage animal, celui-ci va dire oui, raconte Didier Pittet. Mais le ministre de l’Economie, celui du Commerce, ou de l’Agriculture, lui, ne sera pas d’accord.’

>> Deux nouveaux ouvrages mettent en gardent contre les bactéries résistant aux antibiotiques : - Vidéo à suivre in fine

A consulter également

La Suisse puise dans ses réserves face à la pénurie mondiale d’un antibiotique Suisse 22 mars 2017

L’OMS publie une liste des 12 ’superbactéries’ les plus menaçantes Sciences-Tech. 27 février 2017

Un centre contre la résistance aux antibiotiques CQFD 20 février 2017

logotypehttps://www.rts.ch/la-1ere/programm...

RTSR Radio Télévision Suisse Romande A propos Vos questions Contact Plans d’accès Conditions générales Charte de confiance – Source : https://www.rts.ch/info/sciences-tech/medecine/8687071-la-resistance-aux-antibiotiques-est-une-pandemie-silencieuse-.html

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Les huiles essentielles dopent l’effet des antibiotiques Par Fiorenza Gracci Le 21 juin 2017 à 17h00 mis à jour 22 juin 2017 à 19h38 – Document ‘science-et-vie.com’.

Pour combattre la résistance des bactéries aux antibiotiques, un biologiste marocain a eu l’idée de les associer à des principes actifs issus des huiles essentielles. Il est récompensé du Prix européen de l’inventeur 2017, choix du public.

Ce jeudi 15 juin 2017, à Venise en Italie, l’Office européen des brevets a remis le Prix européen de l’inventeur 2017 (revivez le LIVE ici). Cinq inventions brevetées en Europe ont été récompensées. Voici la troisième, dans la catégorie ’Prix du public’.

Pharmacologue et microbiologiste, Adnane Remmal s’est inspiré des senteurs qui sillonnent la médina de Fez, sa ville natale au Maroc, pour élaborer une idée aussi originale que géniale : utiliser les principes actifs des huiles essentielles pour lutter contre les bactéries. Car les médicaments phare dans cette lutte, les antibiotiques, sont aujourd’hui minés par la résistance que leur opposent les bactéries.

Un problème très sérieux : 700 000 personnes meurent tous les ans par le monde à cause d’infections impossibles à soigner, car elles sont provoquées par des bactéries insensibles à tous les antibiotiques disponibles. Si bien que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) en a fait une priorité absolue.

Des molécules aromatiques issues du thym, de la marjolaine, de l’eucalyptus...

Pour apporter une solution, Adnane Remmal a mis au point un système alliant antibiotiques et principes actifs issus d’huiles essentielles. Combinés, ceux-ci produisent un effet de synergie remarquable : non seulement les molécules aromatiques empêchent la résistance des bactéries à l’antibiotique, elles contribuent à les détruire encore plus efficacement ! Le chercheur l’a vérifié avec le carvacrol, une molécule antibactérienne présente dans le thym, la marjolaine et l’origan, et se consacre maintenant à un autre principe actif tiré de l’eucalyptus. 

Breveté en 2014 par l’Office européen des brevets, un médicament qui suit ce principe boucle actuellement ses essais cliniques et devrait arriver sur le marché fin 2017. Ce sera le premier médicament entièrement conçu au Maroc ! 

Un complément alimentaire à base d’huiles essentielles pour le bétail

Mais il y a plus : Adnane Remmal a également mis au point un complément alimentaire pour bétail à base d’huiles essentielles ! Le but : d’enrayer l’usage des antibiotiques par les éleveurs. Car dans beaucoup de pays, ceux-ci les utilisent couramment pour stimuler la croissance des animaux (une pratique interdite en Europe). Si bien que la moitié des antibiotiques produits aujourd’hui sont consommés par les animaux d’élevage, ce qui contribue lourdement au phénomène de l’antibiorésistance. Les vaches nourries aux huiles essentielles auraient également meilleur goût...

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Donner des antibiotiques au bétail bouleverse les microbes du sol Photo Nature / Enviro Le 10 avr 2017

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Source : https://www.science-et-vie.com/video/les-huiles-essentielles-dopent-l-effet-des-antibiotiques-8853

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Le prix de l’inventeur européen 2017 – 26/06/2017- Document ‘Sciences et Avenir’

Les lauréats du Prix de l’inventeur européen 2017 sont connus. Un Français a été primé ainsi que son équipe pour le travail réalisé sur Galiléo, tandis qu’un Marocain remporte le Prix du public pour ses travaux sur la stimulation des antibiotiques avec des huiles essentielles.

Les lauréats de l’édition 2017 du Prix de l’inventeur européen. Office européen des brevets

LAURÉATS. Quelles inventions européennes ont le plus marqué leur temps ? C’est à cette question qu’a dû répondre l’Office européen des brevets (OEB), qui vient de distinguer inventeurs pour leur contribution d’exception dans des domaines aussi divers que les diagnostics médicaux, la navigation par satellite, la gestion des marées noires, la vaccination, mais aussi... la stimulation des antibiotiques à l’aide d’huiles essentielles. Organisé chaque année depuis maintenant douze ans, l’édition 2017 s’est tenue à Venise. Ce prix récompense des inventeurs venant d’Europe et du monde entier. Autant d’innovations brevetées ’qui ont non seulement contribué au progrès technologique [...] mais ont eu aussi un impact majeur sur le plan économique et social’, a déclaré Benoît Battistelli, Président de l’OEB. Panorama.

Un test sanguin informatisé pour détecter le paludisme

L’hématologue néerlandais Jan van den Boogaart et le biochimiste autrichien Oliver Hayden ont été primés dans la catégorie ’industrie’. Ils ont en effet développé le premier test sanguin automatisé afin de dépister le paludisme(ou malaria), qui coûte la vie à plus de 600 000 personnes par an.Leur procédé ne consiste pas à détecter la présence de pathogènes de la malaria dans le sang via un microscope, mais à analyser une combinaison de 30 paramètres sanguins du patient, ce qui est plus rapide. Grâce à un algorithme, l’analyse de cette ’empreinte digitale’ de la personne permet d’identifier la malaria avec une grande précision.

Rendre le système de navigation satellitaire Galileo plus précis

Laurent Lestarquit, José Ángel Ávila Rodríguez, Günter W. Hein, Jean-Luc Issler et Lionel Ries (respectivement Français, Espagnol, Allemand, et Belge) font partir de cette équipe, récompensée pour les technologies de guidage utilisées pour perfectionner le satellite européen Galileo. De quoi lui permettre d’atteindre une précision record, de l’ordre du centimètre ! Le travail de l’équipe a aussi rendu le système européen interopérable avec les autres grands systèmes de navigation (le GPS américain et le GLONASS russe). Déjà en service depuis fin 2016, Galileo sera entièrement opérationnel d’ici 2020.

La tomographie en cohérence optique pour une imagerie médicale des tissus mous

Chaque année, un prix est décerné à des chercheurs situés en dehors de l’UE. Il récompense cette année James Fujimoto, Eric Swanson et Robert Huber, respectivement ingénieurs et physicien au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ces derniers ont créé la la tomographie en cohérence optique (OCT - ou TCO), qui permet aux médecins d’obtenir une image précise des tissus mous et des vaisseaux sanguins de leurs patients sans intervention chirurgicale ou biopsie. Une technique aujourd’hui devenue un standard en ophtalmologie pour diagnostiquer à un stade précoce - et donc encore soignable - certaines maladies graves de l’œil. L’utilisation de l’OCT s’est aussi étendue à d’autres domaines, comme les examens cardiovasculaires, dermatologiques et gastro-intestinaux.

Une super-éponge pour absorber le pétrole dans les océans

Les marées noires et les déversements de produits chimiques sont à l’origine de catastrophes sanitaires et environnementales majeures. La donne pourrait bien changer grâce à la nouvelle cire micronisée développée par Günter Hufschmid et son équipe de l’entreprise Deurex, qui remportent le prix de la catégorie PME. Commercialisée sous le nom de ’Pure’, cette cire est capable d’adsorber jusqu’à 7 fois son poids en liquide hydrophobe (le pétrole est en effet hydrophobe : il ne se dissout pas dans l’eau, il flotte.). Elle a déjà été utilisée avec succès pour décontaminer des zones hautement polluées dans le delta du Niger et nettoyer des déversements de fioul domestique en Allemagne.

Stimuler l’action des antibiotiques grâce aux huiles essentielles

C’est le prix du public, largement plébiscité avec plus de 119.000 votes en ligne ! Le biologiste marocain Adnane Remmal a développé une nouvelle approche face aux bactéries multi-résistantes : les huiles essentielles ! Certaines plantes permettraient d’améliorer l’efficacité des antibiotiques classiques, sans susciter de nouvelles résistantes bactériennes, selon ses travaux.

Œuvre d’une vie : la vaccination génomique

Enfin, le microbiologiste italien Rino Rappuoli est distingué dans la catégorie Œuvre d’une vie pour avoir été à l’origine de vaccins dits ’conjugés’ qui, au début des années 1990, ont été particulièrement efficaces contre la diphtérie, la méningite bactérienne ou encore la coqueluche. Il est également père de la ’vaccinologie inverse’, qui permet de protéger contre une pathologie donnée sans devoir manipuler des micro-organismes infectieux, en se basant sur la génomique et en passant par l’injection de brins d’ADN ou d’ARN.

GENRE. À noter toutefois, l’absence de femme parmi les lauréats 2017. Est-ce à croire qu’il existe moins de chercheuses talentueuses que de chercheurs ... ou qu’elles déposent moins de brevets que leurs consorts ? En 2016 déjà, une seule femme avait été récompensée : Helen Lee, de l’université de Cambridge, pour son kit de diagnostic médical à faible coût permettant de dépister VIH, hépatite B et chamydia.

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15.
Son antibiotique aux huiles essentielles va terrasser les bactéries ultrarésistantes - Publié le 18/06/2017 à 9h14 Mis à jour le 21/06/2017 à 13h48 – Document ‘capital.fr’

Découvrez Adnane Rremmal et sa découverte d’antibiotiques tirés de la nature - Vidéo Durée 6:04

Adnane Remmal, pharmacologue marocain, qui a fait ses études à l’université d’Orsay et à la faculté de Neker, a été récompensé le 15 juin par le prix du public de l’inventeur européen par l’Office européen des brevets. Il a découvert un procédé révolutionnaire alliant antibiotiques et huile essentielle capable de lutter contre les bactéries les plus résistantes. Ses travaux, qui apportent une solution peu coûteuse à l’un des principaux défis de la médecine aujourd’hui, devraient révolutionner le marché. Et bousculer les Big pharma…

Capital : Vous avez découvert que les antibiotiques boostés aux huiles essentielles étaient beaucoup plus efficaces pour lutter contre les bactéries ultrarésistantes que les antibiotiques classiques. Où en êtes-vous précisément dans vos recherches ?

Adnane Remmal : J’ai obtenu un brevet en 2014 pour ce procédé et je travaille avec Sothema, un petit laboratoire pharmaceutique marocain qui est l’un des plus gros du pays. On a commencé à faire des essais cliniques fin 2015 début 2016 avec l’Augmentin - qui est l’antibiotique le plus vendu au monde - et l’huile essentielle d’eucalyptus sur vingt-cinq cas très difficiles : des patients hospitalisés qui avaient des infections urinaires à germes multirésistants avec pratiquement tous une infection nosocomiale. C’était la première étude clinique initiée par un labo et un chercheur marocains ! Le résultat a été spectaculaire : après six jours de traitement, les traces d’infection avaient disparu dans les urines, même chez les patients qui étaient malades depuis près de vingt ans, le médecin n’arrivait pas à y croire. On a ensuite recommencé sur cinquante autres patients, et même résultat ! Le médicament arrivera sur le marché marocain fin 2017 sous le nom de Soclav Plus, le Soclav étant un générique de l’Augmentin produit par Sothema. Il permettra de soigner des infections urinaires récalcitrantes, mais connaissant les médecins, ils l’utiliseront aussi pour des infections urinaires plus classiques.

Capital : Avez-vous fait une demande d’autorisation de mise sur le marché en Europe et notamment en France ?

Adnane Remmal : Non, parce que le laboratoire marocain avec qui nous travaillons n’est malheureusement pas capable de couvrir le marché européen en terme de production, de marketing et de logistique. On va d’abord attendre de voir comment se passe le lancement de notre médicament sur le marché marocain. Mais je ne suis pas inquiet, car je sais qu’il est efficace. Pour les autres marchés, nous avons quelques discussions en cours. Une fois que nous aurons trouvé un partenaire, cela ne devrait dans tous les cas pas prendre plus de dix-huit mois pour que le médicament soit lancé.

Capital : D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 700.000 personnes meurent chaque année dans le monde à cause d’une infection ultrarésistante aux traitements antibiotiques, et le chiffre pourrait atteindre 10 millions en 2050 si aucune solution n’est trouvée. Or votre remède permet de résoudre le problème, et à moindre coût. Comment ont réagi les big pharma ?

Adnane Remmal : Ils s’intéressent à notre produit, mais pour l’instant ils attendent de voir. C’est difficile pour eux de constater qu’on a développé un médicament 100% efficace en investissant seulement quelques millions de dollars alors qu’eux dépensent des centaines de millions voire des milliards pour lancer de nouveaux médicaments. D’autant que, pour y parvenir, j’ai fait les choses très simplement : j’ai pris des tubes à essai, j’y ai mis les produits dedans, et j’ai comparé les effets de l’antibiotique avec et sans huile essentielle. Mais le jour où ils verront que notre remède est plus efficace qu’un simple antibiotique et qu’il va grignoter leur part de marché, alors on pourra avoir des discussions sérieuses avec des big pharma.

Capital : Avez-vous été approché par de gros laboratoires ?

Adnane Remmal : On m’a fait des offres, mais des offres que je considère comme indécentes. On m’a proposé des dizaines de millions d’euros, alors que mon brevet vaut des centaines de millions voire des milliards. Et puis je ne voudrais pas qu’on rachète mon brevet juste pour le mettre dans un placard car les enjeux de santé publique sont énormes dans ce domaine. Les bactéries ultrarésistantes aux traitements antibiotiques représentent en effet l’un des principaux défis auquel nous sommes aujourd’hui confrontés. Et si l’on ne parvient pas à y répondre, on risque de se retrouver dans la même situation qu’avant l’arrivée des antibiotiques, dans l’ère pré-pénicilline. Ce serait un gigantesque retour en arrière, car sans antibiotique efficace, il n’y a plus de médecine ! Vous vous rendez compte, on ne pourrait par exemple plus faire aucune transplantation d’organe ! Et puis les enjeux économiques sont énormes. D’après la Banque mondiale, ce problème coûte aujourd’hui des milliards à nos système de santé, et cela coûtera bien plus pour trouver une nouvelle génération d’antibiotiques efficaces. Je suis sûr que si je travaillais pour un grand labo, mon médicament serait déjà sur le marché et remplacerait les antibiotiques actuels.

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Capital : Votre alliance entre les antibiotiques et les huiles essentielles peut-elle permettre de soigner d’autres maladies ?

Adnane Remmal : Oui bien sûr ! Je travaille sur plusieurs autres maladies. Nous avons aussi montré qu’il est possible de booster les antipaludéens et les antituberculeux avec des huiles essentielles, j’ai d’ailleurs déposé un brevet pour cela. C’est donc dans les starting-block, mais il nous faut maintenant trouver un partenaire pour faire des études cliniques. Et c’est pareil pour les maladies sexuellement transmissibles et les maladies nosocomiales. Nous avons aussi fait des essais pré-cliniques très prometteurs pour le cancer, mais nous avons là encore besoin de partenaires pour aller plus loin.

Capital : Vous avez aussi mis au point un procédé pour remplacer les antibiotiques dans l’alimentation animale. Le produit sera-t-il bientôt disponible en Europe et notamment en France ?

Adnane Remmal : Sur ce sujet, mon allié est la législation, qui interdit depuis 2006 en Europe l’utilisation des antibiotiques dans l’alimentation animale. Comme ce n’est pas le cas dans les pays en développement, j’ai conçu un produit alternatif à base d’huiles essentielles. Des éleveurs marocains l’ont testé, et ils l’ont trouvé tellement efficace qu’ils m’ont sollicité pour supprimer les antibiotiques dès 2013. Pour faire face à la demande, j’ai même dû me transformer en producteur ! Aujourd’hui, je suis en contact avec des laboratoires américains et européens qui voudraient une licence pour ce produit. Dans deux à trois ans, les agriculteurs français pourront donc commencer à l’utiliser.

Capital : En France, beaucoup de médecins regardent de haut les huiles essentielles. Mais cela évolue, car certains CHU commencent à utiliser le miel d’eucalyptus pour ses bienfaits cicatrisants sur les plaies…

Adnane Remmal : Oui effectivement, il y a un effet impressionnant ! Mais ce n’est pas le miel qui tue les microbes, c’est l’eucalyptus qu’il contient, et plus spécifiquement les molécules de thymol et de carvacrol que l’abeille ramène des plantes qu’elle butine. L’eucalyptus est la meilleure huile essentielle qui soit, elle est aussi magique que l’aspirine car elle a des propriétés antimocrobiennes, mais aussi anti-inflammatoires et antioxydantes – ce qui permet de lutter contre le cancer. Et ce n’est d’ailleurs pas étonnant puisque l’eucalyptus résiste à toutes les maladies.

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Adnane Remmal (Maroc)
Lauréat du Prix de l’inventeur européen 2017 dans la catégorie Prix du public – Document ‘Office européen des brevets’ 2017. {{}}

Vidéo ici https://www.epo.org/modules/mediabo...

Categorie : Pays non membres de l’OEB - Secteur : Antimicrobiens naturels

Société : Advanced Scientific Developments - Brevet(s) : EP1879655

Invention : Intensifier l’action des antibiotiques au moyen d’huiles essentielles

La montée des bactéries multirésistantes est un problème mondial à gravité croissante. Le biologiste marocain Adnane Remmal a eu l’idée de ’doper’ les antibiotiques en utilisant les propriétés médicinales du monde végétal. Son invention aidera à combattre les résistances bactériennes causées par l’abus d’antibiotiques, et à enrayer la propagation des supermicrobes multirésistants.

Au cours de ses recherches à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fez, Adnane Remmal s’est attaqué à un des problèmes majeurs auxquels se heurte la médecine moderne, à savoir le nombre croissant de bactéries devenues résistantes aux antibiotiques. Selon lui, une solution pourrait venir de la tradition régionale consistant à distiller des fleurs et d’autres organes végétaux pour en extraire des arômes et des infusions.

Connaissant les propriétés antimicrobiennes, antiparasitaires et antifongiques de nombreuses plantes, Remmal savait aussi qu’utilisées à doses assez fortes pour être efficaces, elles sont souvent impropres à un usage médical en raison d’effets secondaires fréquents tels que maux de tête et nausées. D’où la solution consistant à miser sur les vertus inhérentes des antibiotiques et des huiles essentielles, en combinant les deux pour obtenir un effet de synergie tout en évitant les effets secondaires.

Développée par Remmal depuis le milieu des années 1990 et brevetée par l’OEB en 2014, l’invention a débouché sur un médicament nouveau actuellement au stade des derniers essais cliniques. Ce médicament, dont la mise sur le marché est prévue pour fin 2017, utilise une double approche basée sur les huiles essentielles pour contrer les multirésitances. En plus de son médicament qui intensifie de façon naturelle l’action des antibiotiques, Remmal a inventé un supplément tiré d’huiles essentielles qui remplace les antibiotiques et les autres produits chimiques dans l’alimentation animale. L’abus d’antibiotiques dans l’élevage intensif est une des causes majeures d’antibiorésistance.

Impact sociétal

L’Organisation mondiale de la Santé ainsi que plusieurs États et autres acteurs ont placé l’antibiorésitance en tête de leurs priorités. L’ampleur mondiale du problème rend sa solution difficile. Les infections réfractaires aux traitements médicamenteux tuent chaque année quelque 700 000 personnes à travers le monde, hécatombe qui pourrait atteindre les 10 millions d’ici 2050 faute d’une nouvelle génération d’antibiotiques. D’où l’intérêt du médicament nouvellement développé par Remmal, qui s’attaque aux bactéries moyennement et fortement résistantes avec plus d’efficacité que ne le font les antibiotiques standards, et avec moins d’effets secondaires et de résistances. Ce médicament permettra de mieux contenir les agents pathogènes et donnera à l’humanité un répit pour inventer de nouveaux antibiotiques.

Parallèlement, le complément alimentaire naturel pour bétail développé par Remmal s’attaque à un autre aspect du problème, car la moitié des antibiotiques fabriqués dans le monde, y compris ceux indispensables à la médecine humaine, sont utilisés dans l’alimentation animale. Administrés à des doses infrathérapeutiques, ces antibiotiques stimulent la croissance du bétail mais permettent aux microorganismes de survivre en développant des résistances. Ceux-ci se transmettent ensuite via la chaîne alimentaire, comme c’est le cas des souches résistantes de salmonelles et de colibacilles, et prolifèrent dans les eaux usées et les abreuvoirs.

Ajoutée à la filière normale d’alimentation animale, la formule de Remmal se révèle tout aussi efficace que les antibiotiques standards sans en avoir les effets secondaires ni engendrer de résistances.

Impact économique

La Commission européenne estime à 1,5 milliard d’euros au moins le surcoût annuel et la perte de productivité résultant des infections causées par les bactéries résistantes. Selon un rapport de la banque mondiale publié en 2016, l’impact annuel de l’antibiorésitance sur le budget sanitaire mondial d’ici 2050 pourrait osciller entre 283 milliards et plus de 984 milliards d’euros. Une partie du problème vient du fait que chaque antibiotique nouvellement synthétisé coûte à la communauté entre 500 millions d’euros et 1 milliard d’euros et comporte ses propres possibilités de résistances, d’effets secondaires et de toxicité, sans compter le risque que des investissements réalisés dans un nouveau médicament ne soient pas suivis de résultats.

Les ’antibiotiques dopés’ de Remmal en sont à leurs derniers essais cliniques et devraient faire leur apparition sur le marché fin 2017. Le nouveau médicament se caractérise par un faible coût de production et peut être vendu à un prix abordable du fait qu’il utilise des molécules naturelles déjà testées et approuvées dans l’industrie pharmaceutique.

En 2004, afin de commercialiser ses produits pharmaceutiques, Remmal fonda une entreprise qui a depuis lors déposé quatre demandes de brevets pour protéger le concept d’intensification de l’effet des agents anti-infectieux. La jeune entreprise a amené le principal laboratoire pharmaceutique du Maroc et de l’Afrique de l’Ouest à investir dans la commercialisation des ’antibiotiques dopés’.

Photo : Adnane Remmal et ses collègues chercheurs à l’Université de Fez

Photo  : Adnane Remmal

Photo  : Adnane Remmal mélangeant le carvacrol (une huile essentielle) avec des antibiotiques

Photo : Adnane Remmal avec des aliments pour bétail contenant des huiles essentielles

Photo : Adnane Remmal humant des feuilles d’eucalyptus - Previous slideNext slide

Comment ça marche ?

Il existe plus de 100 antibiotiques répartis en plusieurs classes, avec chacun leur mode de fonctionnement propre. D’une façon générale, les antibiotiques empêchent la bactérie de se reproduire ou de réparer son ADN endommagé, ou encore exploitent certaines faiblesses de sa paroi cellulaire.

À l’échelle moléculaire, Remmal compare le fonctionnement d’un antibiotique à une clef servant à ouvrir une porte : ’Dès que la clef ouvre la porte, la bactérie meurt, mais si une mutation modifie un tant soit peu la géométrie de la serrure, la clef n’entre plus et la bactérie devient résistante’.

En ’dopant’ l’antibiotique aux huiles naturelles, Remmal a inventé une clef qui ne se contente pas d’ouvrir la porte, mais qui la démolit.

La clef spéciale de Remmal associe, aux propriétés antimicrobiennes naturelles de certaines plantes locales, les antibiotiques connus tels que les pénicillines, les céphalosporines et même les antibiotiques utilisés contre le staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM). L’interaction entre les molécules naturelles ’dopantes’ et les antibiotiques crée des ’complexes moléculaires’ que les mécanismes de résistance mis en œuvre par les bactéries ont de la peine à reconnaître. Les bactéries peuvent alors très difficilement développer des résistances efficaces contre le traitement anti-infectieux.

L’inventeur

Après des études de biologie à l’Université de Fez, Remmal fut invité à poursuivre sa formation au centre d’Orsay (université Paris-XI) en 1982. Pendant ses travaux dans les équipes de recherches dirigées par Édouard Coraboeuf et Philippe Meyer, il obtint un postgraduat en électrophysiologie et pharmacologie cardiovasculaire ainsi qu’un doctorat en pharmacologie moléculaire (1987).

Renonçant aux offres qui lui étaient faites de rester en France après son doctorat, Remmal préféra rentrer au Maroc pour y partager sa passion de chercheur avec ses étudiants marocains et contribuer au développement technologique et scientifique de son pays. Remmal devint professeur-chercheur à l’Université de Fez en 1988, et ses travaux de recherche fondamentale sur l’activité antimicrobienne des huiles essentielles lui valurent un second doctorat en microbiologie en 1994.

Pour son supplément alimentaire pour bétail à base d’extraits de plantes, Remmal reçut en 2015 le Prix de l’innovation pour l’Afrique décerné par l’Africa Innovation Foundation.

Le saviez-vous ?

Remmal s’ajoute à la longue liste des finalistes et lauréats du Prix de l’inventeur européen à s’être inspirés de la nature pour arriver à des solutions innovantes. L’inventeur danois Peter Holme Jensen et son équipe chez Aquaporin (2014 ; PME - lauréats) s’inspira du transport naturel intercellulaire de l’eau afin de mettre au point sa membrane écoénergétique pour purifier l’eau. L’utilisation ciblée de composés naturels pour traiter diverses maladies est au centre des inventions de Ivars Kalvins (2015 ; Œuvre d’une vie - finaliste). Le chercheur néerlandais Hendrik Jonkers (2015 ; Recherche - finaliste) eut l’idée de créer un béton autoréparateur en ajoutant au mélange des bactéries productrices de calcaire.

Contact : Office européen des brevets Direction Communication Externe european-inventor@epo.org Tel : +49 (0)89 2399 1830 Fax : +49 (0)89 2399 1835

Plan du site Accessibilité Conditions d’utilisation Adresse bibliographique Sécurité - Dernière mise à jour : 14.6.2017 – Source :https://www.epo.org/learning-events/european-inventor/finalists/2017/remmal_fr.html

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Adnane Remmal, l’inventeur marocain de l’antibiotique aux huiles essentielles, primé eu Europe - Par Eléonore Abou Ez @GeopolisAfrique | Publié le 16/06/2017 à 12H50 – Document ‘geopolis.francetvinfo.fr’/

Photo - Le chercheur marocain Adnane Remmal dans son laboratoire de l’université de Fez. © @Prix de l’inventeur européen

Le Prix de l’inventeur européen a été remis le 15 juin 2017 à Venise au Français Laurent Lestarquit et son équipe pour leurs travaux sur le système de navigation Galiléo. Le Prix a distingué aussi un scientifique marocain pour un antibiotique d’un nouveau genre.

« Le simple fait d’être nommé est un miracle pour un petit chercheur marocain comme moi », affirmait Adnane Remmal au HuffPost Maghreben avril 2017. Le voilà aujourd’hui lauréat du Prix de l’inventeur européen dans la catégorie des chercheurs non-européens. C’est le premier finaliste venu du continent africain. 

Un antibiotique aux huiles essentielles
Adnane Remmal a inventé le super antibiotique. L’antibiotique « dopé » aux huiles essentielles, selon l’Office Européen des brevets (OEB). Son petit plus, c’est le cavracol, une substance contenue dans la marjolaine, le thym et l’origan.

En mélangeant les propriétés médicinales naturelles des plantes aux antibiotiques, il a obtenu un médicament beaucoup plus résistant aux microbes et bactéries. « Les plantes aromatiques et les épices font partie de la culture marocaine pour leurs vertus médicinales (...). Avant de devenir scientifique, j’étais convaincu que dans nos plantes aromatiques il y a des principes actifs interessants », souligne le pharmacologue dans la vidéo mise en ligne sur le site du Prix de l’inventeur européen.

Vidéo mise en ligne sur le site du Prix de l’inventeur européen 

Des années de recherches

Après des années de recherches, le biologiste formé en France, obtient en 2014 le brevet de l’Office européen. L’antibiotique mélangé aux huiles essentielles est aujourd’hui au stade des essais cliniques et devrait être commercialisé fin 2017. Le nouveau médicament à base de molécules naturelles sera fabriqué au Maroc et devrait être vendu à un prix abordable. En plus de son médicament, qui stimule de façon naturelle l’action des antibiotiques, Adnane Remmal a inventé un supplément tiré d’huiles essentielles qui remplace les antibiotiques et les autres produits chimiques dans l’alimentation animale.

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Source : http://geopolis.francetvinfo.fr/adnane-remmal-l-inventeur-marocain-de-l-antibiotique-aux-huiles-essentielles-146895

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Antibiotiques : Un chercheur marocain aurait mis au point une alternative à base d’huiles essentielles – Document ‘20 Minutes’ avec agence. Publié le 26/06/17 à 19h33 — Mis à jour le 26/06/17 à 19h33

MEDECINE Sa découverte, à base d’huiles essentielles, fait trembler l’industrie pharmaceutique...

Photo  : Adnane Remmal, professeur et chercheur en biologie à l’université de Fès (Maroc). — Capture d’écran Youtube / EPOfilms

Son invention pourrait révolutionner le monde de la médecine. Adnane Remmal, professeur et chercheur en biologie à l’université de Fès (Maroc), a mis au point une substance naturelle qui rendrait à nouveau opérationnels des antibiotiques devenus inopérants à cause de la résistance de certaines bactéries.

>> A lire aussi : Une Américaine tuée par une bactérie résistante à 26 antibiotiques

Le Prix de l’inventeur 2017 de l’Office européen des brevets

A terme, les huiles essentielles contenues dans ce traitement pourraient même se substituer aux antibiotiques.

Le chercheur marocain a récemment reçu le Prix de l’inventeur 2017 de l’Office européen des brevets pour son travail.

Il tient ainsi une promesse qu’il s’était faite étant jeune : « En 1987, j’étais jeune chercheur en PhD au centre d’Orsay à Paris. À la fin de mes études, mon tuteur insistait lourdement pour que je reste travailler avec lui (…) Mais je m’étais engagé envers moi-même à revenir au Maroc faire bénéficier mon pays de mes nouvelles compétences. Donc je suis rentré », raconte l’intéressé, cité par BFM TV.

Le résultat de dix ans de recherche

Le scientifique a rapidement orienté ses recherches vers la lutte contre les infections. Il a collaboré avec un chimiste et un spécialiste des huiles essentielles pour tenter de mettre au point une alternative aux antibiotiques.

Après dix ans de recherche, les trois scientifiques sont parvenus à élaborer cette substance capable de « redynamiser » les antibiotiques aux vertus devenues inopérantes. Le tout sans effet secondaire.

Le premier médicament « entièrement » marocain

Sa découverte va bientôt être commercialisée grâce à un accord passé avec un laboratoire pharmaceutique local. Disponible début 2018 si tout va bien, il s’agira du premier médicament entièrement marocain. Avec ce produit, c’est toute l’industrie pharmaceutique qui tremble.

Mots-clés : antibiotique decouverte Maroc médecine - © Copyright 20 Minutes – Source : http://www.20minutes.fr/sante/2094419-20170626-antibiotiques-chercheur-marocain-mis-point-alternative-base-huiles-essentielles

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Auteur : Jacques HALLARD, Ingénieur CNAM, consultant indépendant 24/07/2017

Site ISIAS = Introduire les Sciences et les Intégrer dans des Alternatives Sociétales

http://www.isias.lautre.net/

Adresse : 585 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France

Courriel : jacques.hallard921@orange.fr

Fichier : ISIAS Santé Biologie Des huiles essentielles en synergie avec des antibiotiques face à l’apparition des résistances bactériennes multiples.2

Mis en ligne par Pascal Paquin de Yonne Lautre, un site d’information, associatif et solidaire(Vie du site & Liens), un site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, indépendant de tout parti,

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